‹ Résumé de l'histoire des Juifs anciensChapitre 32 sur 38 · SURNOMMÉ LE GRAND · texte numérisé non relu

SURNOMMÉ LE GRAND

40. Dès qu'Hérodeeut remis le pied sur le sol de la Judée, son premier soin fut de délivrer sa mère, sa sœur, ét Mariam , sa fiancée, assiégées par Antigone dans Massada. Il enrôla sous'ses drapeaux tous ceux qui se présentérent à lui, tant Juifs qu'étrangers, et joignant à ces levées quelques troupes que lui fournirent Ventidius, gouverneur de Syrie, et Silon, son lieutenant, il prit presque toutes les places de la Galilée.

Il marcha ensuite sur Massada , que l’ennemi abandonna à son approche, et vint camper avec Silon devant les murs de Jérusalem; mais cet auxiliaire lui de

DES JUIFS ANCIENS. Sie

vint plus nuisible qu’utile. Ce Romain, qui trompait à-la-fois Hérode et Antigone, mesurait son dévouement à l’argent qu'il extorquait des deux partis.

Par les mutineries qu'il excita secrètement dans l’armée d'Hérode, il fit échouer le siége de Jérusalem, qui se termina par le pillage de Jéricho.

Silon fit prendre à ses troupes des quartiers d'hiver dans l’Idumée, la province de Samarie et la Galilée. Hérode

retint les siennes en campagne; il enleva

à Antigone les places qu'il conservait

encore dans la Galilée, et purgea ensuite la province des bandits qui Pinfestaient encore. Leurs troupes nombreuses s’élaient réunies en corps de bataille ; Férode les extermina. Antoine lui envoya, pour terminer la guerre contre Antigone, un secours de deux légions et de mille chevaux , sous les ordres du général romain Machéras. Antigone tâche de corrompre ce chef. Celui-ci feint d’accepter ses offres, et s'approche des murailles de Jérusalem; mais Antigone, se défiant de lui, l’accueille par une décharge de pierres et de flèches. Le Ro-

314 RÉSUMÉ DE L'HISTOIRE main, furieux d’avoir été ainsi joué, fait main-basse, en se retirant , sur tous les Juifs, amisou ennemis, quiserencontrent sur son passage. Hérode le menace de porter ses plaintes à Antoine; Machéras parvient à l'apaiser, et se réconcilie avec ce prince, qui, laissant auprès de lui son frère Joseph, part avec ses troupes, va joindre Antoine au siége de Samosate , et l’aide à emporter cette place. Pendant son absence, Joseph, au mépris des instructions qu'il avait reçues, s’avance contre Jéricho avec ses troupes et cinq cohortes romaines; mais il tombe dans une embuscade, et périt avec la plupart des siens. Cette défaite amena le soulèvement de la Galilée et de l’Idumée. À cette nouvelle, Hérode hâte son retour à la tête de deux légions que lui fournit Antoine, et étouffe promptement l'insurrection. Il n’est pas aussi heureux devant Jéricho qu'il assiége. Battu par Antigone, et blessé dans l’action, il reprend bientôt sa revanche sur Pappus, l’un des meilleurs généraux ennemis : il le bat complètement, et taille en pièces la plus grande parte

DES JUIFS ANCIENS. 319 de ses troupes; Pappus lui-même est tué. | * Hérode ouvrit la campagne suivante par le siége de Jérusalem. Pendant qu’on s’occupait des premiers travaux , il se rendit à Samarie, où il consomma son mariage avec Mariam. Il pensa qu’en épousant cette petite-fille d’Aristobule et d'Hyrcan Al, il gagnerait de nouveaux droits à l'affection des Juifs, toujours attachés à la famille des princes Asmonéens. IL retourna bientôt devant Jérusalem. Antoine lui envoya onze légions et six mille chevaux, sous les ordres de Sosius. On pressa le siége avec la plus grande vigueur, mais ce ne fut qu’au bout de six mois que la ville fut prise, à la suite d’un assaut général. Les soldats romains veulent piller le temple; Hérode s’y oppose, et rachète le pillage, mais il ne peut sauver la ville du carnage et de la dévastation. Antigone vint se jeter aux pieds de Sosius, qui l’insulta et le fit conduire enchaîné à Antoine.

