‹ Resume de l'histoire des JesuitesChapitre 32 sur 35 · IX · texte numérisé non relu

IX

Jésus dit à Pierre : Remette votre épée dans le fourreau, et ayant touché l'oreille de cet homme , il ie guérit. Jean XYIII, 11. (Luc XXII, 5i.)

Ne faites pas périr par votre manger celui pour qui Jésus- Christ est mort. Prenez donc garde de ne pas exposer aux

3l4 NOTES*

PROPOSITIONS CONDAMNÉES

foi des fidèles, et y entretenir des divisions pour des choses qui ne blessent ni la foi ni les mœurs.

Les vérités sont devenues comme une langue étrangère à la plupart des chrétiens ; et la manière de les prêcher est comme un langage inconnu, tant elle est éloignée de la simplicité des Apôtres , et au-dessus de la portée du commun des fidèles ; et on ne fait pas réflexion que ce déchet est une des marques les plus sensibles de la vieillesse de l'Église 9 et de la colère de Dieu sur ses enfants.

Dieu permet que toutes les puissances soient contraires aux Prédicateurs de la vérité, afin que la victoire ne puisse être attribuée qu'à sa grâce.

XCVIÏ.

Il n'arrive que trop souvent que les membres le plus saintement et le plus étroitement unis à l'Eglise sont regardés et traités comme indignes d'y être, ou comme en étant déjà séparés. Mais le

ÉCRITURE ET TRADITION

très. Ils changent en une altière domination une charge qui est toute d'humilité. S. Grég* , hom. 17 sur les Evang.

L'Eglise étant tombée danà ces derniers jours comme dans une vieillesse caduque , ne pourra plus engendrer des enfants spirituels par la prédication... Ce n'est pas qu'après ces jours de débilité et de vieillesse, elle ne reprenne à la fin des temps une vigueur et une force nouvelle par la prédication efficace et puissante de la parole de Dieu. S.

Grèg.s liv. XIX de ses MoraL?

Il faut gémir de la misère et de l'erreur de notre siècle, où l'on croit que Dieu a besoin de la protection des hommes , et on recherche la puissance du siècle pour défendre FEglise de Jésus-Christ. Maintenant hélas ! l'Eglise menace d'exils et de prisons, et veut se faire croire par force , etc. S. Hilalre, Traité contre A axence»

TEXTES DE NOUVEAU-TESTAMENT

médisances des hommes le bien dont nous jouissons. Rom, XIV, i5, 16.

Je parlerai à ce peuple en des langues étrangères et inconnues, et après cela même ils ne m'entendront point , dit le Seigneur. I Cor, XIV, 21.

Ils émurent donc contre Paul et Barnabé le peuple et les magistrats de la ville. Act, XVII, 8.

Dans les derniers temps, l'E- C'est cette pierre, que vous ,

glise sera publiquement expo- architectes , avez rejetée , qui

sée aux railleries et aux outra- a été faite la principale pierre

ges des méchants; et l'iniquité de l'angle. Act. IV , 11. étant arrivée à son comble, la foi tournera à honte et la vérité à crime. En effet on sera

5l6 NOTES.

PROPOSITIONS CONDAMNÉES

juste vit de la foi, et non pas de l'opinion des hommes.

L'état d'être persécuté et de souffrir comme un hérétique, un méchant , un impie, est ordinairement la dernière épreuve et la plus méritoire, comme celle qui donne plus de conformité à Jésus- Christ.

L'entêtement, îa prévention, l'obstination à ne vouloir ni rien examiner, ni reconnaître qu'on s'est trompé, changent tous les jours en odeur de mort à l'égard de bien des gens ce que Dieu a mis dans son Eglise pour y être une odeur de vie , comme les bons livres, les instructions, les saints exemples, etc.

ÉCRITURE ET TRADITION

alors d'autant plus méprisé, que Ton sera plus juste, et l'on deviendra un sujet d'abomination, à proportion que l'on sera dans la vérité plus digne de louange. S. Grèg., Moral, sur Job.) liv. XX, chap. xvm.

