JÉROBOAM, NADAB, BAAZA, ELA, ZAMRI; AMRI, ACHAS, OCHOSIAS , JORAM
SALOMON n'était plus. La crise qui devait déchirer le royaume d'Israël et faire deux peuples d’une même nation , se décida à Sichem. Roboam, fils dé Salomon et de Naama, y vint demander la couronne aux tribus rassemblées. Mais avant de le saluer roi, les tribus se
plaignirent avec amertume des impôts.
onéreux que le faste de Salomon avait fait peser sur Israël. Elles réclamèrent de son fils un gouvernement plus équitable.
Sourd aux conseils de la modération et
de la sagesse, excité par de jeunes favoris aussi présomptueux et aussi imprudens que lui, Roboam ne répondit que par d’insolentes menaces. « Le plus petit de mes doigts, dit-il, est plus gros que » le corps de mon père. Salomon vous a y imposé un joug très pesant , et moi je » le rendrai plus pesant encore; il yous » a châtiés avec des verges, et moi je » vous châtierai avec des fouets armés » de pointes de fer. » Ce langage excita une indignation générale. Jéroboam, qui, au bruit de la mort de Salomon, avait quitté la terre d’exil, sut habilement profiter de cette “ARE des espr its. |
Une rébellion presqu’unanime réalisa la prophétie d’Ahias. Les seules tribus de Juda et de Ben] jamin restèrent fidèles à la postérité de David. Les dix autres se déclarèrent indépendantes , et choisirent Jéroboam pour roi.
De retour à Jérusalem, Roboam prit les armes pour aller Hbier les rebelles; mais la voix du prophète Séméias arrêta une entreprise que Dieu réprouvait, et qu'il eût fait échouer. Telle fut
LA
DES JUIFS ANCIENS: 133 l’origine du schisme qui divisa la grande famille de Jacob, Il causa et précipita des malheurs qui vinrent confondre les deux ‘ royaumes dans une ruine commune. La tribu de Juda donna son nom au royaume de Roboam, dont le siése fut à Jérusalem. Les dix tribus réfractaires for- mérent le royaume d'Israël, qui. eut d’abord Sichem, puis Thersa pour capitale. k
La crainte de perdre une couronne usurpée fit bientôt oublier à Jéroboam qu'il la devait au Seigneur. Le royaume d'Israël n'avait pas de temple, et les pélerinages à Jérusalem auraient pu rendre des sujets repentans au petit-fils de David. Jéroboam ne voulut plus d’un Dieu qui résidait dans la ville de Juda.
Il érigea des veaux d’or, l’un à Béthel, l’autre à Dan. L’idolâtrie eut des autels sur les hauts-lieux. Les enfans de Lévi furent dépossédés des droits de la sacrificature. Jéroboam lui-même usurpa la dignité de grand-prètre, et les fêtes solennelles de Béthel allaient rivaliser avec les solennités de Jérusalem.
Dieu fit justice de ces profauations.
| n34 RESUME DE L'HISTOIRE Au moment où Jéroboam allait offrir de ses mains un premier sacrifice aux idoles, un prophète parut qui s’écria :
« Autel, autel, voici ce que dit le Sei- » gneur; iUnara un prince de la maison » de David, qui égorgera sur toi les » prêtres qui t’encensent : et, pour » preuve, ajouta-t-il, que c’est le Sei- » gnéur qui à parlé, cet autel va se » briser à vos yeux » Jéroboam, furieux , étend la main pour faire arrêter le prophète, mais sa main sesèche, il ne peut plus la retirer, et l’autel se brise.
Le roi consterné alors, implore la piué de l’homme de Dieu, et sa main est guérie. L’homme de Dieu se relire ; mais en chemin il est dévoré par un lion pour avoir désobéi au Seigneur en mangeant ét en buvant malgré la défense formelle qu’un ange lui en avait faite.
Jéroboam ne se servit de la main dont l'usage lui avait été rendu , que pour offrir aux idoles un encens sacrilége.
Ahias, qui naguère lui avait annoncé sa grandeur, lui prédit son châtiment.
Trembiant pour les jours de son fils Abia, le roi envoya secrètement sa
DES JUIFS ANCIENS. 13 femme à Silo, pour consulter le prophète. Ahias reconnut la femme de Jéroboam, bien qu’elle se fût déguisée.
Il lui reprocha les crimes et lin gratitude de son mari, lui annonça la mort de son fils et la ruine de sa maison. La mort du jeune Abia commença l’accomplissement de ces prophéties terribles, Jéroboam pleura son fils, et mérita de plus en plus la colère du Seigneur.