Hérode obtint le jugement de ce malheureux prince. Il fut condamné à mort et décapité à Antioche, après avoir été

battu de verges par les licteurs. Ainsi finit la puissance des princes Asmonéens.

Hérode avait alors à s’affer:nir sur son trône. Il fallut se défaire de tous les membres du parti contraire, dont il avait le plus à redouter le crédit et l’activité.

De ce nombre furent tous les membres du sanhédrin, à l'exception de Hillel et de Shammaï, qui, pendant le siége, n’avaient cessé d'engager le peuple à reconnaître la royauté d’Hérode. Hillel, que Josèphe nomme Pollion, fut un de plus célèbres tanaim, ou actes de la Misna. Shammaï n’était ni moins illustre ni moins habile. Tous deux étaient Pha.

risiens.

Après la mort d’Antigone, Hérode conféra la souveraine sacrificature à un prêtre obscur, quoique de race ponuificale, nommé Ananel. Ce choix excita l’indignation d’Alexandra, mère d’Aristobule, beau-frère d'Hérode, jeune prince qui restait encore de la famille royale, et qui avait droit à la dignité de grand-sacrificateur, comme issu d’Alexandre Jannée, Hyrcan, malgré le généreux traitement qu'il recevait de

DES JUIFS ANCIENS. Ra Phr: at, roi des Parthes, venait de retourner à Jérusalem pour se mettre sous la protection d'Hérode, qui l’accueillit avec de grandes démonstrations d’amitié, et une joie réelle d’avoir en sa puissance un rival qui pouvait devenir dangercux. Les intrigues d’ Alexandra et les prières de Mariam', son épouse, qu'il aimait tendrement, le forcèrent bientôt de déposer Ananel, et de mettre à sa place Aristobule. Mais Alexandra n’était pas encore satisfaite; fière de l’amiuié que Cléopâtre avait pour elle, et comptant, par son entremise, sur la protection d'Antoine, ellé voulut donner à son fils la couronne à laquelle il n'avait pas moins de droits, disait-elle, qu'a là tiare pontificale. Hérode se hâta de prévenir les projets de cette femme ambiticuse. Après la fête des tabernacles, où la beauté d'Aristobale , dans le costume de grand-sacrificateur, avait produit une grande impression sur le.

peuple, Alexandra donna à son fils un repas à Jéricho : Hérode s'y trouvait, Quelques jeunes courtisans de sa suite se baiguèrent dans un lac voisin, et enga-

dre

gèrent Aristobule à les imiter, mais à peine est-il entré dans le lac, qu'ils le font plonger, comme en se jouant, et le tiennent sous l’eau jusqu'à ce qu'il étouffe. On fit passer ce meurtre pour

‘un accident. Hérode affecta une exces-

sive douleur, et fit faire au jeune prince de magnifiques funérailles.

Cléopâtre, cédant aux plaintes d’Alexandra, et surtout convoitant la Judée, fait citer Hérode à Laodicée, devant le triumvir. Il se rend à cet appel; mais par les séductions de son éloquence et de son or, il triomphe de l’équité de son juge; Antoine, par le don de la Célé-Syrie, apaise l’avidité de Cléopâtre. Avant de partir pour Laodicée, Hérode, incertain de son retour, avait laissé à Joseph, son oncle, l’ordre de faire périr Mariam, en cas qu’il vint luimême à perdre la vie. La jalousie et la crainte que sa femme ne passät dans les bras d'Antoine lui avaient arraché cet ordre cruel. Joseph fut indiscret. Mariam, saisie d'horreur, ne vit plus dans Hérode que son bourreau, et, dès ce moment, traita Salomé, sœur du prince,

DES JUIFS ANCIENS. 319 avec une sorte d’aversion. Celle-ci, pour

se venger, au retour de son frère, ac-

cuse la reine d’un commerce criminel

avec Joseph. Mariam, obligée de ré-

pondre, ajoute aux protestations de son innocence des plaintes sur l’ordre barbare d'Hérode. Hérode, persuadé qu’elle n’a pu acheter cette confidence qu'au prix de sa vertu, fait tuer sur-lechamp son oncle, et mettre en prison

Alexandra, comme la cause de tous ses

chagrins domestiques.

