‹ Resume de l'histoire des JesuitesChapitre 7 sur 35 · SACRUM · texte numérisé non relu

SACRUM

QuumHenricus, christianissimus FrancorumetNavarrorumRex,bono reipublicae natus,intercsetera victoriarum exempla, quibus tàm de tyrannide hispanicâ quàm de ejus factione prîscam regni hujus majestatem justis ultus est armis, etiam hanc urbem et reliquas regni hujus penè omnes recepisset, et, deniquè, felicitate ejus intestinorum Francise nominis hostium furorem provocante, Johanes Pétri filius Castellus, ab illis submissus, sacrum régis caput cultro petere ausus esset praesentiore temeritate quam feiiciore sceieris successu ; ob eam rem, ex amplissimo ordinis consulto , vin»

80, KÉSUMÉ DE L'HISTOIRE

dicta perduellione, dirutâ Pétri Castelli domo, in qua Johannes ejus filius inexpiabile nefas desigoatum patri communicaverat , in areâ aequatâ hoc perenne monumentum e rectum est , in menioriam ejus diei 5 in quo sseculi félicitas inter vota et nietus urbis , îiberatorem regni , fondatoremque pubîicae quietis à temeratoris infando iocœpto, regni autem bujus opes attritas ab extremo interitu vindicavit; pulso, praetereà, totâ Galliâ hominum génère novae ac maleficse superstitionis , qui rempubîicam turbabant ? quorum instinctu piacularis âdolescens dirum facinus iostituerat.

Extinction pestiferse factionis Hispanicae ; incolumitate ejus et vindicta parricidii laeti, majestati ejus devotiss.

Duplex potestas ista fatorum fuît , Gallis saluti quod foret Gailis dare , Saryare Gallis quod dédissent optimum.

C'est-à-dire :

<i Lorsque Henri très chrétien , roi des » Français et des Navarrois , né pour le bon- » heur de la France , vainqueur de la tyrannfe » espagnole et de sa ligue, s'était rendu mai- »tre de cette ville et de presque toutes celles »du royaume, ses victoires provoquèrent la «fureur des habitants de la France, ennemis v »du nom français. Jean , fils de Pierre Ghas- » tel , un de leurs agents \ osa \ avec plus d'au- » dace que de succès , attenter à la personne 0 sacrée du Roi , en la frappant d'un coup de » couteau. C'est pour venger ce crime de lèse- » majesté que la Cour du Parlement ordonna »la démolition de la maison de Pierre Chas- » tel , où son fils Jean avait communiqué à » son père l'attentat ineffaçable qu'il projetait; «et que sur le sol de cette maison rasée se- » rait érigé ce monument durable en la mé- )) moire de ce jour où la prospérité publique »fut compromise, où les habitants de cette

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» ville furent partagés entre la crainte et les- «pérance par l'horrible attentat que ce scélérat eut la témérité d'entreprendre contre le «libérateur du royaume et le fondateur de la » paix générale ; en mémoire de ce jour où «fut préservé ce que la France possédait de » plus cher, où cette Cour purgea le royaume » de cette race d'hommes nouveaux, connus «parleurs superstitions et par leur perversité, » et qui avaient inspiré à ce jeune homme un » crime aussi horrible.

»Le sénat et le peuple parisien,

»Très dévoués à Sa Majesté, à l'extermi- » nateur de la faction pestiférée de l'Espagne , « à l'heureuse conservation des jours du Roi, » à la punition du parricide.

» Le destin signale envers nous sa double «puissance; il donne d'abord, puis il con- » serve à la France ce qui peut assurer sa pro- » spérité» »

Tandis que les enfants de Loyola , espérant ramener la guerre civile en France , y mettent en pratique leurs saintes théories , on les voit dignement secondés par leurs Confrères dans les pays étrangers.

Ces Pères, si zélés en apparence pour la pureté de la foi , adoptaient une morale singulièrement relâchée pour ce qui regarde la pureté des mœurs. On publie en Allemagne , vers 1570 (i) , qu'ils font venir chez, eux des femmes travesties en hommes. L'une d'entre elles est mise en prison , et avoue que depuis cinq années elle entretient avec nos Religieux un commerce plus charnel que spirituel.

