‹ Résume ́de l'histoire de l'électricité et du magnétisme, et des applications de ces sciences à la chimie, aux sciences naturelles et aux artsChapitre 86 sur 103 · CHAPITRE XI. 2Ô · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. 2Ô

On connaît les effets physiologiques produits quand on irrite le imtI d'un animal vivant ou récemment tué, au-dessus ou an-dessous d'une ligature : en premier lieu , il n'y a point de contraction dans lis muscles inférieurs, mais l'animal crie et éprouve de la douleur; en second lieu, les contractions sont très-fortes, sans que l'animal donne des signes de douleur. Les physiologistes avaient admis que la ligature du nerf n'empêchait pas tout à l'ait l'action d'un courant appliqué au-dessus de la ligature. M. Matteucci fl.V . qui a repris ces expériences, a reconnu que le courant agit comme les autres agents stimulants.

Ce physicien a également étudié l'action des poisons sur l'irritabililé nerveuse , ou du moins il a cherché' comment variait cette irritabilité; i n administrant du poison aux grenouilles, il a reconnu, comme l'avait fait M. de Uumboldt vers la lin du dernier siècle, que le gaz acide carbonique, L'azote, le chlore et le gaz sulfhydrique ne diminuent pas l'excitabilité du nerf sous l'influence du courant, tandis que l'acide cyanhydrique l'affaiblit. Les poisons narcotiques produisent des effets remarquables: une grenouille, après quinze à trente minutes , est dans un tel état de surexcitation que la moindre contraction agite l'animal; après quoi viennent les contractions tétaniques, et quelques minutes après les mouvements

Unissent : dans la première période le nerf est encore tres-e\eilablc par l'action du courant; dans la seconde période, pendant l'action tétanique, en opérant d'une certaine manière et laissant le circuit fermé, la tension des muscles cesse et se relàrhe ; enfin, dans la dernière période, le nerf a perdu son excitabilité.

Nous sommes amenés a parler des circonstances diverses qui apportent des modifications dans les cordons nerveux des animaux vivants ou récemment tués, par l'action du passage du courant.

Valli (16), en 170-2, avait reconnu que le courant électrique, quel que soit son sens, ne donne point de contraction tant qu'il circule; cela n'a lieu toutefois que lorsque le courant est trèsfaible, car. s'il a une certaiue énergie, on observe dans les premiers instants des contractions violentes et même tétaniques qui durent plus ou moins de temps, suivant l'excitabilité de l'animal et l'intensité du courant.

Marianini (17) a reconnu que, si l'on ouvre le circuit et que l'on change le sens du courant , la contraction reparait ; on peut, en intervertissant un certain nombre de fois le sens du courant, annuler

ou rappeler à volonté l'excitabilité des muscles : c'est en cela que consistent les alternatives voltaiques.

En comparant deux grenouilles, dont l'une est parcourue par un courant continu, toujours dans le même sens, et l'autre par un courant dirigé tantôt dans un sens, tantôt dans un autre, la première est celle qui perd le moins d'excitabilité dans les nerfs ; dans l'animal vivant, de semblables effets sont produits, seulement les forces vitales réparent promptement les atteintes portées par le courant aux organes de la vie (18).

On vient de voir qu'un courant électrique continu modifie l'excitabilité du nerf; mais, si un courant de même force est interrompu et rétabli à de courts intervalles, la modification est plus rapide et plus profonde : ce fait a été signalé par Nobili, Marianini, confirmé par M. Matteucci, et démontré d'une manière évidente par M. Masson (10), au moyen d'une roue métallique portant à sa circonférence des parties isolantes et des parties métalliques, introduites dans le circuit formé par une pile et une bobine électro-magnétique, cette roue servant à interrompre et à rétablir le courant électrique. Lorsque la vitesse de rotation de la roue est assez rapide, la contraction involontaire que l'on éprouve est si forte que l'expérimentateur ne peut abandonner le conducteur métallique qu'il tient à la main. La vitesse de rotation devenant considérable, la sensation et les secousses finissent par disparaître, probablement en raison de la production des courants induits qui annulent l'effet du courant principal.

Dans les expériences précédentes le courant traversait longitudinalement le nerf; mais si on le dirige dans l'épaisseur d'un tronc nerveux moteur, M. Longet (20) a reconnu qu'il n'y avait pas de contraction.

§ III. Action vottaïque sur les nerfs du mouvement el les nerfs du sentiment; nerfs spéciaux.

Nous avons dit précédemment que l'on s'était particulièrement attaché à étudier l'action du courant électrique sur les nerfs lombaires et sciatiques des animaux, nerfs qu'on appelle mixtes; les cordons qu'ils forment sont composés de filets qui président, les uns aux sensations, les autres aux mouvements, comme l'a découvert Charles Lebel en 1811. Cette découverte, mise en évidence par Magendie, puis étudiée par Millier, sur les fonctions différentes des

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