Cependant la puissance de Roboam s'était accrue. Les lévites, persécutés par le roi d'Israël, étaient venus chercher un äsile auprès de son rival. Quinze villes bâties ou fortifiées, une armée nombreuse, le culte de Dieu en honneur, semblaient faire revivre les premières années du règne de Salomon. Mais ce prince avait laissé de funestes exemples que son fils se hâta d’imiter. L'idolâtrie s’assit sur le trône à côté de Roboam, et bientôt Dieu vengea sa majesté méconnue et outragée. À la tête d’une armée innombrable , Sésac, roi d'Égypte, marche contre le royaume de Juda..Il entre en vainqueur dans Jérusalem, pille le temple et le palais du roi, etse
ra)
136 RÉSUMÉ DE L'HISTOIRE retire chargé de dépouilles magnifiques.
Roboam, qui, par son repentir et son
humiliation , avait fléchi le ciel et con-
juré son entiére ruine , retomba bientôt dans tous les crimes de l’apostasie. Esclave de ses passions, il obéit à sonamour
pour la reine Maacha en relevant les.
idoles. Après de longs et inutiles efforts pour renverser le trône illégitime de Jéroboam, il mourut dans la trentedeuxième année de son âge, et la dixseptième de son rêgne.
Abiam , son fils, qu’il avait lui-même désigné pour son successeur, hérita du royaume de Juda. Une victoire complète remportée sur Jéroboam , signala
le commencement de son règne, et at-.
testa la protection de Dieu. Surpris et enveloppé par les troupes du roi d’Israël , Abiam semblait dévoué à une perte certaine; mais il se confia en Dieu, et Dieu le sauva. Les soldats de Jéroboam prirent la fuite au lieu de combattre. La plupart furent exterminés. Le règne d’Abiam, qui ne dura que trois ans, fut trop long pour sa gloire. Ce prince trous ya le temps d’imiter son pére.
DES JUIFS ANCIENS. 137 “Jéroboam , pour qui les leçons du malheur furent stériles, mourut à-peu-près en même temps que le roi de Juda. Attaqué, depuis sa défaite, d’une maladie dé langueur, il s'était aétoëté son fils Nadab , pour lui mieux assurer l'héritage d'Israël. Digne émule de Roboam : l avaitrégné vingt ans. Il servit sans doute dans les mains de Dieu, et à par les crimes de Salomon sur sa race, et à chàtier les enfans d'Israël, pour avoir pris deux rois lorsqu’ ils € en avaient trop d’un mauvais. ie sh et Asa succéda, frbn jeune encore, à son
père Abiam , et resta dix années sous la |
tutelle de Mach son aïeule, qui prit soin de‘fortifier les villes de Juda et de rassembler trois cent mille hommes de guerre. Cette sage prévoyance le mit en état de résister à Zara ,'quand il envahit
son royaume à la tête d’un million d'É-
thiopiens. Il marcha à sa rencontre, le
poursuivit jusqu'aux confins de la Pales-
tine, et revint chargé de ses dépouilles.
Ce succès, regardé comme miraculeux
et attribué au Seigneur, devint funéste
à Maacha. Le vainqueur, à son retour,
retira de ses mains une autorité dont elle
s’était utilement servie pour le repos et la prospérité du peuple, mais dont elle
‘avait abusé , en substituant au culte du vrai Dieu re culte infâme de Priape.
Cette idole fut brûlée près du torrent de Cédron , et la religion sainte rétablie.
Il fallut ensuite soutenir une autre
guerre, Baaza s'était emparé du trône d’Israel en tuant Nadab, qui, dans un règne de deux années, avait surpassé son père Jéroboam en impiété, sans l'égaler en valeur. Tant qu’il ne fut pas ms dans son usurpation, il ne fit qu’essayer ses armes contre, le roi de Juda. Enfin il parut sur la frontière avec. une puissante armée, dans le dessein d'entourer
Rama d’une muraille, et. d'empêcher
ainsi toute communicationentre les deux peuples. Asa, pour le forcer à rentrer
.dans son royaume, détermine par .des
présens Ben-Hadad, roi de Syrie, à y faire une incursion.: Ce moyen, qui réussit, lui attira de la part du prophète Ho le reproche de n'avoir pas placé toute sa confiance dans le Seigneur. Offensé de ces remontrances, il fit mettre
DES JUIFS ANCIENS. 139 le prophète en prison, et punit de mort tous ceux d’entre le peuple qui osèrent prendre sa défense. Dans la suite, cruel-
lement tourmenté de la goutte, il aima .
mieux recourir à l’art des médecins qu’à la prière, et mourut dans son endurcissement. - Baaza, non moins impie, avait péri . Presque subitement en ordonnant lesupplice de Jéhu, fils d'Hanani, qui avait osé lui prédire la ruine de sa postérité.
