ERRATUM
Page x68, treizième ligne, Sariq,, lisez : Soria,
DE
L'&PAGNE est la partie la plus occident taie de l'Europe du midi; embrassée par les deux m^s, l'Océan Atlantique et la Méditerranée, elle forme avec le Portugai une presqu'île dont la circonférence est d'environ 63o lieues^
Cette belle péninsule a reçu divers noms chez les historiens de l'antiquité. Les Grecs rappelaient Ihérie^ et ils ne connurent guère que la partie qui depuis garda ce nom ; les Latins lui imposèrent celui SRe^périe ou région du Couchant.
Le nom d'Espagne, qui a prévalu, parait être d'origine carthaginoise; mais la division de Ja péninsule en Celtibérie^ et Ihérie proprement dite, n'est pas moins antique que ces dénominations diverses Les rives du Tage et de la Guadiana formaient, avec les monts Idubèdes d'un
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c6të, et avec l'Océan de Tautre, la triple jigne de cette dëAàrcation. Depuis la deuxième guerre punique, le cours de Vti&é ïttt la liiliite résfpectfve des deux Espagnes citéneure et ultérieure. Enfin ^ après la conquête , et sous Auguste , une organisation provinciale définitive distingua dans la péninsule trois grands départémens ou provinces y savoir : la tarragohàisey la Bé tique et hitMsitanie.
Ce court aperçu de la géograpliie p^ litîque de l'Espagne sous les Eomatns^ suffit pour Tintelligence de ce <yîe nous aurons à dire sur cette époque de son histoire. Il importe seulement de remarquer , reTativemeht A là première de ces divisions, celle âilherie et de Celtibérie^ uniVerseHement admise par les écrivains de l'antiquité, qu'elle détîvait de l'établisisemenl, tres-antérieur clans la péninsule, de deux races génératrices, les Ûeltes et les Ibères. La première avait prédominé dans le Nord et l'Ouest , l'aUtre dans l'Est et le Midi.
Dans une étendue d'enviroadeux cents lieues du Nord au MiÂi , et de deux cent «oixante-quinze an Eevant au Couchant^
DB l'hISTOUU^ I>'£$PA&NE. 3
en paortant du cap de Greuz jucqu'à Cfibu de Saini-Vincent ^ la pëniosulç reinfersie une grande variole de climats et d0 prodactioos. De tous les état» de t'i^copey aucun ne parait moins destîoé par h n%r ture àceue uniformité de gouverneiXMQQt et d'administration, si commode pour le pouvoir absolu. S^ ricibess^ natucdie^ pourraieQt êlre immenses; dès les tempsl«s pins recules^ aile comptait M nom* bre de ses moyens d'opul^ce des miner dVgent et d'or qui paraissant avoir été un puissant attrait pour les premiers peur pies navigateurs et marchanda Ternie d'Asie a^n de former des.établissemens en Europe. L'exploitation de ces mines a laissé peu de traces ; mais le fer, le cui* vre, l'ëtain , le plomb et d'autras mi^t^aui: id>onden& encore^ soit dans ces vastes Pyrénées qui sëi{^rent t'Ëspagoe de la France, soit dans les nombreuses chaînes de montagnes qui coupent dans touf le^ sens et varient le sol de ce beau pays.
Les habitaus du Nor4 et du Midi ont retenu de remar^quables veatigf s de leursdifférantes oiûgiues. On reU'ouve dtins la Galice et les iMuries le beau saog, les
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formes athlétiques , et chez les femmes l'éclat de colop» des races du Nord qui envahirent ces provinces après la chute de l'empire romain. Ceux de l'Est et da Midi , en suivant le littoral de la Méditerranée , à partir de Barcelone jusqu'au détroit 9 attestent^ par des traces opposées et plus expressives encore^ l^ur mélange avec les nations arahes et maures qui avaient repeuplé de leurs plus n^^ blés tribus un pays qu'elles n'avaient pti soumettre que par l'expulsion ou l'extermination presque totale des anciens habitans. Cette large bande de terre qui renferme les cités jadis si opulentes de Valence j Séville, Murcie, Jaen, Cordoue, Grenade et Carthagène, couverte de citronniers et de palmiers, est comme une transition magnifique des zones tempérées aux latitudes brûlantes. En face et de l'autre c6té de ce détroit, qui finit la terre avec la civilisation d'Europe, sont les Maures, depuis plus de cinq siècles refoulés sur le sol de l'Afrique.