Antoine ordonne à Hérode de marcher contre Malchus, roi des Arabes, qui voulait se soustraire à un tribut qu’exigeait de lui la reine d'Égypte.

Après trois années d’une guerre mêlée de succès et de revers, Hérode détruit entièrement l’armée des Arabes, qui avaient profité, pour envahir la Judée, d’un tremblement de terre, le plus terrible qu’on y eùût jamais ressenti. Plus

de trente mille habitans avaient été:

écrasés sous les ruines de leurs maisons.

La bataille d’Actium vint changer la

face de l'Orient. Hérode n'avait aban-

donné Antoine qu’au dernier moment;

320 RÉSUMÉ DE L'EISTOIRE il avait conscillé à ce prince de faire mourir Cléopâtre , de s'emparer de ses états, de lever avec ses trésors une armée nouvelle, lui promettant à ce prix une itiotabie fidélité. Quand il vit ses conseils rejetés par l’aveugle obstination d'Antoine, il songea sérieusement à gagner la faveur d’Octave. Il résolut d’aller le trouver à Rhodes; mais comme les / Romains protégeaient la famille Asimonéenne, et que l’occasion était favorable de la replacer sur le trône dans la persoune d'Hyrcan, pour leur en ôter à-lafois la possibilité et le désir, il fait mousir ce vieillard de quatre-vingts ans, qu'il accuse d’un complot imaginaire.

Ceite précaution ne lui suffisant pas, il enferme Mariam et Alexandra dans le château d’'Alexandrion, sous la garde de ses deux ministres les plus dévoués, Josephet Sohème;ilenvoie sa mère, sa sœur Salomé et le reste de ses proches dans la forteresse de Massada, et part, laissant à son frère Phéroras larégence du royaume.

Arrivé en présence d’Auguste, au lieu de-s’humilier devant ce prince, et de lui 30. demander grâce, il expose les services

DÉS JUIFS ANCIENS. 321 qu'il a rendus à Antoine qui avait été son bienfaiteur;-il prie le vainqueur, devant lequel il avait déposé son diadême, de juger par-là de sa reconnaissance et de sa fidélité. Cette conduite ferme et courageuse toucha Auguste, qui Jui assura la possession de la Judée, et le fit confirmer par Île sénat dans sa royauté, Avant de partir, Hérode avait ordonné à Sohème ce qu'il avait déjà prescrit à son oncle lorsqu'il fut appelé à Laodicée : la mort de Mariam , en cas qu'il périt lui-même. Il avait alors un autre motif que la jalousie; il ne voulait pas que le sceptre rentrat dans la famille des Asmonéens, il voulait que son frère. lui succédât; aussi Alexandra devait-elle mourir avec sa fille. Sohème commit l’indiscrétion que l’oncle d’Hérode avait commise: le roi en fut instruit, et convaincu d’une infidélité nouvelle de son épouse, excité d’ailleurs par la haine que nourrissaient contre Mariam sa mère et sa sœur, il fait rendre contre elle une sentence de mort, et la fait exécuter, pour devenir presque aussitôt la proie des remords les plus déchirans.

Il tombe dans unetristesse profonde; une peste affreuse vient alors désoler la Judée et augmenter les angoisses d'Hérode; il se retire à Samarie où une maladie grave met en danger ses jours. À cette nouvelle, Alexandra tente de corrompre les gouverneurs des deux châteaux de Jérusalem, dont l’un dominait le temple, et l’autre la ville; elle se sert du prétexte spécieux de conserver le royau-

me aux enfans nés d'Hérode et de Ma-

riam; mais les deux gouverneurs sont inflexibles. Hérode est instruit : rendu à la santé, son premier soin est d’envoyer Alexandra au supplice.

