CHAPITRE VII
l'air possède cette électricité, il est tombé le plus souvent une pluie qui était en général abondante, et que les cas où il n'est pas tombé de pluie ont été très-rares. •
En partant de l'électricité libre qui existe ordinairement dans l'air, on a pu expliquer facilement la grande tension électrique que possèdent les nuages orageux à l'instant de leur formation. Gay- Lussac(112') en adonné une explication très-rationnelle: à l'instant où un nuage se forme, l'air étant électrisé positivement, l'électricité libre se réunit en couches très-minces sur la surface de chaque globule vésiculaire ; le nuage devenant plus dense , les globules vésiculaires sont plus rapprochés , et il arrive un instant où il peut être considéré comme un conducteur continu : à ce moment, toute l'électricité qui se trouvait disséminée autour des globules est réunie à la surface du nuage qui, occupant un espace beaucoup moindre, possède une forte tension électrique et est orageux ; emportés par le vent , les nuages perdent ensuite leur électricité. Si l'électricité de l'air est positive, on a un nuage positif; dans le cas contraire , il est négatif. Quant à la hauteur des nuages orageux, à leur couleur, à l'influence de l'électricité des nuages, à la formation des vapeurs, à celle des orages, à leur distribution sur le globe et à leurs effets , questions sur lesquelles on a encore beaucoup à dire , nous renvoyons aux ouvrages mentionnés dans la table (113).
Les causes qui produisent cette énorme quantité d'électricité qui se trouve dans l'air, surtout dans les temps d'orage, sont nombreuses et la plupart inconnues. Quelques-unes ont été indiquées pages 151 et 173, mais il en existe encore d'autres qu'on pense devoir intervenir. On a supposé que la distribution de la chaleur dans la terre et l'atmosphère devait donner lieu aussi à des effets électriques; MM. Becquerel et Delarive ont exprimé cette opinion, mais on n'a encore acquis aucune preuve directe à cet égard. M. Delarive pense néanmoins qu'il faut chercher dans les vapeurs la cause de l'électricité atmosphérique. Les vapeurs qui s'élèvent de la terre doivent prendre effectivement à celle-ci de l'électricité négative qu'elles transportent dans l'air, laquelle sert à neutraliser une certaine portion d'électricité positive et à formerdes nuages négatifs.
Les paratonnerres ont reçu depuis Franklin, voir page 8, des perfectionnements successifs dus à des observations faites par les praticiens. En 1823, sur la demande du gouvernement, l'Académie des sciences invita la section de physique à rédiger une
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instruction spéciale sur les paratonnerres; Gay-Lussac (114) fut chargé du rapport dans lequel se trouvent toutes les règles pratiques qui peuvent servir de piide. Depuis lors, l'électricité s'étant enrichie de découvertes importantes, et la nature des constructions ayant éprouvé des changements considérables, dans un grand nombre de cas, les métaux remplaçant le bois et la pierre, on a senti la nécessité de revoir les instructions de 1 823. L'Académie des sciences fut appelée à s'occuper de nouveau de cette question, à l'occasion de la construction du Palais de l'Industrie; la section de physique fut chargée de préparer le travail, en le reprenant là où l'avait laissé Gay-Lussac. M. Pouillet fut choisi pour rapporteur (115). La plupart des nouvelles instructions que renferme le rapport n'étant pas encore sanctionnées par l'expérience, nous n'en parlerons pas ici. Nous mentionnerons encore les travaux de sir Snow Harris sur les paratonnerres à bord des navires, lesquels paratonnerres sont en usage maintenant en Angleterre.
M. Becquerel, dans cette période de l'histoire de l'électricité que nous exposons ici, a découvert les lois du dégagement de l'électricité dans les actions chimiques, lois qui ont donné un grand développement à l'électro-chimie, et dont le premier résultat a été le renversement de la théorie du contact de la pile, auquel a concouru si puissamment M. Delarive, par ses travaux, sa persistance et ses vues ingénieuses ; M. Pouillet a analysé les effets électriques produits dans l'évaporation quand il y a décomposition chimique ou ségrégation ; MM. Nobili, Matteucci et Dubois-Reymond ont découvert l'existence de l'électricité dans les muscles et les nerfs des animaux vivants quand ils fonctionnent ou dans ceux des animaux récemment tués.