LES PARENTS ET L’ECOLE
Je suis né et j'ai vécu dans une de nos modestes campagnes de la province de Québec. Je me rappelle mon village natal ; je me rappelle la “petite école” que j'ai fréquentée : je me rappelle, comme si c'était hier, la figure de tous mes jeunes car:arades de classe ; je me rappelle aussi les maisons d’où ils partaient chaque matin, le cœur content, pour
venir chercher près de la “tribune du maître ” leur part de savoir et de Connaissances ; je le dis pour l’honneur de ma province, je n’ai gardé le souvenir d'aucun père, d'aucune mère de famille, qui, de parti pris, ait refusé à s°n enfant le bienfait de l’instraction. Je connais la vie des petites villes de notre province pour Y avoir vécu; j'ai habité la Métropole ; j'habite et j'espère habiter encore long-
autre côté, j'ai été gens attachent à l'instruction, quels sacrifices les
LES SUCCÈS DE Nos COMPATRIOTES ANGLO-SAXONS
cières. Mais cette affirmation n’est-elle pas un nouvel argument contre le projet de loi qui nous est soumis et ne démontre-telle pas qu'il n’est pas besoin de recourir à la contrainte scolaire pour former des hommes d’action, des hommes utiles? Car où nos compatriotes Anglo-Saxons ont-ils donc puisé leur instruction, si ce n’est pas dans les écoles de la province ?