‹ Résume ́de l'histoire de l'électricité et du magnétisme, et des applications de ces sciences à la chimie, aux sciences naturelles et aux artsChapitre 11 sur 103 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

imprégnées. Yolta (2) exposa sa nouvelle doctrine comme il suit dans le Journal de Leipsip, ( il avait également fait sur cette question deux dissertations clans le Journal de Brnguatelli) (3) :

« Au commencement de cette année, je fus appelé à l'électricité, « à l'occasion des phénomènes vraiment admirables que le célèbre « Galvani, professeur à Bologne, a découverts et décrits, et par les- « quels il parait avoir démontré qu'il existe toujours dans les ani- « maux de chaque espèce une électricité quelconque , excitée « d'elle-même par la force de la vie dans les organes, et par eux- « mêmes, ou plutôt que le fluide électrique étant naturellement « rompu, ne reste plus dans les nerfs , mais existe dans quelques « mouvements continus ou dans l'effort qu'il fait pour se jeter sur « quelques parties, suivant qu'il est plus ou moins abondant. J'ai « d'abord répété toutes les expériences de Galvani ; j'en ai ensuite « examiné les résultats, ce qui m'a donné lieu de faire plusieurs « découvertes qui ont échappé à Galvani et aux autres physiciens « qui, après lui, ont couru la même carrière. »

Voici en quels termes Yolta expose ses vues sur l'influence exercée dans les contractions par les effets électriques produits au contact de deux métaux :

« En traitant des principales questions, on n'a pas encore établi « si , dans les expériences galvaniques , les contractions très-fortes « excitées dans les muscles et les mouvements des membres , à « cause du double contact, d'abord sur les muscles , ensuite sur le « nerf de l'animal bien préparé et disséqué avec soin, mouvements « que personne ne doute devoir être attribués au fluide électrique, « qui se porte d'une partie à l'autre au moyen de l'arc conducteur ; « si , dis-je, les contractions ont lieu parce que ce fluide se dirige a de lui-même ou par la seule force des organes de l'animal sur « telle ou telle partie, et qu'on pourrait appeler une électricité véa ritable et propre à l'animal, ainsi que le prétend Galvani ; ou bien « si cela arrive quelquefois , comme je, l'ai vu dans plusieurs cas , « parce que les métaux employés dans les expériences, étant imméa diatement appliqués sur les parties des animaux pleins de sucs, « peuvent par eux-mêmes et par leur propre vertu remuer, exciter, « chasser le fluide électrique cjui était en repos, en sorte qu'alors les « organes de l'animal n'agissent que passivement. Il n'y a pas long- « temps, à la vérité, que par des expériences indubitables j'ai dé- « montré que les métaux, et même les meilleurs charbons de bois, « étaient non-seulement les meilleurs conducteurs de l'électricité,

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« mais même des excitants par le moyen du simple contact. C'est « moi qui ai fait la découverte qu'avec les mêmes corps on peut « troubler l'équilibre de la matière électrique et créer une nouvelle « électricité. C'est réellement par eux-mêmes et par leur propre « vertu en tant qu'ils poussent et forcent le fluide électrique à entrer « dans la superficie qu'ils touchent, ou à en sortir, que les métaux « et les charbons excitent cette faible électricité , qu'on ne peut en « aucune manière découvrir avec les électromètres ordinaires, « quelque bien faits qu'ils soient, et qui est assez puissante pour « convulsionner les fibres nerveuses qu'elle rencontre et les muscles « sans aucune friction ou autres moyens, pourvu que les métaux « soient convenablement appliqués à l'eau ou à des corps imbus « d'humeur aqueuse , tels que les nerfs et les muscles. des animaux, « soit vivants, soit récemment tués. »

Nous n'avons pu résister au désir de rapporter in extenso les passages de la dissertation dans laquelle l'immortel auteur de la'pile expose, pour la première fois, ses vues sur la théorie du contact.

