‹ Résume ́de l'histoire de l'électricité et du magnétisme, et des applications de ces sciences à la chimie, aux sciences naturelles et aux artsChapitre 68 sur 103 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

quelles est soumis In mouvement de l'électricité clans les corps de forme et de nature quelconque, et les équations différentielles auxquelles elles conduisent sont semblables à celles que Fourier et Poisson ont données pour le mouvement de la chaleur.

Il a d'abord considéré le cas d'un anneau homogène, d'épaisseur constante, et dans une section duquel existe une tension électrique ou une inégalité dans les états électriques de deux surfaces consécutives; il en a déduit la distribution dans l'anneau tout entier. Ensuite il est passé au cas d'un anneau hétérogène, et enfin à une pile formée par la réunion de parties prismatiques où sur chaque surlace d'excitation il y a un saut subit qui produit une force électro-motrice, et dans toutes les parties de laquelle il y a un passage successif et uniforme d'électricité. Il en a déduit différentes expressions, mais entre autres la formule simplifiée suivante :

I étant l'intensité du courant de la pile, E la somme des forces électro-motrices et R la somme de toutes les résistances à la conductibilité. Cette formule signifie que dans une pile la «grandeur ou l'intensité du courant est proportionnelle à ia somme de toutes les forces électromotrices de la pile et en raison inverse de toutes les résistances du circuit, y compris celle de la pile.» Ohm nommait aussi la somme des résistances H, la longueur réduite du circuit, c'est-à-dire la longueur divisée par le produit de son coefficient de conductibilité et de la section de toutes les parties du circuit.

Cette loi s'applique aussi bien à une pile d'un élément qu'à une pile d'un nombre quelconque d'éléments. Ohm (39) a déduit également de sa théorie les intensités relatives des courants électriques de circuits multiples qui joignent, les pôles d'une pile, c'est-à-dire les lois des courants dérivés ; il a montré que les intensités relatives de ces courants étaient en raison inverse des résistances à la conductibilité des circuits.

Les recherches faites par Ohm pour vérifier sa théorie n'étaient pas suffisantes ; l'expérience seule pouvait décider si ses formules s'appliquaient aux appareils voltaïques, d'autant plus que le troisième principe sur lequel il s'est basé est hypothétique, et ne saurait être admis aujourd'hui où il est généralement reconnu qu'il faut un travail moléculaire physique on chimique pour engendrer l'électricité, et non le simple contact de deux corps.

M. Pouillct (40), dès 1828, sans avoir eu connaissance des travaux de Ohm, s'occupait d'établir directement par l'expérience les conditions diverses du dégagement de l'électricité dans les piles; en effet, dans la détermination des pouvoirs conducteurs, il signalait la nécessité de tenir compte de la mesure de l'intensité du courant et de la résistance à la conductibilité de la pile , et les deux mémoires qu'il a publiés sur ce sujet en 1831 (-41) et en 1837 (12) établissent expérimentalement d'une manière nette et complète la loi du dégagement de l'électricité dans les piles thermo-électriques et hydro-électriques. C'est à l'occasion de ces recherches qu'il décrivit la boussole des tangentes.

M. Pouillet présenta son premier mémoire à l'Académie des sciences le 3 octobre 1831, mémoire qu'on ne connut que par les extraits qui ont été publiés dans son Truite de physique et dans le journal le Lycée. Il y a établi expérimentalement que le courant électrique d'une pile thermo-électrique « est en raison directe du nombre des éléments en activité, et en raison inverse de la résistance à la conductibilité du circuit total formé par les conducteurs métalliques qui constituent la pile etpar le fil extérieur qui joint les pôles, » Il démontra , également par expérience, que, dans les circuits dérivés, les intensités des courants partiels sont en raison inverse des résistances de ces circuits. Plus tard, en 1837, il étendit ces lois aux courants provenant des piles à courant constant, c'est-à-dire des piles à deux liquides; la démonstration expérimentale de la loi simple qui règle le dégagement de l'électricité dans la pile fut alors parfaitement établie.

M. Fechner (43) entreprit également d'établir expérimentalement les lois du dégagement de l'électricité dans les piles hydro-électriques; il publia son travail en mai 1831, et, sous ce rapport, il aurait l'antériorité de la publication sur M. Pouillet; mais il fit usage dans ses recherches de piles simples, et les expériences faites avec ces appareils ne permettaient pas de comparer immédiatement les résultats obtenus, car les piles simple offrent trop d'incertitudes dans leur emploi, vu les effets complexes qui se produisent et la diminution rapide dans l'intensité du courant à mesure qu'elles fonctionnent ; ce n'est que par l'emploi des piles à deux liquides ou constantes, dont on va parler plus loin, et ainsi que l'a fait M. Pouillet. que les expériences purent acquérir la précision nécessaire. Aussi M. Fechner fut-il conduit à introduire dans la formule de la pile la résistance du courant au passage d'un solide

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