‹ Résume ́de l'histoire de l'électricité et du magnétisme, et des applications de ces sciences à la chimie, aux sciences naturelles et aux artsChapitre 78 sur 103 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Effets mécaniques et physiques dus à L'électricité, principalement depuis 1820 jusqu'à l'époque actuelle.

§ I. Effets mécaniques. — Transport.

Effets mécaniques des décharges. On a vu dans le chapitre I" que, dans le siècle dernier, les effets de l'électricité statique, qui étaient les seuls que l'on eut étudiés, avaient conduit à des observations curieuses; c'est ainsi que Beccaria et que Priestley (1) avaient vu les effets d'expansion que l'électricité peut produire ; que Kinnerstley. en 17G1 (2), avait montré le refoulement de l'air par le passage d'une étincelle électrique, et queles expériences faites plus tard vers la fin du siècle dernier par Van Martini (p. 15), àl'aide d'une machine plus puissante que celles qui avaient, été en usage jusque-là, avaient mis en évidence les effets mécaniques que l'on pouvait obtenir dans les expériences de physique, lesquels reproduisaient sur une petite échelle ceux que l'on constate lors de la chute de la foudre.

L'inégalité des bavures observée par Gough (3) dans l'expérience du perce-carte, et répétée par Symmer ( i) en plaçant une lame d'étain au milieu d'un cahier de papier, indiquait une inégalité d'action suivant le sens de la décharge. On a vu que l'expérience de Trémery (5), page 52, en plaçant la carte dans le vide, indiquait que l'ouverture se rapprochait du milieu de l'intervalle entre les deux pointes, tandis qu'elle avait lieu en face de la pointe négative dans l'air. Cette expérience montrait que dans l'air il y avait une tendance de la part de l'électricité positive à franchir plus facilement les milieux interposés entre les conducteurs; nous allons retrouver des effets du même genre avec les courants électriques.

234 de l'électbicité et nu magnétisme.

Priestley avait déjà observé en 17G6 qu'une chaîne parcourue par une décharge était raccourcie; Nairne reconnut en 1780 (page 15 ) que des fds métalliques traversés par des décharges avaient diminué de longueur. M. E. Becquerel (G) a étudié ce fait et a montré non-seulement que le fil augmentait le diamètre, mais que par l'effet de décharges successives il devient ondulé, et qu'à mesure que les décharges se succèdent, les parties ondulées augmentent de grandeur sans jamais disparaître pour faire place à d'autres.

La répulsion mutuelle des |corps électrisés de même nature a donné lieu à la construction d'un petit appareil nommé tourniquet électrique, dans lequel une aiguille isolée qui est mobile sur un pivot, et dont les parties extérieures sont recourbées, se meut au moment de l'électrisation : c'est Hamilton (7) qui le .construisit le premier; on crut que l'effet provenait d'un effet de recul dû à l'écoulement de l'électricité; mais il doit être attribué à la répulsion mutuelle de l'air électrisé en face des pointes et de ces ponites elles-mêmes. Les expériences faites par Wilson et Priestley (8), qui montrent que ces appareils ne tournent pas dans le vide ni dans un récipient fermé ; celles de Cavallo et celles plus récentes de M. Wasson ('.>), indiquant que dans les liquides isolants la rotation a lieu, tandis que dans l'eau elle ne se produit pas, viennent à l'appui de cette explication.

On a vu, page 13, que Beccaria avait avancé que les décharges électriques transportaient des substances se trouvant sur leur route; Musehenbroek (10) avait la même opinion; Priestley, en cherchant à vérifier ce fait, observa (11) en 170G les taches circulaires faites sur des lames métalliques par de fortes explosions, et les produisit dans le vide et dans l'air condensé. Ces expériences ont servi de point de départ aux recherches de Fusinieri (12). Ce physicien a reconnu que l'étincelle qui traverse l'air en sortant d'un conducteur en laiton, emporte avec elle du laiton à l'état de fusion et des particules incandescentes de zinc ; il en est de même des conducteurs formés d'autres métaux. Dans ces transports il y a réciprocité d'action, et, en faisant éclater la décharge entre deux boules, il y a transport de petites parcelles fondues de l'une à l'autre. En interposant des plaques métalliques entre les conducteurs, Fusinieri observa des effets du même genre, et il en a conclu que le transport des métaux a lieu au travers des métaux, et que l'étincelle électrique est toujours accompagnée de matière à l'état de fusion mi d'incandescence.

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