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Il existe, au reste, dans les animaux des courants électriques qui viennent à l'appui de cette opinion. Les effets de ces courants ont été signalés la première fois par Galvani (p. 26); on les produit dans une grenouille nouvellement préparée, en mettant en contact le muscle crural avec le nerf lombaire; l'animal se contracte aussitôt. Nobili a prouvé que l'effet était dû à un courant électrique dirigé du muscle au nerf, lequel a été appelé courant propre des animaux. M. Matteucci a mis en évidence l'existence de ce courant dans l'animal vivant. En variant les expériences , il a trouvé que chacun des membres d'une grenouille, du moins chaque muscle, pouvait être considéré comme un élément électro-moteur complet. Il a montré effectivement , en 1841, que l'on obtenait le courant en mettant en contact la partie interne d'une cuisse avec la partie externe, et que l'on pouvait ainsi former une pile avec un certain nombre de muscles.
M. Dubois- Ueymond, en 1842 (105), a fait une suite de recherches intéressantes sur le même sujet, avec un galvanomètre d'une extrême sensibilité; il a établi comme il suit la loi du courant dans un muscle, en supposant une coupe transversale et une coupe longitudinale : « Toutes les fois qu'un arc conducteur est établi entre un point quelconque de la coupe longitudinale du muscle, soit naturelle, soit artificielle , et un point également arbitraire de la coupe transversale, soit naturelle, soit artificielle, il existe dans cet arc un courant dirigé de la coupe longitudinale à la coupe transversale. » M. Uubois-Reymond a trouvé que cette loi s'appliquait également au courant nerveux , le nerf étant un électromoteur comme le muscle; ce dernier fait a été découvert par lui.
Une question importante restait à résoudre, c'était de savoir si, pendant que l'animal se contracte, il y avait production d'électricité. M. Matteucci a mis ce fait en évidence sans en donner l'explication, en plaçant le nerf d'une grenouille rhéoscopique moitié d'une grenouille préparée à la manière de Galvani) sur le muscle que l'on fait contracter par un moyen quelconque; le muscle de la grenouille rhéoscopique se contracte aussitôt. M. Matteucci avait attribué cet effet à un courant induit. M. Becquerel (106), en rendant compte de ce fait à l'Académie des sciences, avait annonce qu'il était dû à une décharge électrique produite daus le muscle, laquelle irritait le nerf de la grenouille galvanoscopique. M. Uubois-Reymond a vérifié cette assertion en prouvant, a l'aide de
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son galvanomètre, que pendant la contraction d'un muscle il y avait réellement production d'un courant. La découverte de cette propriété est d'une grande importance en physiologie.
M. Matteucci est le premier qui ait fait quelques essais pour mettre en évidence sur l'animal vivant le courant musculaire; mais, la grenouille sur laquelle il opérait n'étant pas intacte , il pouvait donc rester des doutes sur les résultats obtenus; M. Dubois-Reymond voulut éviter cette cause d'erreur en expérimentant sur l'homme, comme il suit : on plonge un doigt de chaque main dans deux vases remplis d'eau salée , en communication avec le galvanomètre trèssensible, au moyen de deux lames de platine. Vient-on à contracter tous les muscles d'un des bras, en ne mouvant pas les doigts , il se produit un courant dirigé du bras vers l'épaule. M. Becquerel a attribué la production de ce courant à la réaction, sur l'eau, de la transpiration subite qui a lieu sur les doigts par l'effet de la contraction, laquelle transpiration fournit un liquide acide, qui donne lieu à un courant dirigé dans le même sens, puisqu'on obtient le même effet en contractant le bras avant l'immersion. M. Dubois-Reymond a répondu à cette objection en disant que l'effet produit dans ce dernier cas n'est pas contraire à la doctrine qu'il professe, attendu que la cause qui engendre le courant musculaire persiste dans les muscles quelques temps après la contraction; M. Becquerel pense que cette raison de détruit pas son objection.
M. Donné , en faisant usage du même mode d'expérimentation que celui qu'il avait employé pour les végétaux, a trouvé que la peau de l'homme était positive relativement au liquide qui humecte la bouche, ainsi que l'estomac à l'égard du foie , etc. Tous ces effets sont dus aux réactions chimiques qui ont lieu par l'intermédiaire des tissus, entre les liquides différents qui humectent les organes.
§ V. Electricité atmosphérique et phénomènes qui s'y rapportent.
Au milieu du siècle dernier, on savait déjà (p. 9) que, dans les temps sereins, l'air possédait un excès libre d'électricité positive ; que cet excès était soumis toutes les vingt-quatre heures à des variations régulières d'intensité ; que, par les temps nébuleux et orageux, l'électricité était tantôt positive, tantôt négative, et quelquefois nulle, etc. Ou avait encore remarqué que l'excès d'électricité positive était assez faible peu avant le lever du soleil, qu'il
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augmentait peu à peu avec le lever, puis rapidement, et arrivait Ordinairement quelques heures après à son premier maximum. Cet excès diminuait d'abord rapidement, ensuite lentement, et arrivait à son minimum quelques heures avant le coucher du soleil ; il recommençait à monter dès que le soleil s'approchait de l'horizon , et atteignait peu d'heures après son deuxième maximum , puis il diminuait jusqu'au lever du soleil.
