‹ Résume ́de l'histoire de l'électricité et du magnétisme, et des applications de ces sciences à la chimie, aux sciences naturelles et aux artsChapitre 79 sur 103 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Les effets observés antérieurement par Davy [voir pages ol et 52] , et produits entre les pôles de la pile avec des métaux ou du charbon , avaient prouvé que les matières pondérables très-divisées, en incandescence ou en combustion , étaient emportées par le courant et constituaient l'arc voltaïque. Nous verrons plus loin que l'aspect des étincelles ou la composition de la lumière de l'arc voltaïque suffit souvent pour indiquer la présence de molécules incandescentes, puisqu'elles affectent les couleurs des métaux en combustion. Fusinieri a, en outre, émis l'opinion que les effets mécaniques de perforation, de rupture et de déchirements pourraient être dus à la matière elle-même, animée de la même vitesse que celle de l'électricité, laquelle est excessive.

Ces effets se lient à ceux dont nous allons parler, et qui concernent les ligures électriques dues à des effets d'électricité par inllnence, à des pliénomènes de transport, ou à des modifications de la surface des corps par l'inlluence de l'électricité. ( in a vu, page 1 i7, que Liclitemberg avait le premier montré que des poussières se fixaient inégalement sur des surfaces en partie electrisées. Les vapeurs possèdent la même faculté , sans qu'elles soient électrisées préalablement; celle propriété conduit à des figures différentes de celles que nous venons de rappeler..

M. Uiess(l3) a observé des effets du même genre qui se manifestent dans différentes circonstances, et il a fait une étude complète des images ou des apparences que l'on peut obtenir: Supposons, pour en indiquer quelques-unes, que l'on place une plaque de verre entre deux pointes dans l'arc de clôture d'une batterie, et que parla décharge une étincelle semeuve surchaque surface jusqu'au bord, on y reconnaît de faibles traces de désagrégation. Ces traces, étudiées àréIectrcmètre,sontconduclrices; et ce qu'il y a de particulier, c'est qu'oïl y trouve d'autres parties de la surface qui sont devenues conductrices sans avoir subi de modifications apparentes On les rend sensibles en projetant de la vapeur avec la bouche; elles sont plus belles sur le mica ; au lieu d'une décharge complète de la batterie, il suffit, pour les produire, d'employer les aigrettes bleuâtres qui jaillissent des pointes. On a donné à ces figures le nom de figures roriques.

En recevant l'étincelle sur tics lames de plaqué d'or ou d'argent, elle y laisse une faible tache qui, après l'exposition à la vapeur humide, se présente sous l'aspect d'un cercle large de plusieurs lignes, parfaitement net et entouré d'autres cercles plus ou moins chargés de vapeur.

230 de l'electbicité et du magnétisme.

M. Karsten (|-1) a montré qu'il se produit des figures du même genre en plaçant une médaille, un corps conducteur, sur une surface plane en cire à cacheter, en verre, etc. : on électrise cette médaille, et ensuite en insufflant de la vapeur d'eau avec l'haleine sur la surface, ou bien en exposant celle-ci aux émanations d'autres vapeurs, on a des empreintes de la médaille. MM. Knorr (15), Masson ( 16), etc., ont varié ces différents effets.

M. Moser (17) a obtenu des condensations de vapeur et l'apparition d'images par le voisinage de corps en présence et sans l'emploi de l'électricité , mais qui néanmoins sont dues probablement à des phénomènes de transport.

Les effets mécaniques des décharges électriques, d'après lesquels les objets sont brisés, les verres percés, etc., ont été utilisés dernièrement : en se servant des décharges ducs aux courants induits, et obtenues à l'aide de l'appareil d'induction décrit page 94, on peut facilement percer des pierres, des verres même de deux centimètres d'épaisseur. Les feuilles de papier sont percées par l'étincelle électrique et la marche d'une pointe, qui est en relation avec l'appareil d'induction, peut être indiquée sur une feuille de papier placée à distance ; ce sont des applications curieuses des effets mécaniques des décharges dues aux courants induits.

Effets mécaniques des courants. Le phénomène observé par Porret en ISIG (page 53), et d'après lequel il y a transport mécanique de l'eau au travers d'une membrane perméable qui sépare deux parties d'un vase contenant le liquide, en mettant chacune en relation avec l'un des pôles d'une forte pile, montre également que les courants électriques, comme les décharges, sont accompagnés d'effets mécaniques. Ce transport a lieu, comme celui des particules de charbon dans l'expérience de l'arc voltaïque, de la partie électrisée positivement à la partie électrisée négativement.

M. Becquerel (18) a observé des faits de même nature , mais en disposant des appareils pour que le passage du courant pût déplacer des poussières terreuses mélangées au liquide.

M. Wiedeman (19) a étudié le phénomène en prenant différentes cloisons perméables et en faisant varier l'intensité du courant de la pile, ainsi que l'étendue de la cloison. 11 a démontré que l'action est en raison directe de l'intensité du courant, et à égalité d'intensité du courant, en raison inverse de la surface libre de la cloison.

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