Dans les Pays-Bas , ayant entrepris inutilement la conversion d'une jeune fille qui professait la religion réformée , ils la dénoncent au tribunal de l'inquisition. Cette infortunée est prise à Bruxelles, où, après le

(i) Histoire des Religieux de la Compagnie de Jésus, liv. VIII, chap. xxxv, t. IV, pag. 254, în-12, 1740.

jugement rendu parla Compagnie même ?

on la condamne à mort. Les Jésuites ont la cruauté de la faire enterrer toute vivante (1).

En i58o et i58i, trois Confrères sont pendus en Angleterre pour avoir conspiré contre la reine Elisabeth (2).

En i58a, on attente à la vie du prince d'Orange. Jean Jaureguy, auteur de ce crime, se laisse convaincre par un Jésuite , que sitôt quil aura fait le coup , soudain sera porté en paradis par les anges „ qui lui ont jà retenu sa place près Jésus-Christ 3 au-dessus de la vierge Marie (3).

En 1 583 , Guillaume Crichton , Jésuite , sollicite Robert de Bruce, gentilhomme écossais, d'assassiner ou de fournir de l'argent

(1) Dénonciation des crimes et attentats des soidisant Jésuites , pag.*85 , in-12 , 1762.

(2) DeThou, Histoire universelle, liv. LXXIV, t. VI, pag. 124.

(3) Pierre de PEstoile , Journal de Henri III , t. J, pag. 35i, in-12 , 1744.

pour faire assassiner Jean de Metelan , chan-

celier d'Ecosse. Bruce , ayant rejeté avec horreur Tune et l'autre proposition , le Jésuite le fait arrêter à Bruxelles. Après quatorze mois de prison , l'innocence du gentilhomme est enfin reconnue ; mais il ne peut avoir aucun recours contre son accusateur, dont la calomnie reste impunie (i).

En 1 584 ? Guillaume de Nassau , prince d'Orange , est assassiné à Delft par Balthazar Gérard , qui lui tire un coup de pistolet chargé de trois balles. Ce prince expire aussitôt. Le scélérat avoue (2) que depuis six années il médite ce forfait abominable; qu'il y renonça néanmoins pendant quelque temps ; mais qu'ayant par hasard lié à Trêves connaissance avec un Jésuite , celui-ci , après quelques confidences réciproques, le con-

(1) . Etienne Pasquier, Catéchisme des Jésuites } liv. III , chap. 11 7 pag. 336 , in-i 8 , 1677.

(2) De Thou , Histoire universelle , liv. LXXIX h t. VI , pag. 38o, in-4° , 174^-

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firma dans sa pensée première. Balthazar ajoute qu'il fut excité à cet exécrable dessein par trois autres Jésuites de la même ville , et déclare que si le prince vivait il le tuerait encore , dût-il souffrir mille tortures. Les Jésuites des Pays-Bas ont honoré comme un saint ce misérable fanatique.

En 1 5g3 , le P. Criton , Jésuite , forme une conspiration contre le roi d'Écosse. Plusieurs membres de la Compagnie colportent le projet pour le faire signer. La trame est découverte , et tous les catholiques portent la peine de la fureur ambitieuse de ces Pères (i).

En 1 598 , on arrête à Leyde Pierre Panne , qui veut attenter à la vie de Maurice, Fils du prince d'Orange» Ce forcené déclare (2) qu'il n'a formé ce dessein qu'à la persuasion des Jésuites 9 et parceque ces PèreS lui di-

(1) Discours aux grands de la Pologne, pag. 5o , in-8°, 1726.

(2) De Thou, Hist. univers., liv. CXXI, t. IX, pag, 198 , in-4° , 1740

rent qu'une telle action serait d'un grand mérite devant Dieu et devant les hommes. Que le recteur du Collège de Douay lui fit de grandes promesses ; qu'il en reçut même de l'argent , et que c'est immédiatement après les exhortations de ce Jésuite qu'il se confessa et communia pour se préparer.

Panne est condamné à mort , et sa sentence publiée partout, à la honte delà Compagnie.

En 1601 , Elisabeth, reine d'Angleterre, ayant appris que ses jours étaient menacés par le poignard des Jésuites , fait proclamer un édit qui les expulse de son royaume, avec défense d'y remettre le pied s'ils ne veulent s'exposer à la peine capitale (1).

En 1604 5 saint Charles Borromée les chasse du Collège de Braida, dans le diocèse de Milan , pour des crimes que la pudeur nous empêche de rappeler (2).

