‹ Résumé de l'histoire des Juifs anciensChapitre 29 sur 38 · ROYAUTÉ RÉTABLIE · texte numérisé non relu

ROYAUTÉ RÉTABLIE

ARISTOBULE ÎeT.; ALEXANDRE JANNÉE:

ALEXANDRA5 HYRCAN [T5 ARISTOBULE IT; PRISE DE JÉRUSALEM PAR POMPÉE ; ANTIGONE ; HÉRODE FAIT ROI PAR LES ROMAINS. pi

ArISTORULE, en qualité d’aîné, suc- “céda à son père dans la souveraine sacrificature et dans la principauté temporelle. Dès qu’il se vit bien affermi, il prit le diadème et le titre de roi que personne n’avait encore porté depuis la captivité de Babylone. Sa mère manifestait des prétentions au gouvernement ; il la fit mettre en prison et mourir de faim. Il priva également de leur liberté tous ses frères ? à l'exception d’Antigone, qu’il s’associa à l'empire.

IL fit la guerre aux Ituréens, les soumit, et leur donna l'alternative ou de se faire circoncire, ou de quitter leur pays.

Ils préférérent le judaïsme à l’exil. L’Iturée ‘faisait partie de la CéléSÿrie, au nord-est de la frontière d’Israél, entre l'héritage de la demi-tribu de Manassé au-delà du Jourdain, et le territoire de Damas. Le nom d'Iturée lui venait d'Itur, un des fils d’Ismaël : c’est le même pays qu'on désigne quelquefois sous le nom d'Aurauite.

Rappelé à Jérusalem par une maladie, Aristobule avait laissé le commandement de l’armée à son frere Antigone; ce jéune prince, au retour de cette expédition, fut victime d’une machination ourdie par la reine pour le perdre.

Trompé par de fausses apparences et par les perfides insinuations de son épouse , Aristobule prononça un arrêt de mort qui fut aussitôt exécuté. Il ne tarda pas

à se reprocher ce crime, il eut horreur

de lui-même, perdit la santé et mourut d’un vomissement de sang.

Aristobule aimait beaucoup les Grecs, et on l'avait surnommé le Philheliène. À

DES JUIFS ANCIENS. 297 peine fut-il mort que Salomé, sa femme, fit sortir de prison ses trois frères.

lexandre Jannée, qui était le plus âgé, fut couronné roi, malgré l’opposition de celui qui le suivait dans l’ordre de la naissance. Ce malheureux fut aussitôt mis à mort; Alexandre donna toute son amitié à Absalon, son autre frère, dont le caractère exempt d’ambition se contentait des douceurs de la vie privée.

La ville de Ptolémaïde, profitant des troubles de la Syrie, avait secoué le joug de ce royaume pour s’ériger en république. Alexandre entreprend la conquête de’ cette place; il soutient une guerre de trois ans contre Piolémée-Lathyre, roi de Chypre, venu au secours de Ptolémaïde. La reine d'Égypte, Cléopâtre, mére et ennemie de ce prince, s'allie au roi juif, et prend Ptolémaïde après un long siége. Alexandre, tout rempli de ses projets d'agrandissement, s'empare de plusieurs villes et recule les frontières de la Judée. Entr’autres places, il réduisit Gaza, dont il ne fit qu'un monceau de ruines, par ressentiment contre”

Vis

208 RÉSUMÉ DE L'HISTOIRE les habitans qui s'étaient défendus avec un courage héroïque.

Pendant l’absence d'Alexandre, les Pharisiens avaient mis le temps à profit.

Ils pardonnaient d’autant moins au fils linjure qu’ils avaient reçue du père, qu'Alexandre avait suivi l'exemple d'Hyrcan, et traité cette secte orgueilleuse avec une défaveur constante. De retour à Jérusalem, il éprouva jusqu’à quel point elle avait excité contre lui les passions populaires. |

À la fête des tabernacles, pendant qu'il était dans le temple, et qu'il offrait à l’autel des holocaustes le sacrifice solennel, tout-à-coup le peuple lui jette à la tête les cédrats que chacun apporte avec soi au temple pendant cette fête.