Un chrétien ne manque jamais d'être persécuté comme Jésus-Christ ; mais ce qu'il y a déplus déplorable, c'est que, dans ce temps malheureux , ce sont des chrétiens mêmes qui persécutent Jésus - Christ..., Hélas 1 Seigneur , ceux - là sont jles plus ardents persécuteurs de vos serviteurs, qui occupent dans votre Eglise les premières places et les dignités les plus éminentes , etc. S.

Bern., Serm. de la Conv, de S.

Paul, n. 3.

O temps, ô mœurs , ô siècle de fer, où l'or est changé en écume; temps où les pierres du sanctuaire sont renversées dans les places publiques; où tel est le peuple , tel est le prêtre I Lesévêques, qui devraient conduire les âmes à Dieu , s'appliquent maintenant à chercher les moyens pour les éloigner du service de Dieu. Hélas 1 où en est réduit Pépiscopat, puisque ceux qui sont établis pour éclairer le monde par le ministère de la parole s'attachent principalement à aveugler les hommes par les

TEXTES DU NOUVEAU-TESTAMENT

Je vous assure, dit Jésus , qu'il faut encore qu'on voie s'accomplir ce qui est écrit de moi : Il a été mis au rang des scélérats. Luc. XXII, 07.

Nous sommes devant Dieu la bonne odeur de Jésus-Christ, soit à l'égard de ceux qui se sauvent , soit à l'égard de ceux qui se perdent: aux uns, une odeur de mort qui les fait mourir ; aux autres, une odeur de vie qui les fait vivre. II , Cor.

II, i5, 16.

NOTES* PROPOSITIONS CONDAMNEES

Temps déplorable , où on croit honorer Dieu en persécutant la vérité et ses disciples! Ce temps est venu... Être regardé et traité par ceux qui en sont les ministres , de la Religion, comme un impie , indigne de tout commerce avec Dieu, comme un membre pourri , capable de tout corrompre dans la Société des Saints, c'est pour les personnes pieuses une mort plus terrible que celle du corps. En vain an se flatte de la pureté de ses intentions et d'un zèle de Religion en poursuivant des gens de bien à feu et à sang, si on est ou aveuglé par sa propre passion , ou emporté par celle des autres , faute de vouloir bien examiner. On croit souvent sacrifier à Dieu un impie , et on sacrifie au Diable un serviteur de Dieu.

Rien n'est plus contraire à l'esprit de Dieu et à la doctrine de Jésus-Christ que de rendre communs les serments dans l'Église, parceque c'est multiplier les occasions des parjures , dresser des pièges aux faibles et aux ignorants, et faire quelquefois servir le nom et la vérité de Dieu aux desseins des méchants.

ÉCBITUBE ET TRADITION.'

ténèbres des dogmes pervers.

S. Pierre Damien } opusc, XV 3 chap. III.

Qu'on ne s'étonne pas si ce Pape s'élève avec tant de véhémence contre un Evèque dont la sainteté fut si hautement reconnue depuis. 11 est facile qu'en des contestations et des procès toutes sortes de personnes se trompent. Et c'est aussi ce qui arriva à S.

Léon, lorsqu'il parla avec tant d'aigreur contre S. Hilaire.

Qui ne sait qu'il arrive souvent qu'on remplit les oreilles des Papes de fausses accusations et de rapports propres à les surprendre ; et qu'ils persécutent un innocent , lorsqu'ils pensent ne rien faire que de juste? Baronius, sur l'an 464.

TEXTES DU IS'OCTEAU-TESTÀMEST,

Ils vous chasseront des synagogues , et le temps va venir que quinconque vous fera mourir croira faire un sacrifice à Dieu. Jean XVI , 2.

Ne jurez jamais; si vous ne jurez jamais, jamais vous ne ferez de faux serments. Si vous craignez de faire de faux serments, ne jurez jamais. Interdisez-vous les serments, quittez cette habitude de jurer : car il est toujours dangereux de jurer. L'habitude de jurer fait qu'on contracte l'habitude de se parjurer. L'usage fréquent des serments conduit l'homme au parjure. Dans les œuvres de S. Bernard, t. II , p, £543 chap» xxxu.