Peu de temps après, son fils Ela fut massacré dans un festin, et un an s’était à peine écoulé que toute sa race avait diparu. Zamri , qui en était le meurtrier, assiégé dans son palais de Thersa, périt dans, les flammes avec toute sa famille, après avoir été roi d'Israël durant sept jours. Amri ou Homri se para du même titre, dès qu’il se fut débarrassé de ce premier rival; mais on n’a point compris dans la durée de son règne quatre années de guerre civile. Si l’on ne comptait ainsi pour tous les rois que lesannées où leurs peuples ont élé paisibles et heu-
reux, combien de régnes seraient courts!
Amri établit l’idolâtrie par son exemple
140 RÉSUMÉ DE L'HISTOIRE | et par des lois. 11 fut le fondateur de Samarie,qui devint la capitale d'Israël.
En 907, Achab, fils d’Amri, lui succéda. Il épousa Jézabel, fille d’Ithobal , roi de Sidon , et introduisit chez les Israélites le culte de Baal, auquel il fit bâtir un temple , appelant ainsi sur lui et sur eux la malédiction du Ciel. Le prophète Élie, du pays de Galaad , vient annoncer au roi qu’il ne tombera ‘ni pluie ni rosée jusqu'a ce que le Seigneur en ait autrement ordonné par sa bouche; puis il se retire sur les bords du torrent de Carith, où il est nourri de la pâture que lui apportent les corbeaux.
De là il se rendit à Sarepta, ville des Sidoniens, chez une veuve dont il ressuscita le fils, miracle inoui avant ce prophète. Achab et Jézabel ne pouvant découvrir sa retraite, firent retomber leur vengeance sur les autres prophètes et les immolèrent par hécatombes. Tout-à-coup Élie se présente au roi, et lui dit : « Faites rassembler surle-champ tous les Israélites sur le. ‘» mont Carmel; si Baal ; à la voix de » ses prêtres, consume la victime sur
» l'autel que nous avons dressé , Que sa » divinité soit reconnue! si le D oh que » j’adoreaccorde ce miracle à ma prière, » ne rendez hommage qu’à lui. » Les faux prophètes invoquèrent inutilement leur idole par des cris,ellene lesentendit pas, et c’est à la voix d’Élie que l’autel et la victime furent consumés. Les acclamations du peuple saluèrent ce miracle; les quatre cent cinquante prétres de Baal furent égorgés près du torrent de Cisson, et dés que le sang eut coulé, une pie abondante se répandit ‘sur la terre. Obligé de fuir de nouveau la colère de Jéabe le saint prophète va se cacher dans un her de l'Arabie, et, accablé de fatigue, il s’éendort sous un ( Su « Levez-vous et mangez, lui » dit un ange du Seigneur. » Il se ré-
veille. et voit près ae Sa tête un pain et
de l’eau. Il poursuit sä route vers le mont Horeb, où il parvient après quarante ‘jours, quoiqu'il ne fût éloigné que de quarante lieues. Là, le Seigneur se manifeste à lui däns une caverne > et lui ordonne d'aller donnèr Fonction à Jéhu, destiné à régner sur Israël. Il rencontre
s 142 RÉSUMÉ DE L'HISTOIRE en chemin Elisée qui labourait, jette.
sur lui son manteau, et lui ordonne de le suivre pour le servir et le remplacer.
Quoique maudit de Jéhovah, Achab remporta une victoire cali tante contre Ben-Hadad et trente-deux rois ses alliés.
L’ayant forcé par une autre victoire à se mettre à sa discrétion, il lui fit grâce de la vie et lui accorda la paix. Cette conduite, généreuse aux yeux des hommes, irrita le Seigneur, qui prédit à Achab, par la bouche d’un de ses prophètes, que sa vie répondrait pour celle de Ben-Hadad, et son peuple pour le peuple de Syrie. Bientôt un véritable crime attira sur sa tête une malédiction plus; juste. ! Naboth, possesseur d’une petite vigne voisine d un palais d'Achab , n'avait pas voulu la lui céder, parce qu’elle était l’héritage de son père. Il fut condamné à mort par des juges iniques vendus à Jézabel,.et le roi s'empara de
sa vigne. Elie se présente aux coupables.
« Entendez, leur dit-il, la menace de y Dieu : J’exterminerai la maison d’A- » chab comme celles de Jéroboam et » de Baaza. Les chiens dans le champ de