Depuis, on a perfectionnéles appareils et les moyens d'observation, de sorte qu'on a eu des déterminations plus précises. Aux électromètres de de Saussure et de Volta, Peltier a substitué celui de Rousseau (107), perfectionné par lui et pourvu de divers accessoires, qui l'ont rendu portatif et capable de donner des résultats exacts et toujours comparables. Cet électromètre est muni à sa partie supérieure d'une tige et d'une boule creuse de métal de <)"' , 1 de diamètre, avec laquelle on observe l'action par influence exercée par l'électricité de l'air. Quand on veut recueillir directement l'électricité, on enlève la houle, et l'on fait usage d'une pointe ou d'un faisceau de fils de platine.
En même temps que l'électromètre. on emploie aussi un galvanomètre à très-long fil parfaitement isolé, dont l'une des extrémités est en communication avec la tige d'un paratonnerre isolé, et L'autre avec le soi ; cet appareil, toutefois, ne donne des indications que lorsque la tension électrique est considérable. On se sert également de cerfs-volants, de ballons captifs et de flèches lancées avec un arc, comme l'a fait M. Becquerel (108).
Schubler(IOtV) de 1811 à 1812 a donné des tables d'observations qui mit servi à fixer les heures des deux maxima et des deux niiiiima des variations diurnes. Arago a déterminé également les heures de ces maxima et de ces minima. Depuis cette époque, on s'est livré à des observations d'électricité atmosphérique dans presque tous les observatoires de l'Europe, notamment dans celui de Bruxelles, où M. Quetelet (110) a fait une étude spéciale des phénomènes de l'atmosphère, ainsi que dans ceux de Kew, de Munich , etc. ; dans le premier de ces deux observatoires, M. lîonalds, dans le second . M. Lamont . se sont livrés à des observations suivies. M. Peltier (111) a fait également un grand nombre d'observations.
On a vérifié, comme on le savait avant, que dans les temps sereins l'air était ordinairement positif, et que l'excès d'électricité positive allait en augmentant , en s'élevant au-dessus du sol.
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M. Quetelet a reconnu que pour la même hauteur atmosphérique il y a deux maxima et deux inininia dont les heures changent suivant les saisons, ce qui est assez d'accord avec les observations de de Saussure, qui n'a donné que des indications générales; il a déduit des nombreuses observations faites à Bruxelles que l'instant qui représente le mieux l'état moyen électrique de la journée, dans les différentes saisons, est onze heures du matin.
Les variations mensuelles ont occupé également les observateurs; nous mentionnerons seulement ici les résultats obtenus par M. Quetelet, et ceux déduits des observations de M. Ronalds, qui résument l'état de nos connaissances actuelles à cet égard :
1° L'électricité atmosphérique positive atteint son maximum en janvier et son minimum en juin. Le maximum et le minimum sont dans le rapport de 3 : 1.
2° Les maxima et minima absolus de chaque mois suivent une marche semblable à celle des moyennes mensuelles.
3° Dans le cours de l'année, l'électricité est plus forte quand le ciel est serein que lorsqu'il est couvert, excepté vers les mois de juin et de juillet. A partir de cette époque, la différence augmente d'autant plus qu'on approche davantage du maximum; le rapport est alors de 4 : 1 .
Dans l'observatoire de Kew, des 15,170 observations recueillies dans une période de cinq années, 14,515 sont relatives à l'électricité positive, et 665 à l'électricité négative En construisant graphiquement les courbes qui représentent ces observations, M. Birt (112) en a tiré les conséquences suivantes : la tension minimum de l'électricité atmosphérique parait avoir lieu à deux heures du matin. La tension augmente ensuite graduellement jusqu'à six heures du matin , puis plus rapidement, et devient double à huit heures de ce qu'elle était à six heures. L'accroissement est alors plus gradué jusqu'à dix heures, époque du maximum du matin ; après quoi la tension diminue jusqu'à quatre heures, où elle n'est que très-peu supérieure à ce qu'elle était à huit heures. Ce deuxième minimum est le minimum diurne; la tension augmente ensuite rapidement jusqu'à huit heures du soir; ce maximum du soir est notablement plus fort que celui du matin. Entre dix heures et minuit, la tension diminue, et cette diminution continue jusqu'à deux heures du matin. M. Birt a déduit aussi des observations susmentionnées la période annuelle.
En ce qui concerne l'électricité négative, on a reconnu, en comparant les observations faites dans diverses localités , que lorsque