LE QUÉBEC N’EST NI ENDORMI, NI ARRIERÉ
Le député de St-Laurent terminait son discours en disant que son projet de loi avait pour but de réveiller les endormis et de rappeler les arriérés au sentiment de la réalité Monsieur l’orateur, je m'inscris en faux contre cette assertion que nous sommes des endormis et que la province de Québec s’enlise dans les sentiers de la routine. Comme j'ai du l’occasion de le dire déjà, j'ai visité, au cours de eété dernier, les différentes provinces de ce pays, l’epuis Halifax jusqu’à Victoria. Or je l’affirme en toute sincérité, je l’affirme sans crainte que l’on me contredise, la province de Québec, si injustement décriée, peut, sous le rapport des écoles, souffrir avantageusement la comparaison avec n'importe quelle autre province. Quelle est, monsieur l’orateur, la province qui, comme la nôtre, compte des institutions aussi distinguées que les universités Laval et McGill ?
Quelle est la Province qui, comme la nôtre, compte 20 collèges classiques et Peut s’enorgueillir de pareils foyers intellectuels ? Quelle est la province où il se trouve, comme chez nous, 500 Couvents, 200 écoles des Frères et 13 écoles normales ? Quelle est la
aménagées et mieux outillées que celles de Montréal et de Québec ? des écoles d'agriculture supérieures à celles de Mac Donald, de Sainte-Anne de la Pocatière et d’Oka ? une école forestière, des écoles ménagères, des écoles de Coupe, des écoles du soir et des écoles
institutions font honneur à notre Population, et c’est en son nom que je proteste contres Jes calomnies de ceux qui la dénigrent. Non, la province de Québec n’est Pas endormie, les contribuables ne le sont pas, et le &ouvernement non plus. Que le &ouvernement ne néglige rien, que les pères de famille fassent noblement leur devoir, il suffit de jeter un Coup d’œil sur les statistiques pour s’en convaincre. La contribution du Souvernement à l'amélioration de l’enseignement augmente chaque
$1,988,000 en 1897, a rapporté $3,702,000 en 1911. La valeur de nos maisons d’écoles était, en 1897,
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de $1,300,000 ; elle est maintenant de $30,000,000. En 1906, il y avait dix-neuf comtés où le traitement moyen des institutrices était inférieur à $100 ; il n’en reste plus que deux, et le nombre des municipalités scolaires rurales qui ne paient pas un traitement d’au moins $100 à chacune de leurs institutrices n’était que de 100 pour l’année 1910-11, alors qu’il avait été de 268 en 1908-1909. Endormie, la province de Québec ! elle qui l'emporte en instruction classique sur les Provinces-sœurs, grâce à ses séminaires et à ses collèges ! Arriérée, la province de Québec ! Monsieur l'orateur, il ne aut pas la connaître pour la critiquer aussi injustement. Non, tout en étant loin encore du but vers lequel nous devons tendre, nous pouvons dire que notre système d'enseignement est au moins égal à celui des autres Provinces. Ce que nous avons malheureusement chez nous et ce que ces dernières n’ont pas chez elles, ce que nous avons de trop et ce que nous ne leur souhaitons pas d’avoir, ce sont des dénigreurs de profession et de vocation qui croient rendre service à leur province et à leur race en écrivant contre elles les plus vilaines calomnies.