‹ Résume ́de l'histoire de l'électricité et du magnétisme, et des applications de ces sciences à la chimie, aux sciences naturelles et aux artsChapitre 28 sur 103 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

ment en sens contraire, un fil d'acier placé dans leur intérieur fut aimanté, et présentait autant de points conséquents qu'il y avait eu de changements dans la direction des spires. Les effets furent les mêmes en se servant d'une pile, d'une machine électrique ou d'une bouteille de Leyde.

Davy (4) aimanta plus tard des petites aiguilles d'acier, en les frottant transversalement sur un fil conjonctif.

Le 30 octobre de la même année, Ampère (5) annonça à l'Académie que l'action du globe terrestre tendait à amener, dans un plan perpendiculaire à la direction de l'aiguille d'inclinaison , le plan d'une portion mobile du conducteur d'un appareil voltaïquc, disposé de manière à former un circuit fermé.

M. Biot (6), lut dans la même séance un mémoire fait en commun avec Savart, sur l'action mutuelle des courants et des aimants, dans lequel ces deux physiciens firent connaître le caractère de la force électro-dynamique, c'est-à-dire la loi suivant laquelle cette force émanée du fil conjonctif s'affaiblit à diverses distances de son axe; ils reconnurent que la force exercée par le fil est transversale à sa longueur, et r évolutive et qu'elle décroît dans un rapport exactement proportionnel à la distance. Laplace démontra que la loi individuelle de la force élémentaire de chaque partie du courant était en raison inverse du carré de la distance.

Le 6 novembre, Ampère fit connaître à l'Académie un fait relatif à l'action des conducteurs ployés en hélice, et qu'il avait remarqué avant d'en connaître la cause. Il en déduisit un moyen très-simple de neutraliser l'effet longitudinal d'un courant électrique, dans une hélice électro-dynamique, et d'en réduire l'action à l'effet transversal, qui se trouve alors identique à celui d'un aimant. Dans la I séance du 4 décembre (7), il donna l'expression analytique des attractions et répulsions des courants électriques, en s'attachant à montrer que tous les faits relatifs à l'action mutuelle de deux aimants, d'un conducteur voltaïque et d'un aimant, ou de deux conducteurs, pouvaient être ramenés à une cause unique, consistant dans une force tantôt attractive, tantôt répulsive, entre les portions infiniment petites de ce qu'il a nommé courants électriques, mais agissant toujours suivant la ligne qui joint leur milieu. 11 admit que faction de cette force n'était pas seulement fonction de la distance, mais qu'elle dépendait aussi des angles qui déterminent la position respective des deux portions infiniment petites des courants électriques et delà ligne qui en joint les milieux.

7| nr. l'électtucité et du magnétisme.

Enfin, dans un dernier mémoire lu à l'Académie des sciences, les 8 oH) janvier 1821, Ampère donna quelques essais de calcul relatifs à l'action mutuelle d'un fil conjonctif et d'un aimant.

Ou voit que, dans l'espace de cinq mois, Ampère, en partant du fait fondamental découvert par OErsted, jeta les bases de l'électromagnétisme, partie delà physique qui rattache les phénomènes magnétiques à l'électricité.

En 1821 (8), Faraday fit l'expérience de la révolution d'un fil conducteur autour du pôle d'un aimant, dont Wollaston avait eu l'idée (9); il réussit également à faire tourner un aimant parallèlement autour d'un fil conducteur traversé par un courant, mais il ne put parvenir à imprimer à un aimant un mouvement de rotation autour de son axe.

Ampère reconnut que la cause du non-succès (1 0) tenait à ce que le courant ne passait ni dans l'aimant, ni dans une portion du conducteur qui était solidement attachée ; en ayant égard à cette considération, il obtint le mouvement de rotation avec une grande vélocité.

Davy (10') ayant plongé dans du mercure les bouts de deux conducteurs en communication avec les deux extrémités d'une pile, et ayant approché l'un des pôles d'un aimant puissant près de la surface du mercure en contact avec ces conducteurs, il vit aussitôt le mercure prendre un mouvement de rotation rapide, dont le sens dépendait de la nature du pôle de l'aimant et de celui de la pile.

On a vu précédemment, qu'en faisant passer la décharge d'une très-forte pile entre deux pointes de charbon, il se produit un jet de lumière dont l'éclat est si vif que l'œil ne peut en supporter la vue. Davy ayant présenté un aimanta ce jet de lumière, ce jet éprouva une action semblable à celle d'un conducteur métallique mobile, c'est-à-dire qu'il en était attiré et repoussé selon le pôle en regard et le sens du courant. Cette expérience intéressante montre que l'arc voltaïque formé de matières transportées par le courant ou traversées par lui, et portées à l'incandescence, obéit à l'action des courants et des aimants comme un conducteur solide parcouru par l'électricité.

En même temps qu'Ampère découvrait les propriétés des hélices, M. Schweigger (11), en Allemagne, imaginait le multiplicateur ou galvanomètre, fondé sur le même principe. Cet appareil, qui sert à constater la production de très-faibles courants électriques, a permis d'analyser les effets électriques qui se manifestent dans un grand nombre de cas, et particulièrement dans les actions chi-

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