CHAPITRE m. <i
mise à l'action seule de la terre, si l'on cherche ensuite le nombre d'oscillations qu'elle fait dans le même temps lorsqu'elle est en présence de l'aiguille, on a la mesure de l'action exercée par ce fil, en retranchant le premier résultat obtenu, du carré du nombre d'oscillations trouvé en dernier lieu; la différence sert de mesure à 1? quantité de magnétisme libre du point du fil qui se trouve à la hauteur de l'aiguille mobile.
Cette méthode ne peut s'appliquer aux points extrêmes ou qui en sont à peu de distance, attendu qu'il n'existe pas au delà de l'extrémité des points dont l'action devrait concourir à l'effet général ; cela fait que l'action éprouvée par l'aiguille n'est pas la même que si le fil était prolongé. Pour parer à cet inconvénient, lorsque l'on fait osciller l'aiguille à l'extrémité du fil, il faut doubler le nombre qui représente le carré des oscillations, pour que le résultat soit comparable à ceux que l'aiguille donne quand elle oscille devant les autres points. Le doublement doit donner un résultat un peu plus faible que le véritable ; c'est ce que M. Biot (19) a fait voir aussi par le calcul; le doublement ne doit avoir lieu que pour le point extrême, car, pour les autres, l'erreur est d'autant plus grande que le point que l'on considère est plus éloigné.
La courbe des intensités est exactement la même , à diamètre égal, quelle que soit la longueur des fils, pourvu qu'ils aient plus de m ,21 à m ,24 de longueur; elle ne fait donc que se transporter vers les extrémités quand les fils s'allongent. Coulomb a reconnu que, dans des aimants très-courts, les pôles, qui ne sont autres que les centres d'action de l'aiguille, étaient à peu près au tiers de la demi-longueur, et que cette valeur était une limite dont les pôles s'approchaient à mesure que la longueur de l'aimant diminuait.
M. Biot, en cherchant la relation qui existe entre les abscisses et les ordonnées de la courbe des intensités, a montré qu'elle pouvait être représentée par une équation logarithmique.
M. Becquerel (20) a trouvé que la distribution du magnétisme dans des fils très-fins d'acier de ^ de millimètre de diamètre était la même que dans les fils ordinaires, ce qui montre que la distribution du' magnétisme est semblable dans une série de molécules de matières placées sur une ligne droite comme dans un barreau ordinaire.
Coulomb, voulant connaître la distribution du magnétisme dans l'intérieur des aimants, prit un certain nombre d'aiguilles parallélogranimatiques rectangles dans la même tôle d'acier; il les fit
chauffer à blanc sans les tremper, pour être assuré de les avoir toujours dans le même état; les ayant aimantées à saturation, il en forma des faisceaux , les pôles semblables étant du même côté; les aiguilles furent liées ensemble avec un fil de soie assez fort pour les serrer : il a trouvé que la force magnétique de chaque faisceau croissait dans un rapport beaucoup moindre que lé nombre des lames.
Coulomb a observé encore qu'un faisceau de lames prend à peu près le même degré de magnétisme qu'une seule lame de même forme et de même poids, ce qui tendrait à faire croire que, dans les aimants d'une seule pièce, le magnétisme va en diminuant de la surface au centre, comme dans les aimants composés de plusieurs lames.
§ IV. Action des aimants sur différents corps.
Les physiciens du siècle dernier ont recherché si les aimants pouvaient exercer une action sur d'autres métaux que le ferou'bien sur quelques-unes de ses combinaisons et de ses alliages, c'est-àdire si d'autres métaux ne se présentaient pas comme magnétiques. Dans les anciens Traités de physique on trouve, en effet, des tables indiquant le nom de substances ayant une action plus ou moins vive sur l'aiguille aimantée, ou même n'en exerçant aucune; on peut citer entre autres Y Essai de physique de Musschenbroek, publié en 1751. Depuis cette époque, parmi les physiciens qui se sont occupés de ces effets, on remarque Brugmann (21), qui, en 1778, chercha à imprimer une direction à des substances très-mobiles par l'influence de forts aimants : il reconnut que le cobalt manifeste une très-forte action magnétique ; que le cuivre et le mercure sont faiblement attirés par l'aimant et le zinc un peu plus. Il a vu que le bismuth, de couleur foncée est repoussé par les pôles de l'aimant.
Lehmann (22) a cherché à prouver que les actions de ce genre étaient dues à un mélange de fer. Cavallo (23) fut d'une opinion ci intraire.
Coulomb (2i) fit des expériences du même genre, mais en déterminant le rapport des forces exercées de la part d'un aimant sur des aiguilles d'or, d'argent, de plomb, de cuivre et d'étain,eu égard à la force de torsion d'un fil de cocon ; puis il chercha, en faisant des mélanges de cire et de fer, quelle était la faible proportion de fer ou