‹ Résume ́de l'histoire de l'électricité et du magnétisme, et des applications de ces sciences à la chimie, aux sciences naturelles et aux artsChapitre 49 sur 103 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

plus complètes que la précédente, furent publiées par lui en 1832: elles renfermaient toutes les observations d'intensité magnétique depuis 1790 jusqu'en 1830.

M. Duperrey (30) a présenté en 1833 à l'Académie des sciences de nouvelles cartes, dans lesquelles les lignes isodynamiques de l'hémisphère nord sont à peu près les mêmes que celles d'Hansteen , tandis que les lignes de la zone intertropicale et de l'hémisphère sud ont éprouvé des modifications considérables. Il n'a présenté toutefois ses cartes de lignes isodynamiques qu'avec une certaine réserve; ses craintes étaient fondées sur ce que les observations d'intensité magnétiques paraissent assujetties à des erreurs dont il n'a pas encore été possible de les débarrasser d'une manière complète. M. Duperrey n'a pas admis la multiplicité de pôles magnétiques introduite dans la science par Halley, repoussée par Euler, et reproduite par llansteen (31).

M. le major Sabine a fait, en 1838, à l'Association britannique pour l'avancement des sciences, un rapport sur les variations de l'intensité du magnétisme terrestre»; ce rapport est accompagné de nouvelles cartes de lignes isodynamiques. Pour dresser ces nouvelles cartes, M. Sabine s'est fondé, comme l'avaient fait ses prédécesseurs , sur toutes les observations recueillies depuis 1790 jusqu'en 1830; mais il a pu disposer des observations du voyage de V (Iran ie , dont M. Duperrey avait été privé, et il a ajouté aces dernières, en outre d'observations récentes qui lui sont propres, toutes celles que MM. Quetelet, Douglas, Fitz-Roy, Estcourt, Hudberg et Lloyd venaient de faire dans différentes parties du globe.

§ IV. Théories du magnétisme terrestre; origine probable de ce magnétisme.

Théories du magnétisme terrestre. Gilbert est le premier qui ait supposé que la terre est un aimant puissant, dont l'axe coïncide avec l'axe terrestre. Depuis, cette hypothèse a été généralement adoptée, e*. si elle n'explique pas la cause du phénomène, elle sert du moins à se rendre compte des actions exercées sur l'aiguille aimantée ; on l'a prise pour base des théories qui embrassent la généralité des faits observés sur toutes les parties du globe.

La plus simple des théories basées sur cette hypothèse est celle qui admet un seul aimant infiniment petit, placé au centre de

la terre, ce qui revient à supposer que les forces magnétiques sont tellement distribuées dans toute la masse de la terre, que la résultante de toutes leurs actions peut être représentée par l'action de cet aimant central infiniment petit , de même que l'attraction exercée par un globe homogène est la même que si toute sa masse était réunie à son centre.

Tobie Mayer, il y a plus de quatre-vingts ans, s'empara de cette hypothèse et la soumit au calcul; il supposa que le petit aimant coïncidait, non avec le centre de la terre, mais avec un point situé à une distance de ce centre égale au septième du rayon terrestre; il en déduisit, par le calcul, des inclinaisons et des déclinaisons qui s'accordaient avec les observations, pour un petit nombre de lieux seulement. Sa théorie était défectueuse pour toutes les autres localités.

Hansteen fit plus : il substitua à l'action magnétique de la terre celle de deux aimants, différant totalement de position et d'intensité. Mais, lorsqu'il voulut comparer sa théorie avec les observations faites en quarante-huit lieux différents, les trois éléments calculés ne s'accordèrent que six fois avec les éléments observés ; il trouva même dans les inclinaisons des différences qui allaient jusqu'à 13 degrés.

M. Biot(31'), sans avoir connaissance des recherches analytiques de Tobie Mayer, partit de la même hypothèse que lui, et parvint à découvrir une loi entre la latitude magnétique et l'inclinaison en ce point. M. Krafft, en discutant la formule de M. Biot , a été conduit à une expression plus simple : La tangente de l'inclinaison est égale au double de la tangente de la latitude magnétique. Suivant M. Biot , cette loi a besoin d'être modifiée quand on considère les points du globe qui sont influencés par les inflexions de l'équateur magnétique. Mais alors il faudrait supposer des centres d'action dans tous les endroits du globe où la loi des tangentes est en défaut; ce qui compliquerait beaucoup la question théorique du magnétisme terrestre.

Poisson a donné une théorie mathématique du magnétisme; dont il a été question page 114, sans en faire une application directe aux effets du magnétisme terrestre. Nous devons dire qu'il a déduit de ses savants calculs la loi de M. Biot, dont nous venons de faire mention.

On doit aussi à M. Morlet des recherches analytiques sur les lois du magnétisme terrestre : il a considéré comme le moyen le plus

Page 1