Volta démontra peu après que l'on peut faire contracter aussi bien la grenouille avec un métal placé entre deux liquides différents qu'avec deux métaux en contact avec les muscles et les nerfs (4). Une lutte s'établit bientôt entre Galvani et Volta; on crut un instant le premier vainqueur, quand il prouva, aidé de son neveu Aldini, que l'arc métallique n'était pas nécessaire pour exciter les contractions, puisqu'on les obtenait encore dans une grenouille nouvellement préparée , en mettant en contact les muscles cruraux avec les nerfs lombaires ; mais Volta répondit sur-le-champ que l'effet produit était dû à l'hétérogénéité des liquides adhérant aux nerfs et aux muscles. Cette raison, qui était spécieuse, eut gain de cause auprès des partisans du contact. Ce fait néanmoins était important, en ce qu'il montrait que les muscles et les nerfs formaient un électro-moteur. Les physiciens se partagèrent en deux camps : les uns étaient pour le contact , les autres contre. Pfaff, professeur à Kiel, soutint la théorie du contact (5).

Wells observa qu'un seul métal ne pouvait produire les contractions lorsqu'il était très-pur; mais que, lorsqu'il était frotté doucement par un de ses bouts sur de l'étain ou sur un corps quelconque, il devenait apte à produire seul les contractions.

Fabroni (b) attribua l'effet produit à l'action chimique des différents métaux. C'est le premier qui ait envisagé la question sous son véritable point de vue : il communiqua ses premières recherches à

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l'Académie de Florence en 179-2 ; mais les faits qu'il signala firent peu d'impression , tant la théorie du contact avait pris racine dans les esprits.

Fabroni avait remarqué souvent que le mercure coulant conservait longtemps son éclat tant qu'il était pur, mais qu'il s'oxydait promptement quand il était combiné avec un autre métal; que des effets semblables étaient produits sur l'étain fin et ses alliages. En visitant le musée de Cortone, il avait vu des inscriptions étrusques gravées sur des lames de plomb pur, tandis que, dans la galerie de Florence, des médailles en plomb allié à l'étain, ou peut-être à l'arsenic , étaient réduites en poussière blanche. Ces observations et d'autres du même genre portèrent. Fabroni à admettre que les métaux exercent, dans leur contact mutuel, une action réciproque à laquelle on doit attribuer la cause des phénomènes observés, et qu'il était à croire que quelques-uns des effets produits sur le corps animal par les armatures métalliques appliquées aux muscles et aux nerfs imprégnés d'humidité, pouvaient être attribués à une action chimique. Quant aux signes d'électricité recueillis par Volta en séparant deux métaux mis en contact, Fabroni regarda cet effet comme très-naturel, puisque les opérations chimiques sont accompagnées de marques sensibles d'électricité; il ajouta cependant que la cause des contractions était due à l'action chimique, et non à l'électricité qu'elle produit, laquelle n'était qu'un effet secondaire qui, à la vérité, pouvait exercer une certaine influence sur la production des phénomènes. On voit par là que Fabroni n'avait fait seulement qu'entrevoir l'intervention de l'électricité dans les contractions.

Ayant mis dans des vases remplis d'eau des métaux de différente nature en contact deux à deux, il observa que le métal le plus oxydable s'oxydait visiblement à l'instant même du contact. Un mois après, l'adhérence avait été telle entre une plaque de laiton et une plaque d'étain, qu'il fallut employer un effort de deux kilogrammes pour les séparer. En recouvrant d'une légère couche d'huile l'eau du vase où étaient les métaux en contact, l'oxydation était trèsfaible et s'arrêtait à un certain point. Ces observations démontraient bien la nécessité d'une action chimique dans les effets galvaniques.

Valli (7) montra qu'on obtenait les contractions de la grenouille en prenant pour armatures des lames de plomb de diverses qualités; que, lorsqu'une grenouille avait éprouvé des contractions pendant un certain temps, il suffisait de la laisser reposer quelques instants pour la mettre en état d'en produire de nouvelles; il reconnut m-

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core que les métaux peu ou point oxydables, tels que l'or et l'argent, ne produisaient que des effets très- faibles, et que, lorsque l'armature était restée quelque temps en contact avec les nerfs, tout mouvement cessait; mais qu'en changeant l'armature de place, les effets reparaissaient.