Salomé, sœur d’Hérode, avait à se plaindre deson époux Costobare, gouverneur de l’Idumée : elle le répudia, chose inouïe, car la loi ne permettait cet acte qu’au mari. Non contente de cette séparation, elle voulut perdre Costobare, et

‘T’accusa de conspirer contre les jours du

roi; il n’y avait de vrai dans cette accusation, que la protection et l'asile secret qu’il avait accordés à une famille dévouée aux Asmonéens, et dont Hérode avait ordonné la destruction, lorsqu'il prit

DES JUIFS ANCIENS. 3923 Jérusalem : Costobare et les malheureux qu'il avait sauvés furent mis à mort.

Hérode, en politique habile, n’oubliait rien de ce qui pouvait lui conserver la protection d’Auguste : pour flatter la vanité de ce prince, il fit construire et décorer de superbes édifices la ville de Samarie, qu’il appela Sébaste (nom d’Auguste en grec), fonda Césarée sur les côtes de la Phénicie, construisit un théâtre à Jérusalem, et, hors des murs de la ville, un amphithéätre où il fit célébrer des jeux en l'honneur du prince romain. Ces innovations déplurent au peuple, comme incompatibles avec la religion. Dix fanatiques formèrent le projet d’assassiner Hérode : le complot fut découvert; les conjurés moururent dans les tourmens les plus cruels; mais celui qui avait dévoilé la conjuration fut mis en pièces par le peuple. Hérode sen-

tit alors la nécessité de fortifier les places

dont la situation lui semblait le plus propre à contenir les Juifs dans le devoir, Cependant il saisit bientôt une occasion de se rendre plus populaire. La Judée

fut affligée d’une famine, causée par la 25.

324 RÉSUMÉ DE L HISTOIRE sécheresse et suivie de la peste : Hérode fit fondre sa vaisselle d’or et d'argent; on en fabriqua de la monnaie qu’il ervoya en Egypte pour y acheter du blé; il fournit aussi #des vêtémens aux pauvres que la mortalité des bestiaux privait de laine.

Pour donner à Auguste une plus grande marque de son attachement, il envoya à Rome les deux fils qu’il avait eus de Mariam, Alexandre et Aristobule; et ces jeunes princes furent logés dans le palais même de l’empereur. Il fit construire à Jérusalem, sur la montagne de Sion, un magnifique palais, et donna aux deux principaux appartemens les noms d’Auguste et d'Agrippa. Il venait de prendre alors une nouvelle épouse; c'était une fille d’un simple prêtre, nommé Simon, dont l’éclatante beauté l'avait séduit ; ï donna la grande sacrificature à son beau-père.

Les princes Asmonéens avaient fait du temple une citadelle qui dominait toute la ville. Hérode y ajouta deux tours, et enveloppa toute l'enceinte de la montague sur laquelle le temple était situé

d'une muraille prodigieuse construite en pierres de taille. Après tant d'ouvrages destinés à rendre le temple inexpugnable, Hérode v’entreprit rien moins que de 1e reconstruire; lédifice, exhaussé d’un étage, fut. es à cent-vingt coudées de hauteur ; les parvis Een agrandis et toutes les parties du monument restaurées avec la plus grande magnificence. L'or, le marbre, les matières les plus précieuses furent à l’envi prodiguées. :

Térode cherchait en vain une do tion à ses chagrins domestiques; ses deux fils étaient revenus en Judée, et trois districts de la Trachonite avaient été ajoutés à son royaume par l’empereur, qui lui permettait de nommer pour son successeur celui des deux jeunes prin-

ces qu'il lui plairait de désigner. Mais Ja haine de Salomé, sa sœur, n’était pas encore éteinte, et poursuivait Mariam dans ses deux fils. De concert avec Antipater, fils qu'Hérode avait eu fort jeune d’une femme du peuple nom:

mée Dorothée, elle forme le projet de leur ruine; et cependant Aristobule

avait épousé Bérénice sa fille : Alexandre avait été marié à Glaphyra, fille

d’Archelaüs, roi de Cappadoce. Salomé

associe Phéroras à ses desseins; d’adroits émissaires excitent les deux princes à d'imprudentes plaintes sur le traitement cruel qu'Hérode à fait subir à leur mère.

