‹ Résume ́de l'histoire de l'électricité et du magnétisme, et des applications de ces sciences à la chimie, aux sciences naturelles et aux artsChapitre 74 sur 103 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

M. Pouillet !I8) a fait des observations du même genre en opérant la décomposition d'une dissolution de chlorure d'or dans des tubes en U. MM. Hiltorf (19) et d'Alméida (20), sont arrivés à des résultats semblables. Ce dernier a analysé les phénomènes dontil est question, et il est arrivé à montrer que, dans le cas où l'on observait des différences d'effets aux deux pôles , la réduction des matières provenait d'une action secondaire due à l'hydrogène naissant ; dans ce cas, l'eau était directement décomposée par le courant; dans d'autres, le sel seul était décomposé. Il a montré qu'avec les sels neutres, ce dernier effet était obtenu, mais que s'ils étaient même légèrement acides, l'eau était en général décomposée plus facilement que les sels. On comprend que si l'un et l'autre de ces effets ont lieu à la fois, c'est-à-dire si l'action décomposante se porte simultanément sur l'eau et le sel, on peut avoir des quantités inégales, mais variables, de décomposition aux deux pôles. ■ La loi de décomposition des liquides en proportions définies exige que toute l'électricité qui passe soit efficace pour les décompose!', M. Faraday, à l'origine de ses recherches, avait admis que des courants peuvent toujours être suffisamment affaiblis pour traverser l'eau sans la décomposer. M. Matteucci (21) montra qu'en augmentant la dimension des électrodes, on affaiblissait assez le courant électrique pour que l'iodure de potassium ne présentât pas d'iode au pôle positif. M. Foucault (22) a appuyé cette manière de voir; il en est de même de M. Despretz (2U , qui a montré que de faibles courants pouvaient traverser pendant longtemps de l'eau sans que l'on eût apparence de décomposition. M. JMasson (24) a émis une opinion du même genre, en montrant que l'électricité formée dans un appareil d'induction pouvait passer à travers l'alcool et faire bouillir le liquide, sans qu'il y ait trace de décomposition.

Mais il est un fait qui a été observé par M. Becquerel en lSiG^o), et qui consiste en ce que le moindre courant, la moindre décharge, même celle qui provient du frottement d'un bâton de gomme laque contre de la laine , suffit pour polariser les lames et leur donner le pouvoir de produire un courant en sens inverse du sens il(' la décharge, preuve de la présence des gaz oxygène et hydrogène provenant de la décomposition électro-chimique du liquide. Comment admettre la présence de ces gaz sans décomposition'.' Si ù's bulles gazeuses ne se dégagent pas, c'est que les gaz restent en dissolution, el de là se répandent de proche en proche jusque dans l'atmosphère ; ce l'ait ne nous parait pas devoir être expliqué autre-

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ment. M. Delarive, plus tard, est arrivé par une expérience analogue à la même conclusion; il en a été de, même de M. Buff. Quoi qu'il en soit, et bien que cette dernière objection soit la plus sérieuse que l'on ait faite contre la conductibilité propre des liquides, on voit, qu'en supposant même que cette conductibilité existe, et qu'il passe des traces d'électricité sans action efficace quand le courant est très-faible, ce fait n'infirmerait pas la loi des décompositions chimiques en proportions définies , car rien n'indique que l'effet dont il est question ait lieu au moment où l'intensité du courant devient suffisante pour passer en décomposant abondamment les combinaisons, et qu'à ce moment toute l'électricité n'agisse pas efficacement.

Nouvelle nomenclature électro-chimique. Quand une science fait de rapides progrès et qu'elle s'enrichit journellement de nouveaux phénomènes, on se trouve quelquefois dans la nécessité de modifier la nomenclature des expressions employées. C'est alors que. des noms différents sont donnés à la même chose; il en résulte momentanément une confusion dont la science se débarrasse peu à peu, pour ne conserver que les noms qui expriment une idée et lui sont véritablement utiles.

Aussitôt que l'on eut découvert l'action décomposante de la pile, on appela pôles les fils ou lames de métal plongeant dans les liquides et servant à transmettre le courant; mais, comme cette dénomination était impropre , puisqu'elle ne présentait à l'esprit que de fausses analogies, soit qu'on la comparât à celle qui s'applique aux pôles d'un cercle soit à celle d'un aimant, Ampère proposa de les appeler rhéophores porte-courants.

D'un autre côté , quand on eut supposé une origine électrique aux actions chimiques, les corps déposés au pôle positif furent appelés électro-négatifs, les autres électro-positifs; ces dénominations, qui sont significatives, sont restées dans la science. La force déterminante qui opère la décomposition n'existe pas aux pôles, mais bien dans le corps décomposé, et, en considérant les pôles ou rhéophores comme les portes par lesquelles débouche le courant électrique dans le corps décomposé, M. Faraday les a appelés électrodes. Il désigne ainsi la surface d'air, d'eau, de métal ou de tout autre corps qui borne l'étendue de la matière décomposée dans la direction du courant. 11 a appelé anode la surface sur laquelle se déposent l'oxygène et les acides; cathode, la surface par laquelle sort le courant; électrolytes, les corps soumis à la décomposition,

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