§ II. Travaux physiologiques.

Les expériences de Galvani, deVolta, de Fabroni, dc.Yalli et d'autres physiciens, durent attirer l'attention du monde savant; aussi l'Institut national de France et l'École de médecine de Paris nommèrent-ils chacun une commission pour vérifier les faits observés.

La commission de l'Institut, composée de Coulomb, Sabatier, ■ Pelletan, Charles, Fourcroy, Vauquelin , Guyton et Halle, choisit pour son rapporteur Halle, qui avait déjà rempli les mêmes fonctions auprès de celle de l'École de médecine (8).

La commission établit une distinction entre le fluide électrique et le tluide galvanique, et crut voir dans l'organisation animale un principe où réside l'essence des rapports mutuels du système musculaire et du système nerveux.

La disposition de l'arc excitateur la plus favorable aux contractions est celle où il entre trois pièces au moins de différentes natures, prises parmi les métaux, l'eau, les substances humides, charbonneuses ou animales, dénuées d'épidémie. Cet arc paraît être efficace lors même qu'il n'est formé que d'une seule espèce de substance convenable. La moindre différence apportée dans la nature des parties suffit pour lui rendre l'efficacité que lui aurait ôlée l'identité des substances. L'influence galvanique paraît s'exciter par l'exercice, s'épuiser par la continuité du mouvement et se réparer par le repos. La commission reconnut que l'étincelle électrique suffit pour rétablir la susceptibilité des animaux épuisés par des expériences répétées. L'alcool et les dissolutions opiacées affaiblissent et éteignent la faculté contractile. Les muscles des animaux tués par des décharges électriques éprouvent un accroissement de susceptibilité galvanique, tandis que cette propriété subsiste sans altération dans les animaux asphyxiés par submersion dans le mercure, par le gaz hydrogène, etc., s'affaiblit après les asphyxies par l'hydrogène sulfuré, l'azote, l'ammoniaque, et s'anéantit dans des animaux suffoqués par le gaz acide carbonique. Tels sont les résultats principaux qui assortirent du travail de la commission.

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M. de Humboldt (9) publia un ouvrage en allemand sur le galvanisme; dans cet ouvrage se trouvent des faits intéressants, parmi lesquels nous citerons ceux qui suivent :

Désirant savoir si les mouvements musculaires et les sensations que le galvanisme produit se prolongent après que la chaîne a été fermée , il eut le courage de se faire appliquer deux vésicatoires sur chacun des muscles deltoïdes : l'une de ces plaies fut fermée avec une médaille d'argent, et l'autre avec une lame de zinc, et la communication fut établie entre les deux avec un arc de métal. Après un seul contact, les muscles de l'épaule et du cou se contractèrent alternativement, et il en résulta une cuisson; il distingua très-bien trois ou quatre coups simples , et souvent deux de ces coups ne se faisaient sentir qu'après que le zinc avait été posé pendant quelque temps sur la peau mise à nu. Lorsqu'on eut répandu sur l'armature quelques gouttes d'une solution alcaline, l'excitabilité des organes fut considérablement augmentée, et les douleurs devinrent très-violentes.

M. de Humboldt a vu l'inflammation se développer dans une plaie de la main par l'application de l'irritation métallique; il a constaté aussi ce fait sur lui-même à plusieurs reprises. Ayant appliqué deux vésicatoires sur les muscles deltoïdes et posé dessus des armatures après l'ouverture des vésicules, il en résulta aussitôt un nouvel écoulement de sérosité avec changement de couleur, douleur très-forte , rougeur et inflammation.

Achard de Berlin, ayant établi une communication entre la bouche et l'anus, avec du zinc et de l'argent (10) , excita par ce moyen des douleurs dans le bas-ventre, augmenta l'énergie de l'estomac, et opéra un changement dans les évacuations alvines.