RedevenUs complètement barbares et malheureux, ramas de brigands monarchiquement gouvernés par des chefs
DE l'hISTOI&£ B'eSPAOKE. 5
toujours féroces^ ils ont conservé le sou* venir de leur domination en Espagne^ comme la mémoire de Page d'or, de Tépoque enchantée de leur histoire ^ et chaque jour, dans la prière du soir, ils demandent à Mahomet de rendre aux fidèles croyans le territoire fertile de Grenade et les merveilles del' Aihambra.
Malgré la réalité de ces antiques distinctions de races encore subsistantes, et plus sensibles en Espagne qu'en aucune autre partie de l'Europe , un génie uni* formé est faussement attribué à Funi'^ versalité des habitans de la péninsule.
Prévenu de ce type abstrait formé, de la réunion de quelques traits généraux , le voyageur qui les visite dans les diverses provinces , se trouve singulièrement trompé dans ses idées, et reconnaît tout le vide et Timposture de ces com* modes généralités prétendues caracté-»
ristiqi^es. Dans cette suite de riches contrées, qui jadis ont formé autant d'états particuliers, les contrastes de mœurs, de génie, d'habitudes physiques et morales, sont aussi fréquens que les oppositions de climat, de sol et de site. Entre l'habitant
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des environs de Madrid et le iler Catalan ou Fimpéttt^ux Aragoaiais, la distance est immenfie^ elle n'est pas moindre entre l'Asture ou le,<j-alicien, et l'énervé bourgeois de Murcie ou le pétulant Andalous.. L'observateur remarque tantôt une activité qui ferait honneur aux peuples les plus indufitrieinL et les plus énergiques de la terre, tantôt une paresse dégradante qui accuse encore plus la déplorable iùfluence de l'esprit monacal que la proximité du soleil d'Afrique. U est sni?pris de retrouver la vivacité française, iH presque la légèreté gasconne , à côté du flegme allemand et de la taciturnité musulmane. Le^ grandes cités p jadis ^- «idenccs royales, lui offrent, dans les hautes classes , la morgue surannée et l'ignorance satisfaite de la vieille arisl;ocratie ; dans les rangs inférieurs , rbumi* lité obséquieuse et intéressée des peuples long-temps façonnés aux compartimens de la monarchie absolue. Au reste,, il ne faut pas prendre l'empreinte d'un accablant despotisme pour la physionomie naturelle d'un peuple; celui-rci travaille à retrouver tous les traits de la sienne.
DE LBISTOns B ESPAGNE. f^
Il séparait, depms une époque récente et à faxnais mémorable , tel que nous le montrent les plus belles pages -de ses annales antiques , c'est-à-dire , plein de constance dans le malheur, et capable de cette élévation d'âme qui fait préférer la mort à la servitude >.
y On comprendra facilement , en lisant cette phrase et quelques autres , que la guerre d'Espagne se préparait et que la contre-rë?olutioa d'Espagne n'était point accomplie à l'époque oh Ait publiée la première édition de cet ouyrage, laquelle a subi peu de changement. Nous ayons textuellement conseryé dans ce passage, comme ailleurs ^ ces expressions d'estime et d'espérance pour la nation espagnole, aujourd'hui complètement démenties, il est Traî, par les éyénemens^ mais^ ne |aut ja* mais désespérer d'un grand peuplé. Nos appréciations, fausses aujourd'hui, pourront être vraies un jour. Les cris que poussent les amis de la liberté en Espagne, en expirant entre les mains des bourreaux, prophétisent le prochain tetonr de l'orage Véyolotionnatre , trop sollicilé par tant d'horreurs et par un abus si inouï de ce pouvoir monarchique tout paternel et miséricordieux de son essence. Lorsque noue j n^ous plaisons il reconnaître que Charles X fait aimer la royauté en France , il nous doit être
Là question de savoir quels ont été lei première iabitans de l'Espagne a été le sujet d'amples con trovmes entre les audits nationaux; elle est restée indécise comme tous les problèmes historiques pour la solution desquels on ne peut ren courir au témoigujage d'aucun menument. Mais il nous suffit d'être certains que les premiers explorateurs de la pé^ niq&ule qui aient laissé des vestiges irrécusables de leur immigration, sont les Phéniciens, et que l'Espagne doit les premiers germes de sa civilisation à ces hardis navigateurs. • Avant eux, tout étoit sauvage encore sur les bords du Bétii , si poamnt cette expression n'est ï»s une^s^wrte d'injure faite k rheureusc simplicité des peuplades abotîgènes par lesquelles ils furent accueillis.
pennis de iemar<çajer aycc l'Europe indignée que les conseillers de Ferdinand VII la font abhorrer en Espagne, et qu'ils ne compromettcni pas moins la .^eté q9e la «laiest^ de son trône.
DB LHISTOtaS II ESPAGNE. g