IL NE S’AGIT PAS D’UNE QUESTION DE RELIGION
Le député de Saint-Louis faisait observer, au cours de ses remarques, que la question que nous étudions ‘n’est pas une question de religion. Je suis d’accord avec lui sur ce point. Mais c’est justement parce qu’il ne s’agit pas d’une question de religion qu’il n’y a pas lieu d’établir une distinction entre ceux qui pratiquent la religion catholique et ceux qui ne la pratiquent pas; et c’est pourquoi je dis que la distinction qu'établit le bill répugne à la raison, n’est pas soutenable et ne devrait pas être introduite dans notre législation. Si nous sommes prêts à décréter un régime de cœrcition, nous devons le décréter pour tout le monde ; sinon, nous ne serions pas des législateurs dignes de ce nom. Car ce n’est pas comme catholiques ou comme protestants que les parents doivent faire instruire leurs enfants; c’est
si
comme pères de famille, et c’est comme tels seulement qu’ils peuvent être forcés de les faire instruire.
J'ai autrefois voté en faveur de la loi autorisant la crémation des Corps dans cette province, mais la question n’était pas la même ; et je ne vois pas bien comment on peut lui trouver un point d’analogie avec celle qui nous occupe. Je me suis dit, avec les députés catholiques qui siégeaient alors en cette Chambre : si la crémation n’est pas contraire à la doctrine protestante, quel intérêt aurions-nous à refuser cette loi aux protestants ?