‹ Résume ́de l'histoire de l'électricité et du magnétisme, et des applications de ces sciences à la chimie, aux sciences naturelles et aux artsChapitre 81 sur 103 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

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connaît aux substances dites à l'état naissant. L'oxygène différait, dans ce cas, des autres corps en ce qu'il aurait la propriété de conserver cet état, que les autres matières perdent dans les préparations chimiques à l'aide desquelles on les isole.

MM. Frémy et E. Becquerel ont également observé que l'étincelle électrique qui se manifeste lors de la rupture des circuits voltaïques forme un véritable arc voltaïque contenant des molécules de platine très-divisé. Cet arc ne communique pas à l'oxygène un pouvoir oxydant particulier, car l'élévation de température qui se manifeste s'y oppose ; niais, en agissant à la fois comme mousse de platine et comme électricité, il peut déterminer rapidement des combinaisons de gaz entre eux : telle est la combinaison de l'azote il l'oxygène pour former des vapeurs nitreuses beaucoup [dus rapidement que dans l'expérience de Cavendish ; celle de l'azote à l'hydrogène pour produire de l'ammoniaque; celle de l'acide sulfureux à l'oxygène pour engendrer l'acide sulfui'ique, etc.

Depuis cette époque, ce sujet a de nouveau attiré l'attention des savants, parmi lesquels nous citerons MM. Soret et Houzeau (25). Ce dernier a même indiqué un autre mode de préparation chimique de l'ozone que celui qui avait été indiqué par M. Schœnbeinj il consiste à décomposer le bioxyde de barium par l'acide sulfurique à un équivalent d'eau ; l'oxygène dégagé est alois odorant et possède les propriétés oxydantes de l'ozone.

Le principal motif pour lequel la plupart des chimistes ont douté de l'existence de l'ozone comme modification chimique de l'oxygène, et qui a fait restreindre son étude, c'est que dans un volume donne d'oxygène il ne se trouve jamais qu'une partie très-petite qui soit modifiée, et que l'on ne. peut dépasser une certaine limite, à moins que la partie active, ou l'ozone, ne soit absorbée au fur et à mesure de sa production.

On peut rapprocher les propriétés remarquables qu'acquiert l'oxygène par l'action des étincelles électriques ou lorsqu'elle est à l'état d'ozone, de la faculté que possède ce gaz de devenir magnétique sous l'action des aimants (voir page 107). Ces effets magnétiques, qui sont exagérés dans l'oxygène, quand on les compare à ceux qui sont produits par les autres gaz, semblent indiquer que l'oxygène peut être modifié par l'électricité plus facilement que les autres fluides aérifonnes.

§ III. Effets calorifiques de l 'électricité.

Décharges électriques. Les effets calorifiques produits par l'électricité sont très-variés, et on les observe toutes les fois que l'électricité est transmise au travers des corps sous forme de décharges ou de courants.

On a vu, dans le chapitre premier, page 13, quelles avaient été les recherches des physiciens du siècle dernier touchant les actions calorifiques produites dans les gaz, dans les matières combustibles et dans les métaux. Les recherches de Canton, de Priestley, de Van-Marum, ont été citées page 15. Depuis, l'action des décharges sur les métaux a été étudiée par M. Harris (20). Pour reconnaître l'élévation 'de température provenant des décharges électriques traversant des lils métalliques, on introduit ces fils dans l'intérieur d'un thermomètre à air, et, après la décharge qui échauffe le fil , et par conséquent l'air intérieur, on conclut, d'après la quantité de chaleur, la dilatation de l'air. M. Harris a pu déterminer ainsi les lois du dégagement de chaleur dans les différentes conditions des expériences.

M. Riess (27), qui a fait de nombreuses recherches sur ce sujet, a étudié d'une manière complète l'influence de la charge électrique, celle des dimensions des fils métalliques, de leur nature, l'influence des conducteurs qui sont parcourus par l'électricité, et enfin celle des conducteurs placés dans le voisinage, lesquels relardent la décharge, et par suite modifient réchauffement.

Courants électriques. Les courants électriques sont capables de puissants effets calorifiques, comme l'ont prouvé les expériences de Davy, voir page 51, et celles d'après lesquelles on a fondu des fils métalliques de diverse nature. Mais cet effet ne se produit pas seulement quand le courant électrique a une certaine intensité, il se manifeste encore dans un circuit quelconque, quelque faible que soit le courant, pourvu qu'il y ait circulation d'électricité; onjpeutmême poser en principe général que toutes les fois que l'électricité chemine dans un corps, il se manifeste une élévation de température.

Les effets calorifiques produits par le passage de l'électricité sont uniformes dans un conducteur homogène et de même dimension dans toutes ses parties ; les expériences faites par Peltier, à l'aide de la pince thermo-électrique dont il a été question page 160, prouvent en effet que, quelque faible que soit le courant qui circule dans un

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