(1) De Thou, ubi supra, liv. CXXVI, t. IX, pag. 454.

(2) Histoire des Religieux de la Compagnie de Jésus, liv. YI , chap* xxxvi et suiv. , t. III , pag. 254 etsuiv,

En i6o5, la Compagnie allume une guerre sanglante entre les Russes et les Polonais , à l'occasion de la mort de Démétrius i fils et héritier de l'empire du czar Iwan-Basilowitz. Un faux Démétrius se présente , qui, appuyé par les intrigues et le crédit de ces Pères , lève une armée de dix mille Polonais , et parvient à détrôner Boritz, grand -duc de Moscovie. Il se fait couronner. Afin que rien ne manque à la cérémonie , un Jésuite se charge du panégyrique de l'imposteur. Cependant les largesses dont il comble les Confrères font ouvrir les yeux aux plus simples : la fourberie s'étant montrée dans toute son évidence, une conjuration magnanime délivre la Russie du faux Démétrius et de ses dangereux protecteurs (ï).

En 1606 9 la conspiration des poudres est découverte. Les conjurés avaient miné la salle où le parlement d'Angleterre tient ses

(1) De Thon , ubi supra 7 liv. CXXXV, t, X , pag. /|f> et suiv.

séances , et se proposaient de faire périr d'un seul coup le Roi et tous les membres qui siégeraient avec lui. Deux Jésuites , Oldecorne et Garnet , sont pendus comme complices de cette pieuse tentative (1).

La même année , le sénat de Venise, par un décret solennel du 10 juin, rendu sur les procès-verbaux de différentes accusations intentées contre les Jésuites , les bannit à perpétuité des terres de la république, sans qu'ils puissent jamais être rétablis que du consentement de tout le sénat. Par un autre décret du 18 août suivant, le conseil des Dix défend à toutes personnes , de quelque condition et de quelque état qu'elles soient, de recevoir des lettres d'aucun Jésuite , et tout commence avec eux est interdit sous peine de galères , d'exil et d'amende.

Un historien , faisant la description de ce qui se passa lors de la retraite des Pères ,

(1) De Thon , ubi supra, liv, GXXXV , t. X, pag. 57 et suiv.

go MÉSUMÉ DE L'HISTOIRE

remarque (i) qu'ils avaient caché dans la ville les vases et les ornements précieux de l'Eglise , ainsi que les meilleurs meubles de la maison. Tout le jour suivant 5 ajoute-t-il, on vit encore le reste du feu où ils avaient brûlé une multitude incroyable de papiers. Ils laissèrent aussi un assez grand nombre de creusets à fondre des métaux. Les creusets firent grand bruit dans la ville, et scandalisèrent même le peu de partisans qu'ils avaient encore. Le P. Poissevin écrivit sur cela une lettre qui courut dans le public. Il criait à la calomnie , et disait que ces creusets , où l'on prétendait faussement que les Jésuites avaient fondu de l'or , n'étaient que des formes pour façonner leurs bonnets et les tenir en état.

L'ambassadeur de France à Venise, rendant compte à Henri IV de cette affaire, dit

(i) Fra-Paolo, Histoire du démêlé du pape Paul V avec la République de Venise , liv. II, t. I, pag. 109, traduct. française , in-12, 1759.

DES JÉSUITES. gi

qu'à Padoue et à Bresse, où ils n'avaient pas eu le temps de brûler leurs écrits, on y avait trouvé des Mémoires plus appartenant à la monarchie du monde quau royaume des deux (1). Il est effectivement avéré par ces mémoires, ajouîe-t-il (2), que les Jésuites employaient la plupart de leurs confessions à s'enquérir des facultés d'un chacun , et de l'humeur et manière de vivre des principaux personnages des villes où ils habitent. Ils en tenaient un registre si exact, qu'ils connaissaient les forces, les moyens et les dispositions de tout cet état en général , et de chaque famille en particulier.

Ces mémoires, et les formes où les Jésuites façonnaient leurs bonnets , firent si sérieusement réfléchir la république, que , malgré tous les efforts de la Société, malgré les instances réitérées des Papes et de quelques

(1) Extrait des lettres de Philippe Canaje , imprimé à la suite du Démêlé de Paul V, etc. , t. II , pag. 5o6.

(2) Ibid, , pag. 507,

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