‹ Résume ́de l'histoire de l'électricité et du magnétisme, et des applications de ces sciences à la chimie, aux sciences naturelles et aux artsChapitre 69 sur 103 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

dans un liquide ou réciproquement , et il avança que dans une pile hydro-électrique l'intensité du courant, proportionnelle à la force électro-motrice, était en raison inverse de la résistance du circuit, augmentée d'une quantité variable qui représentait la résistance au passage.

Ohm n'admit pas l'existence de cette résistance spéciale. Les opinions furent alors partagées quanta l'explication des effets produits ; et, si quelques physiciens on cru pouvoir expliquer les effets par une perte au passage, d'autres ne virent qu'une force électro-motrice inverse due à la polarisation des lames des couples simples, et qui, donnant lieu à un courant électrique inverse de celui de la pile, diminuait l'intensité du courant de celle-ci aussitôt que l'électricité commençait à circuler. Il y a plusieurs années, nous avons partagé ■ la première opinion ; mais toutes les recherches faites depuis , ainsi que les nôtres, montrent que les effets que l'on peut observer aux changements de conducteurs sont de l'ordre de grandeur qui n'influe pas sur les effets observés; dès lors, la seconde hypothèse, celle qui attribue l'écart des effets présentés par les piles simples de ceux qui seraient donnés par la loi fondamentale de la pile, à une force électro-motrice inverse fonction de l'intensité du courant au moment où celui-ci commence à passer dans le circuit, c'est-à-dire l'hypothèse qui attribue ces divergences à la polarisation des lames, doit être adoptée. On explique de la même manière les différents effets que présentent des diaphragmes métalliques interposés au milieu de conducteurs liquides, car leurs faces opposées se recouvrent de gaz ou de matières, et donnent lieu à des actions secondaires de polarisation analogues à celles dont il a été question pages 36 et 169.

Il résulte de là que le travail de M. Fechner, quoique très-intéressant au point de vue des effets des piles simples, ne pouvait servir à démontrer la loi de la pile; le travail de M. Pouillet,en 1837, a permis, comme on la vu, de l'établir nettement. Depuis, les travaux très-nombreux des physiciens sont venus confirmer les résultats obtenus; il nous suffira de citer, après Ohm, Pouillet et Fechner, MM. Poggendorf, Lenz, Delarive, Wheatstone, Despretz, Wartmann, E, Becquerel, etc.

M. Marié (43 1 ) a voulu montrer, d'après les écarts qu'il a observés en faisant usage de différents couples constants, que la loi précédente était en défaut ; mais ces expériences n'infirment pas les résultats dont il vient d'être question, car rien n'indique qu'il n'y ait pas eu quelque effet de polarisation dans ses recherches, et que les

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foires électro-motrices ou les résistances n'aient pas subi des changements pendant le cours des observations.

La loi de la pile est très-importante, car par son aide on peut se rendre compte de toutes les circonstances de l'intensité du courant, d'après la dimension des éléments, la résistance des couples et celle du circuit extérieur; seulement il faut remarquer que si l'énoncé de la loi, telle qu'elle est admise, indique que l'intensité du courant d'une pile est égale à la somme des forces électro-motrices, et en raison inverse de la somme des résistances de tout le circuit, composé de la pile et du circuit, on doit entendre par force électro-motrice la force en vertu de laquelle l'électricité passe dans le circuit, cette force ne dépendant pas du contact des métaux, comme le supposait Volta, mais bien de l'action chimique exercée par les liquides sur les métaux, et en général des réactions chimiques opérées dans l'intérieur des couples.

Piles à courant constant. En 1829 (44), M. Becquerel, tout en posant les principes de la diminution dans l'intensité du courant électrique dans les piles voltaïques, construisit des piles à courant constant ; en rapportant plusieurs passages de son mémoire, le fait paraîtra parfaitement net. Il dit page 23 du t. XL1 des Ann. de chimie et de physique) : «... La pile porte avec elle la cause des diminutions « qu'éprouve continuellement l'intensité du courant électrique; car, « dès l'instant qu'elle fonctionne, il s'opère des décompositions et « des transports de substances qui polarisent les plaques de ma- « nière à produire des courants en sens inverse du premier : l'art « consiste à dissoudre ces dépôts à mesure qu'ils se forment avec « des liquides convenablement placés. On y parvient, etc. »

Même page, en parlant des couples à deux liquides séparés par une baudruche, il s'exprime ainsi : « Le maximum d'intensité s'ob- « tient sensiblement quand le cuivre plonge dans une dissolution de « nilrate de cuivre et le zinc dans une dissolution de nitrate de zinc. »

Enfin, page 2-i : « Une pile construite suivant les principes que je « viens de faire connaître, c'est-à-dire dans laquelle chaque métal « plonge dans une case particulière qui renferme un liquide conve- « nable ; cette pile, dis-je, réunit toutes les conditions les plus favo- « râbles, puisqu'on évite les causes qui peuvent nuire aux effets « électriques. »

Ainsi la disposition des couples, en plongeant chaque lame dans une dissolution différente, les deux liquides étant séparés par une cloison perméable, et en particulier la lame de cuivre se trouvant

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