‹ Résumé de l'histoire des Juifs anciensChapitre 18 sur 38 · JAL · texte numérisé non relu

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la dédicace du temple. Le tabernacle et

l’arche y furent transportésavecun appa-

reil presque divin ; des milliers de victi-

mes rougirent de leur sang ce sanctuaire

où les marbres de Paros réfléchissaient

l'or d'Ophir. Dieu lui-même méla ses

miracles aux pompes humaines. Un

nuage odoriférant obscurcit l'enceinte sacrée; le feu du ciel consuma les holo-

caustes. Quelque temps après, Dieu ap-

parut à Salomon et lui dit: «Jai accepté » la demeure que vous m'avez bâtie à Jé-

» rusalem ; si, dans ma colérecontre mon » peuple, je lui envoie quelques fléaux » pour punir ses fautes, je pardonnerai

» à ceux qui seront animés d’un repen- » tir sincère et qui viendront m'invo-

» quer dans mon temple. Pour vous que

» J'ai fait roi, si vous êtes fidèle, la cou-

» ronne ne sortira pas de votre maison;

» mais si Vous violez mes lois, si vous

» et mon peuple adorez des idoles, j'en-

» lèverai à Israël la terre qu'il possède; ;

» j'exposerai les Juifs rebelles à la ri-

» sée de toutes les nations; ils dévien-

» dront la fable de l’univers; mon tem-

»ple même sera renversé, détruit et

DES JUIFS ANCIENS. 195 » pillé, et les nations apprendront par- » là mes bienfaits pour mon peuple, son » ingratitude et mes vengeances. »

Le Seigneur avait un temple, mais le roi n'avait point de palais, car la demeure de David n’était plus en harmonie avec la puissance et la splendeur d’Israél. A la voix de Salomon s’éleverent deux monumens destinés à l'habitation du roi et à celle de a reine; le dernier s’appela la maison du Liban. Les produits les plus précieux de tous les chimats concoururent a l’ornement de ces deux édifices. Muis Salomon ne se contenta point d'élever un temple ét de bâtir des palais, il ambitionna une gloire plus utile et moins commune : il fonda plusieurs villes, aunombre desquetles était Palmyre, donton admireencore les ruines. Divers peuples devinrent sés tributaires ; son empire s’étendait de V'Euphrate à la Mer-Rouge , que dominaient plusieurs villes conquises et fortifiées par David. Ses flottes, unies à celles du roi de Tyr, allaïènt éhércher sur les côtes de l'Afrique le riché’tribut des mines d’or et d'argent que recélaient ces

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contrées. La puissance et la gloire de Salomon s’éteidaient au-delà des frontières deson royaume. Animée du désir de connaître ce grand roi, la reine de Saba (dans l’Arabie-Heureuse)se rendit à Jérusalem, vit le roi d'Israël au milieu de son peuple, admira ses ouvrages merveilleux et sa sagesse plus merveilleuse encore, reconnut que la renommée, en célébrant le bonheur et l'éclat de ce règne, était au-dessous de la vérité, et se retira avec des présens plus magnifiques encore que ceux qu’elle avait offerts à Salomon. Elle emporta surtout le souvenir du spectacle majestueux que présente un roi juste et bon à Ja tête. d’une nation puissante et fortunée. La Judée doit à cette reine la plante connue sous le .nom de baume, qui se naturalisa et fleurit sur le territoire de Jéricho.

Tout ce que l'Écriture rapporte de l’opulence de Salomon et d'Israël étonne l'imagination, Le roi siégeait sur un trône d’ivoire.et d’or ; toute sa vaisselle était de Por, ke plus pur; il fallait tous les jours pour sa maison lente mesures de fleur de farine, et soixante de farine

ordinaire, trente bœufs, cent moutons, outre les cerfs, les chevreuils , et toutes sortes de volailles, etc... Il y avait dans ses écuries quarante mille chevaux d’attelage et douze mille chevaux de main.

a population était immense ; tous les citoyens vivaient dans l'abondance et dans la joie. Chacun demeurait sans crainte sous sa vigne et sous son figuier.