M. de Humboldt, considérant que tous les nerfs du tronc étaient excités dans cette expérience, employa l'irritation métallique pour rappeler momentanément à la vie de petits animaux très-irritables sur le point d'expirer.

§ III. De la pile de Voila , el des premières observations sur son action chimique.

La lutte continuait toujours entre, les partisans de Galvani, ceux de Volta, et les physiciens qui attribuaient une origine chimique aux effets électriques de contact, lorsque, le 20 mars 1800, Volta (11) écrivit à sir Joseph Bank, président de la Société royale de Londres,

pour lui annoncer une de ces grandes découvertes qui impriment une direction nouvelle aux sciences. Cette découverte était celle de la pile, l'instrument peut-être le plus précieux que les sciences physiques aient produit, et auquel la reconnaissance publique a donné le nom de son immortel auteur.

Volta, qui s'était efforcé de prouver que le phénomène de Galvani était dû à l'électricité dégagée au contact des deux métaux, chercha les moyens d'en augmenter les effets au point de rendre sa véritable cause évidente pour tout le monde. Il découvrit qu'en multipliant des couples formés de disques de cuivre et de zinc soudés ensemble et les plaçant toujours alternativement, en les séparant par des corps humides , tels que des rondelles de drap humectées d'une solution saline, on obtenait aux deux extrémités de celle pile une tension électrique suffisante pour produire des attractions, des répulsions et des commotions semblables à celles que l'on obtenait avec la bouteille de Leyde. En général , l'électricité fournie par le zinc était positive, et celle du cuivre négative. Cet appareil différait d'une bouteille de Leyde en ce que celle-ci, une fois déchargée, ne donnait plus d'effet, tandis que la pile s'électrisait constamment elle-même, et que les effets se renouvelaient sans cesse pendant un certain temps, sans que l'on fût obligé de rien changer à la disposition des couples.

Yolta, ayant remarqué que la pile perdait de son énergie à mesure que les rondelles humides se desséchaient, et, de plus, que la disposition en colonne avait des inconvénients, imagina l'appareil à couronnes de tasses, lequel fut remplacé par la pile à auges, dont il sera question plus loin.

Peu après on commença à observer les effets chimiques de la pile.IN'icholson etCarlisIe (12), en expérimentant avec une pile à colonne de sept petits écus et d'autant de pièces de zinc et de carton mouillé, reconnurent que la décharge électrique était transmise au travers des conducteurs liquides et arrêtée par les liquides mauvais conducteurs, et qu'il se manifestait une odeur particulière dans certains cas. Pour en connaître la cause, Nicholson plaça dans le circuit, entre le haut et le bas de la pile, un tube de verre rempli d'eau , qu'il mit en communication avec les deux pôles de la pile au moyen de deux fils de cuivre ; les deux extrémités du fil étant éloignées de six centimètres, il vit apparaître aussitôt un petit courant de bulles très-fines : ces bulles semblaient sortir de la pointe en communication avec la pièce d'argent , la pointe opposée se ternissait peu à

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peu et indiquait une oxydation. En intervertissant les conducteurs, les effets étaient contraires. Le gaz était de l'hydrogène pur; l'eau avait été décomposée , l'hydrogène se dégageait au pôle négatif et l'oxygène au pôle positif, lequel gaz oxydait le cuivre.

Carlisle substitua des fils de platine aux fils de cuivre, et recueillit les deux gaz, qui se trouvèrent être dans les proportions de deux volumes d'hydrogène pour un volume d'oxygène. Peu après, Nichoson et Carlisle observèrent la décomposition électro-chimique des sels, avec transport de leurs éléments à leurs pôles respectifs

Cruikshanks (13) découvrit, dans le même temps, les mêmes effets.

Vassali-Eandi (14) décomposa l'acide nitrique concentré, ainsi que l'alcool.

