‹ Résume ́de l'histoire de l'électricité et du magnétisme, et des applications de ces sciences à la chimie, aux sciences naturelles et aux artsChapitre 48 sur 103 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

M. Barlow n'admet qu'un seul pôle magnétique dans chaque hémisphère, dont il a déterminé la position en supposant que les phénomènes magnétiques du globe sont les mêmes que ceux que présente une sphère de fer, et en s'appuyant sur les meilleurs observations de déclinaison et d'inclinaison faites dans diverses parties du globe.

Méridiens magnétiques. Les méridiens magnétiques, tels que les considère M. Duperrey, résultent de la direction de l'aiguille aimantée en chaque point du globe. Supposons que l'on parte d'un point quelconque , et que , cheminant toujours dans le sens de la direction de l'aiguille aimantée, d'abord vers le pôle sud, on relève tous les points par lesquels on aura passé, la courbe qui les réunira tous formera un méridien magnétique. Si l'on prend un autre point de départ voisin du premier, et que l'on trace de la même manière un méridien magnétique, ce méridien rencontrera le premier en deux points situés, l'un vers le pôle nord, l'autre vers le pôle sud. En traçant sur le globe un certain nombre de ces méridiens, et prenant les points d'intersection de deux méridiens voisins, on aura alors, dans chaque hémisphère , une courbe fermée, résultant de la réunion de tous les points d'intersection : il est naturel d'admettre que le pôle magnétique de chaque hémisphère se trouve au centre de l'aire renfermée par ces courbes.

Outre les méridiens magnétiques, M. Duperrey a tracé encore sur les mêmes cartes, des courbes normales aux méridiens, et qu'il a appelées parallèles magnétiques, en raison de leur analogie avec les parallèles terrestres.

Lignes d'égale inclinaison, ou isocliniques ; équateur magnétique. Il paraît que la première carte des lignes d'égale inclinaison est celle de Wilcke(26). La même carte a été reproduite plus tard par Le Monnier, mais avec des modifications considérables. Les cartes de ce genre qui méritent d'être prises en considération sont, pour l'époque où elles ont été dressées , celles que Hansteen a publiées en 1819.

Les lignes d'égale inclinaison sont analogues aux parallèles terrestres qu'elles coupent obliquement , mais elles n'en ont pas toute la régularité, et sont d'ailleurs d'autant moins parallèles entre elles qu'elles se rapprochent davantage des régions polaires, où elles circonscrivent les pôles magnétiques de toute part. Ces pôles, qu'il ne faut pas confondre avec les centres d'action intérieurs , sont tout simplement les points de la surface où l'aiguille aimantée , sus-

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pendue par son centre de gravité, prend la direction de la verticale.

Parmi les lignes d'égale inclinaison, il en est une dont les physiciens se sont plus particulièrement occupés, celle où l'inclinaison est nulle, et à laquelle on adonné le nom A'équateur magnétique. Wilcke en a donné une figure en 1768. MM. Hansteen et Morlet l'ont reproduite à des époques beaucoup plus récentes , en se fondant sur les nombreuses observations qu'ils ont puisées dans les voyages de Cook, .d'Eckberg, de Panton, de la Pérouse, etc. On doit à M. Morlet un moyen facile de faire concourir à la détermination de cette courbe les observations voisines des lieux qu'elle parcourt : on sait que M. Biot (27), résumant toutes les actions australes et boréales de magnétisme terrestre en deux centres d'action, qu'il place à une très-petite distance du centre du globe, est arrivé à une formule à l'aide de laquelle on obtiendrait la latitude magnétique d'un point de la surface de la terre , en fonction de l'inclinaison de l'aiguille observée en ce point, si la terre était parfaitement homogène; M. Morlet a fait usage de cette formule modifiée par MM. Bowdich, Malweide et Kraft, après avoir reconnu qu'elle pouvait toujours être appliquée aux inclinaisons qui ne dépassent pas 30°, et après s'être assuré que la latitude magnétique du lieu de l'observation devait être comptée sur le méridien magnétique , et non pas sur le méridien terrestre du lieu dont il s'agit. Les résultats obtenus par MM. Hansteen et Morlet (28) se rapportent à l'équateur magnétique de 1780.

M. Duperrey (29), durant son voyage sur la corvette la Coquille, a fait de nombreuses observations qui l'ont mis à même de déterminer pour l'année 1824 l'équateur magnétique dans la presque totalité de son cours. La Coquille ayant coupé six fois cette courbe, il a été possible de déterminer directement la position de deux points d'intersection situés dans l'océan Atlantique. Dans la carte de M. Morlet, les latitudes des points de la ligne sans inclinaison qui correspondent aux mêmes longitudes sont de 1° A3' à 1° 50' plus au sud ; il semble résulter de là que l'équateur magnétique s'est rapproché de l'équateur terrestre d'une quantité égale : les mêmes différences se trouvent sur la carte de M. Hansteen.

Lignes isodynamiques, ou d'égale inlensilé. Hansteen fit paraître à Christiania, en 1826, une première carte dans laquelle se trouvent figurées des lignes d'égale intensité magnétique, qu'il a désignées sous le nom de lignes isodynamiques ; de nouvellescartes,

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