‹ Résume ́de l'histoire de l'électricité et du magnétisme, et des applications de ces sciences à la chimie, aux sciences naturelles et aux artsChapitre 87 sur 103 · chapitre xr. 2J · texte numérisé non relu

chapitre xr. 2J

faisceaux tic la moelle épinière et des nerfs raehidiens, a conduit MM. Matteucci et Longet (Si) à rechercher si la loi obteiwre à

Tégard des nerfs mixtes avait lieu également sur les parties du système nerveux dont l'action est exclusivement motrice; ces recherches ont été particulièrement dirigées sur les racines spinales antérieures et sur les faisceaux correspondants de la moelle épi*

nière, en employant successivement le courant direct et le murant inverse.

MM. Matteueei et Longet mit reconnu que l:i contraction des muscles correspondant à la racine antérieure a lira d'abord confusément au commencement et à la lin du courant, quel que soit le sens du courant; mais qu'après un certain temps les effets déclinent nets et durables, et les contractions n'ont plus lieu cpfau <■ mmencement du courant .inverse et à l'interruption du courant direct. Ces effets, qui sont opposés à ceux que l'on obtient avec les nerfe mixtes, ont été constatés sur le cheval, le lapin et là grenouille. Les faisceaux latéraux agissent avec les courants direct ei inverse^ comme les faisceaux antérieurs, en produisant toutefois des secousses convulsives moins persistantes et moins énergiques. Ces expériences, sur lesquelles nous ne pouvons nous étendre davantage, ont donné les moyens au physiologiste de distinguer les nerfs du mouvement de ceux du sentiment.

Or, si avec un certain degré d*excitabililé, les nerfs mixtes n'excitent les contractions musculaires qu'au commencement du courant direct, et à l'interruption du courant inverse, et si les nerfe exclusivement moteurs ne les produisent qu'à l'interruption du premier et au commencement du second , ce sont là des conséquences importantes pour la physiologie (ï~2).

Suivant le Hot et Marianini (23),chei un animal vivant, les signes de doulew se manifestent au moment où le courant direct cesse, ou bien quand le courant inverse commence; M. Matteucci a avancé que dans la première période, la douleur a lieu en fermant et en ouvrant le circuit, et que les phénomènes observes par le Hot et Marianini n'ont lieu que dans la seconde, c'est-à-dire lorsque le courant a circulé pendant quelques instants.

M. Longet, au lieu d'opérer sur des grenouilles et des lapins, chez lesquels les indices de sensibilité sont difficiles à établir, a pris des chiens et des chats, qui expriment vivement leurs sensations douloureuses; il a reconnu que la douleur se manifeste au début des courants direct et inverse , à l'interruption du courant

inverse seulement, et jamais à l'interruption du courant direct, ce circuit étant fermé pendant les premiers moments du passage continu de l'un ou de l'autre courant.

Volta (24) a démontré le premier qu'en excitant le nerf optique avec un courant électrique, on éprouve une sensation lumineuse; en dirigeant le courant transversalement d'une oreille à l'autre , on entend un sifflement , un bruit saccadé, qui persiste tant que le circuit reste fermé (2b). Le courant dirigé dans les fosses nasales produit, selon quelques observateurs, une odeur phosphorée ou d'autres sensations olfactives. D'un autre côté, l'expérience de Sulzer, rapportée page -23, fait connaître la sensation produite sur la langue par l'action du courant.

L'influence de l'électricité sur les diverses parties de l'encéphale des chiens, des chats, etc , est nulle dans la substance blanche des hémisphères cérébraux et sur les deux substances du cervelet, quel que soit le sens du courant pour mettre en jeu la contraction musculaire involontaire et pour développer des secousses convulsives(26). Il n'en est pas de même des tubercules quadrijumeaux ou bijumeaux : les pédoncules cérébraux sont affectés par le courant ; il en résulte, au contraire, des mouvements convulsifs dans le tronc, les membres.

Les faits que nous venons d'énumérer, touchant l'action exercée par l'électricité sur les nerfs, montrent combien cette action est puissante et variée, et de quel secours elle peut être pour l'étude des phénomènes physiologiques et la pratique médicale.

§ IV. Action chimique de l'électricité sur l'organisme.

Grapengiesser avait reconnu que les conducteurs d'un appareil voltaïque étant appliqués sur la peau dénudée, il en résultait une sécrétion plus abondante de sérosité; si la peau était simplement mouillée, il se formait assez promptement une escarre.

M. de Humboldt (27) a également observé des effets remarquables : en se faisant appliquer deux vésicatoires sur les épaules, il fit couvrir l'une des plaies avec une plaque d'argent, l'autre avec une plaque de zinc, les deux plaques en relation avec un fil d'argent ; il provoqua par ce moyen un nouvel écoulement d'humeur, accompagné d'une cuisson très-douloureuse. Il fit ouvrir les deux vésicules pour en faire sortir la sérosité : l'humeur qui en sortit, au lieu d'être blanche, était d'un rouge vif. Cette expérience fut répétée

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