Mille voix l’accablent en même temps d’injures, et l’appellent esclave : ce reproche était une suite de l'accusation d'Éléazar. Le prince irrité commande à ses gardes de charger le peuple, se met à leur tête et préside à cette sanglante exécution : plus de mille personnes sont égorgées. Malgré le dévouement que lui avaient témoigné ses gardes en celte cir-

. constance, Alexandre , ne se fiant plus même à eux, prit à sa solde un corps de six mille étrangers, venus de la Pisidie et de la Cilicie, auxquels il confia sa personne. Se reéposant sur ces mesures de vigueur , il se remit en campagne, et marcha contre les Arabes. Les succès qu’il obtint d’abord furent suivis d’un grand revers : presque toute son armée fut taillée en pièces. À cette nouvelle, toul le parti des Pharisiens se révolte; une guerre civile s'allume en Judée.

Alexandre, vainqueur dans toutes les

rencontres, men propose pas moins un accommodement aux rebelles : ils sy refusent, et appellent à leur secours Démétrius Euchère, roi de Syrie. Cette guerre civile, devenue aussi une guerre étrangère, dura six ans avec fureur, Une victoire décisive, remportée près de Béthom par Alexandre et les Saducéens, termina la lutte. Le vainqueur ne mit point de modération dans son triomphe :

huit cents des rebelles s'étaient réfugiés dans la ville de Béthom; ils y furent pris, On les conduisit à Jérusalem, et on les crucifia tous à la fois, pendant

qu’on égorgeait sous leurs yeux leurs enfans et leurs femmes. L’exécution eut lieu sous les fenêtres du palais du roi:

assis à table au milieu de ses courtisans

et de ces concubines, il assista du regard à ce massacre.

Alexandre, libre d’ennemis intérieurs, tourna de nouveau ses armes contre les Arabes ; il reprit plusieurs places frontières dont ils s'étaient emparés pendant la guerre civile, et étendit ses conquêtes au-delà du Jourdain. De retour à Jérusalem , il fit des excès de table qui le con-

duisirent au tombeau. Il laissa deux fils, Hyrcan et Aristobule. Mais il remit les

rénes du gouvernement à sa femme

Alexandra. Cette princesse, craignant de

nouveaux orages, Convoque aussitôt les chefs des Pharisiens, et leur déclare qu'elle veut se conduire par leurs conseils. Aussitôt leur haine pour Alexandre se change en regrets; un concert d’é-

loges s’élève en l’honneur du roi défunt,

le peuple, dont les Pharisiens disposent, les imite. Après avoir fait à son époux de magnifiques funérailles, Alexandra se hâte d’élever à la dignité de grand-

Se ee CRE re 1

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DES JUIFS ANCIENS. 3ot prêtre, Hyrcan, son fils aîné. Devenus maitres des affaires, les Pharisiens révoquent aussitôt le décret qui avait aboli leurs constitutions. Ils ajoutent de nouveaux règlemens à leur code de superstitions et d'impostures ; ils en exigent l’observation rigoureuse ; et la loi écrite n’a plus qu'une ombre d'autorité.

Les Pharisiens tirent de prison tous ceux que l'attachement à leur doctrine y avait fait mettre, et rappellent tous les exilés de leur secte. Selon l’usage des partis vainqueurs , ils exigèrent bientôt des représailles et des vengeances. Diogene, principal ministre du dernier roi, fut sacrifié à leur haine; sa mort fut comme le signal d’une violente persécuüon contre les Saducéens. Quelques

chefs de la secte opprimée s’assemblent, et vont trouver la reine, ayant à leur tête Aristobule, son second fils. Alexandra, touchée de leurs plaintes, appuyées par le jeune prince, leur permet de se réfugier dans plusieurs places-fortes du royaume el leur en confie la garde. Cette concession prépara les projets ambitieux d’Aristobule, |

Alexandra, si elle compromit par sa lâche faiblesse le repos de la Judée, la fit du moins respecter des nations voi-

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