‹ Résume ́de l'histoire de l'électricité et du magnétisme, et des applications de ces sciences à la chimie, aux sciences naturelles et aux artsChapitre 82 sur 103 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

fil, il y a élévation du température et que la chaleur est la même

ilans toute la longueur du fil , à l'exception des extrémités où elle augmente ou diminue, comme on le verra plus loin. On peut également manifester l'effet calorifique produit par un courant électrique faible en faisant passer ce courant dans l'hélice d'un thermomètre métallique de Bréguet, ainsi que l'a fait M. Oelarive.

M. Joule (28) a déterminé les lois du dégagement de la chaleur par suite du passage des courants électriques dans des lils conducteurs suivant l'intensité du courant; il a posé en principe que dans les lils métalliques on observe les effets suivants :

1° La quantité de chaleur dégagée par le passage d'un courant électrique dans un (il métallique est en raison directe du carre de la quantité d'électricité qui passe dans un temps donne ;

2" Elle est en raison directe de la résistance à la conductibilité de ce (il, ou bien, si l'on veut, en raison inverse du pouvoir conducteur.

M. E. Becquerel 29), à l'aide d'une méthode précise, a déterminé également la quantité de chaleur dégagée dans les tils métalliques et dans les liquides; il est arrivé à la môme conclusion, pourvu que dans les liquides il n'y ait pas polarisation des lames qui servent à transmettre le courant el qu'on tienne compte deseffets calorifiques produits dans la ségrégation chimique des cléments décomposés. MM. Botto et Lenz sont arrivés a la même conclusion pour les tils métalliques. Ces luis sont les mêmes que lois du passage de l'électricité libre dans les fils métalliques , comme cela résulte des recherches de M. Riess, dont ou a parlé plus haut.

Lorsque des lils métalliques plongent dans différents milieux, les effets calorifiques produits par le courant électrique provenant d'une même pile, ne restent pas les mêmes; mais ces changements tiennent à ce que, la température des fils venante varier, leur résistance à la conductibilité change, et dès lors, la quantité de chaleur dégagée est différente. Les expériences faites par Davy en 1S-2I (30 ont mis ce l'ail nettement en évidence : lorsqu'un fil rougit dans l'air par suite du passage d'un courant énergique, si l'on place ce til dans un liquide capable de le refroidir, tel que l'eau, l'alcool, l'huile, il cesse d'être rouge, et la quantité d'électricité qui passe est alors plus considérable, parce qu'il devient meilleur conducteur. De même, un fil étant rougi par un courant dans toute sa longueur, si l'on applique un morceau de glace sur une portion du fil rougi ou qu'on y dirige un courant d'air froid, toutes les autres parties du fil pas-

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sent du rouge au rouge blanc : en effet, en refroidissant ainsi une portion du fil, on diminue sa résistance, on augmente la conductibilité du système, et, dès lors, la quantité d'électricité qui passe étant plus grande, les autres portions du fil acquièrent nue température plus élevée.

Les résultats obtenus par M. Grove (31), il y a quelques années, en plongeant les fils dans différents gaz, sont analogues à ceux de Davy , et peuvent s'expliquer de la même manière : M. Grove a observé que des fils égaux développaient dans différents gaz des quantités de chaleur différentes, et que dans l'hydrogène la quantité de chaleur dégagée était plus forte que dans d'autres milieux. MM. Poggendoif et Clausius ont montré que l'effet observé tient à ce que les fils métalliques se refroidissent inégalement vite dans les différents gaz , ■et qu'ayant alors des températures différentes, quoique de même nature, ils ne présentent pas la même résistance à la conductibilité.

M. Becquerel (32) a montré qu'on pouvait utiliser l'élévation de température des fils de platine contournés en hélice pour produire dans différents milieux des fusions et opérer la coupellation du plomb argentifère. On introduit à cet effet, dans ces hélices, de petits creusets de différente nature ou des coupelles.

Actions calorifiques lors du changement de conducteur. Nous avons dit plus haut que dans un fil homogène la chaleur dégagée était uniforme dams toute la longueur ; mais si plusieurs fils sont liés entre eux, à la surface de jonction il se manifeste alors une élévation plus ou moins grande de température que dans les deux fils, et «ela suivant le sens du courant; ces effets ont été observés par ■'eltier :J3 . Ce physicien a même trouvé que si l'on fait usage d'antimoine ou de bismuth, et que, par exemple, ces deux métaux soient soudés bout à bout, si la direction du courant est telle que l'électricité positive aille du bismuth à l'antimoine, on observe une élévation de température plus considérable que dans le reste du circuit, tandis que, si l'inverse a lieu, il se manifeste un abaissement de température aux points de jonction.

Cet abaissement de température, cette source de froid, est un des effets les plus curieux qui se produisent dans la propagation de l'électricité au travers des corps. On le rend sensible, non-seulement à l'aide de la pince thermo-électrique, mais encore, comme l'a fait également Peltier, en engageant la soudure qui présente cet effet dans la boule d'un thermomètre à air. Ce phénomène a été étudié depuis par plusieurs physiciens, parmi lesquels nous citerons

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