Pendant que l'on découvrait, en Angleterre, les propriétés décomposantes de la pile, et que l'on jetait ainsi les bases de l'éleetro-ehimie, Volta, voyant que la théorie qu'il avait donnée de la pile n'avait pas été bien comprise par tous les physiciens, vint à Paris, en 1801, pour l'exposer devant la classe des sciences physiques et mathématiques de l'Institut national. Il commença , le l(j brumaire an IX, la lecture d'un mémoire qui contenait le détail et le résultat de ses expériences sur le galvanisme, et la continua dans les deux séances suivantes : il mit dans tout son jour la théorie du contact, fundée uniquement sur l'électricité produite au contact de deux corps sans l'intervention d'aucune action chimique.

Le premier consul, qui se trouvait à la séance où Volta lisait la seconde partie de son mémoire, fut frappé d'étonnement en apprenant la décomposition de l'eau par l'action électro-chimique du courant. Après la lecture, il proposa plusieurs expériences, et demanda, entre autres, que l'on cherchât J'influence de la chaleur sur le passage de l'électricité à travers les métaux dans leurs différents états et les conducteurs liquides, etc. , etc. ; ces questions furent résolues plus tard. Enfin , le général Bonaparte proposa de décerner une médaille d'or à Volta pour ses belles découvertes; une commission nombreuse fut aussitôt nommée par la classe pour lui rendre un compte détaillé de l'importante communication qu'elle venait de recevoir. Cette commission était composée de Laplacc, Coulomb, Halle, Monge, Fourcroy, Vauquelin, Pelletan, Charles Brisson , Sabatier, Guyton, et Biot, rapporteur. Ce dernier fit un rapport remarquable, dans lequel il définit nettement ce qu'on de-

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vait entendre par force éleciro-niotrice (18). Voici en quels ternies il s'exprima à cet égard :

« Si deux métaux différents, isolés et n'ayant que leur quantité « d'électricité naturelle, sont mis en contact, on les retire du contact « dans des états électriques différents : l'un est positif, et l'autre né- « gatif . Cette différence, très-petite à chaque contact, étant successi- « veinent accumulée dans un condensateur électrique, devient as- « sez forte pour faire écarter très-sensiblement l'électromètre. »

La commission proposa en même temps à la classe de décerner à Volta une médaille d'or, comme un témoignage de la satisfaction de la classe pour les belles découvertes dont il venait d'enrichir la théorie de l'électricité, et comme une preuve de sa reconnaissance pour les lui avoir communiquées.

Les phénomènes chimiques de la pile continuaient toujours à être l'objet des recherches les plus actives de la part des physiciens et des chimistes , qui regardaient déjà cet appareil comme devant leur révéler, un jour, une foule de faits précieux sur la composition et la constitution des corps; aussi en varièrent-ils la forme et l'étendue, dans l'espoir d'arriver promptement à une énergie suffisante pour obtenir de grands effets de décomposition.

Napoléon s'était passionné pour le galvanisme; il en faisait souvent le sujet de ses conversations avec les savants dont il aimait à s'entourer. Il avait prévu , dès la première découverte de Volta , tout le parti que l'on pourrait en tirer pour la philosophie naturelle. Il en donna la preuve dans la lettre ci-jointe , qu'il adressa au ministre de l'intérieur, laquelle fut transmise par ce dernier à l'Institut (classe des sciences) (16) :

« Paris, ">.(, prairial an x.

« J'ai l'intention de fonder un prix consistant en une médaille « d'or de 3,000 fr., pour la meilleure expérience qui sera faite « dans le cours de chaque année sur le lluidc électrique

« Je désire donner en encouragement une somme de 60,000 fr. à « celui qui, par ses expériences et ses découvertes, fera faire à l'é- « lectricité et au galvanisme un pas comparable à celui qu'ont fait « faire à la science Franklin et Volta, et ce, au jugement de la « classe. Les étrangers de toutes les nations seront également admis « au concours, mon but spécial étant d'encourager et de fixer l'at-

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