Et moi je vous dis que vous ne juriez point du tout... mais contentez-vous de dire , cela est , ou cela n'est pas. Ce qui est de plus vient du m al. Matth.

À ces causes , après avoir reçu, tant de vive voix que par écrit, les suffrages des susdits Cardinaux et de plusieurs autres Théologiens, et après avoir ardemment imploré le secours du Ciel, par des prières particulières que nous avons faites, et par des prières publiques que nous avons ordonnées à cette intention , nous déclarons par la présente Constitution, qui doit avoir son effet à perpétuité, que nous condamnons et réprouvons, toutes et chacune , les propositions "ci-dessus rapportées, comme étant respectivement fausses , captieuses , malsonnantes, capables de blesser les oreilles pieuses, scandaleuses, pernicieuses, téméraires, injurieuses à l'Eglise et à ses usages ; outrageantes , non seulement pour elle, mais pour les puissances séculières; séditieuses, impies, blasphématoires, suspectes d'hérésie, sentant l'hérésie, favorables aux hérétiques, aux hérésies, et au schisme; erronées, approchantes de l'hérésie et souvent condamnées; enfin comme hérétiques, et comme renouvelant diverses hérésies, principalement celles qui sont contenues dans les fameuses propositions de Jansénius, prises dans le sens auquel elles ont été condamnées.

Nous défendons à tous les Fidèles de l'un et de

l'autre sexe, de penser, d'enseigner ou de parler sur les dites propositions autrement qu'il n'est porté dans cette Constitution ; en sorte que quiconque enseignerait, soutiendrait ou mettrait au jour ces propositions, ou quelques unes d'entre elles, soit conjointement, soit séparément , ou qui en traiterait, même par manière de dispute, en public ou en particulier , si ce n'est peut-être pour les combattre, encoure ipso facto, et sans qu'il soit besoin d'autre déclaration , les censures ecclésiastiques et les autres peines portées de droit contre

ceux qui font de semblables choses

Pour toutes ces raisons , en vertu de l'autorité apostolique, nous défendons de nouveau par ces présentes et condamnons derechef ledit livre, sous quelque titre et en quelque langue qu'il ait été imprimé , de quelque édition et en quelque version qu'il ait paru ou qu'il puisse paraître dans la suite (ce qu'à Dieu ne plaise). Nous le condamnons comme étant très capable de séduire les âmes simples par des paroles pleines de douceur et par des bénédictions, ainsi que s'exprime l'Apôtre, c'est-àdire par les apparences d'une instruction remplie de piété. Condamnons pareillement tous les autres livres ou libelles, soit manuscrits, soit imprimés,

ou (ce qu'à Dieu ne plaise) qui pourraient s'imprimer dans la suite pour la défense dudit livre. Nous défendons à tous les fidèles de les lire, de les copier, de les retenir et d'en faire usage , sous peine d'excommunication , qui sera encourue ipso facto par les contrevenants.

Nous ordonnons de plus à nos vénérables Frères i les Patriarches, Archevêques, Évêques, et autres ordinaires des lieux, comme aussi aux Inquisiteurs de l'hérésie, de réprimer et de contraindre par les censures , par les peines susdites et par tous les autres remèdes de droit et de fait , ceux qui ne voudraient pas obéir ; et même d'implorer pour cela, s'il est besoin, le secours du bras séculier.

Voulons aussi que même foi soit ajoutée aux copies des présentes, même imprimées, pourvu qu'elles soient signées de la main d'un notaire public, et scellées du sceau de quelque personne constituée en dignité ecclésiastique , que celle que l'on aurait à l'original, s'il était montré et représenté.

Que personne donc ne se donne la licence d'enfreindre en aucune manière les déclaration, condamnation, ordonnance, et défense que dessus, et n'ait la témérité de s'y opposer. Que si quelqu'un ose commettre cet attentat , qu'il sache qu'il encourra

notes. 5a3

l'indignation du Dieu tout-puissant, et des bienheureux Apôtres saint Pierre et saint Paul.

Donné à Rome, à Sainte-Marie Majeure, Pan de l'incarnation de notre Seigneur 1713, le 8 septembre, et de notre pontificat le treizième.

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