L'argent était devenu si commun qu on n’en ds pas plus de cas que des pierres et du plomb.

L’excès du luxe et de la prospérité mème devint l’écueil de la vertu de Salomon. Son cœur s’abandonna au dérèglement des passions. Sept cents femmes et trois cents concubines partage rent son lit, Ces désordres, réprouvés par la loi d'Israël, l’entraînèrent à l’ido- Htrie. Les dieux de ses maîtresses devinrent ses dieux ; il oublia le Dieu de

son père; il sacrifa à des divinités étran- | gères et leur bâtit des temples. Chamos,

dieu de l’ivroguerie, obtint ses honteux hommages. Le Seigneur, pour l'amour de David, ne se vengea pas des crimes de Salomon sur Salomon lui-même ; mais

il lui annonça qu’après sa mort ke royaume se diviserait, et que son fils ne régnerait que sur deux tribus. |

Les yeux de Salomon , en se fermant, entrevirent l'acconplibéentéhe des menaces divines. Il put reconnaître que le:

vengeur suscité par Dieu serait Jéroboam. Cet homme avait déjà, par ses grandes qualités, attiré l'attention ét mérité la faveur du roi. Sortant un jour de Jérusalem, il rencontra dans la campagne le prophète Ahias. Celui-ci déchira son manteau en douze parts, et en donna dix à Jéroboam, lui déclarant au nom de Dieu que le royaume serait ainsi divisé, et que dix des tribus d'Israël le reconnaîtraient pour roi. Cette prophétie exposa Jéroboam aux poursuites de Salomon; mais il se réfugia en Ég gypte, et biéntôt le roi mourut, après un règne de quarante ans, laissant à son fils Roboam lécpiation des crimes qui avaient déshonoré sa vieillesse,

Le temps, qui a détruit le temple et les palais de Jérusalem , a respecté d’autres monumens de la piété et de la sagesse de Salomon. Les livres qu'il a com-

put

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posés sont immortels comme les Saintes-

Écritures dont ils font partie. La morale pieuse du jeune Salomon respire dans les Proverbes ei dans l'E celésiaste. Le Cantique des Cantiques est une esptce d'épithalame religieux en l'honneur de son mariage avec la fille du roi d’ Égypte.

Les lumières de son esprit, émanées

du Ciel, attestaient cette divine origine par leur étendue et par leur éclat. Les questions les plus obscures n'avaient point de ténèbres pour lui. Sa science

embrassa tous les phénomènes du monde

physiqueet du monde moral. Il traita des propriétés de tous les arbres et de toutes

les plantes, depuis le cèdre jusqu’à Thysope; il fit la description des ani-

maux du globe, des oiseaux, des reptiles et des poissons, mais ce traité complet d'histoire naturelle n’est point parvenu jusqu’à nous. Il composa également, dit encore l'Écriture, 1005 cantiques et 3000 fables ou paraboles, dont il ne nous reste plus rien.

Une personne très versée dans la connaissance de la langue et la littérature hébraiques, et qu’il n'appartient pas à

130 RÉSUMÉ DE L'HISTOIRE l’auteur de ce Résumé de louer ici, puis qu'il parle de son père, s occupe d’un ouvrage dans lequel elle cherche à prouver que les Proverbes de Salomon ne sont autre chose que les affabulations des paraboles qu'avait composées ce prince, et qui se sont perdues; et que les fables attribuées à Lockman, à Pilpay, à Ésope, poètes dont l'existence est si douteuse et entourée de tant de nuages, sont de simples traductions des fables de Salomon, que les Juifs, transportésenChaldée parles rois de Babylone, auraient rendues populaires dans tout l'Orient. Ce qui donne un grand poids aux argumens de l’auteur, c’est qu'il relate dans son ouvrage les fables attribuées à Lockman, à Pilpay ,à Ésope, en les accompagnant ne d'un proverbe de Salomon, qui en forme parfaitement l’'affabulation, ou le sens moral.

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