Bientôt ils deviennent suspects et odieux au roi ; on Jui persuade enfin qu'ils ont résolu dè l’empoisonner. N’osantles condamner lui-même, il prend le-parti de les conduire à Aquilée, où se trouvait alors Auguste, et les accuse avec véhéimence devant l’empereur. Les jeunes princes né lui répondent que par leurs larmes; et Auguste, convaincu de leur innocence, se rend médiateur entre le père et les enfans. Mais cette réconcilia-

tion dura peu. De retour à Jérusalem,

Hérode désigne pour son successeur immédiat, Antipaier, et après lui ses deux autres fils. Peut-être la douleur qu'en ressentirent les deux princes ne fut-elle pas assez mesurée. De nouvelles accusations trouvent accès dans l'esprit d'Hérode; il fait émprisonner ses fils, et obtient d’Auguste la permission

DES JUIFS ANCIENS. 327 d'iustruire leur procès. Il plaide luimême contreux sans leur laisser la liberté de se défendre, et une sentence de mortest prononcée. [1 fait lapider par le peuple tous ceux de ses ofliciers qu’on lui a dénoncés comme leurs complices, puis il envoye les deux princes à Sébaste, où ils sont étranglés par son ordre. C’est ce fait qui donna lieu au mot d’Auguste :

qu'il valait mieux étre le pourceau d'Heérode que son fils.

Antipater, n'ayant plus d'autre rival au trône que son père, résolut d'y monter. IL forme avec Phéroras le projet d’empoisonner le roi. Phéroras ne voyait plus Hérode, qu’il avait offensé en refusant obstinément pour épouse une des filles du roi; une autre circonstance avait aigri leur querelle. Hérode exigea de la nation juive le serment de fidélité à Auguste; les Pharisiens, au nombre de plus de sept mille, refusèrent de prêter ce serment, alléguant leur loi qui leur défendait de le faire pour aucan prince qui ne füt pas Israélite. Hérode les condamna à une forie amende; et la femme de Phéroras, Pharisienne exaliée, paya

tbe

pour tous. Férode voulut forcer son frère de la répudier; il s’y refusa obstinément. L'entrée de la cour lui fut interdite; aussi adhéra-t-il avec joie au complot d'Antipater. Mais la mort vint le surprendre lui-mémeavant l'exécution de ce crime. Les révélations de quelques esclaves apprennent à Hérode la conjuration; la veuve de Phéroras est arrêtée; clle avoue tout; on arrête Antipater.

Convaincu devant Quintilius Varus, gouverneur de Syrie, d’avoir voulu attenter aux jours de son père, il est co: damné à mort par une sentence qui fut confirmée par Auguste et exécutée sans délai; Hérode ne pouvait trop se hâter»

car il mourut lui-même cinqjours après, dans sa soixarte-dixième année, d’une maladie,qui lui fitsouffrir des tourmens atroces.

#5 :Nonseulement la Judée fut, sous Héro- < tributairedes Romains, mais ce prince était personnellement sous leur dépendance. Il comparut devant Marc-Antoine pour aller répondre aux accusations d’Alexandra, dont il avait fait périr le fils; il comparut plus tard devant Auguste, sur

DES JUIFS ANCIENS. 329 les plaintes de Zénodore, que l’empereur avait dépouillé en sa faveur de trois districts de la Trachonite. Une troisième fois, il fut accusé auprès d’Auguste par Sillée, ministre d'Obodas, roi des Arabes : une révolte des habitans de la Trachonité avait été réprimée par les généraux d'Hérode; les ‘chefs de l’insurrection reçurent de Sillée un asile; Hérode les réclama, ainsi qu’une somme considérable que Sillée lui devait. Il éprouva un double refus, et entra en Arabie, après en avoir toutefois demandé la permission à Saturninus et à Volumnius, gouverneurs romains de la Syrie.

Cette incursion d'Hérode en Arabie motiva l’accusation de Sillée, et il ne fallut rien moins que l’éloquence du célèbre Nicolas de Damas, envoyé en ambassade, pour réhabiliter Hérode aux yeux de Fempereur. Enfin, dépendant de Rome même pour ses affaires domestiques, nous l'avons vu traîner jusqu’au pied du tribunal d’Auguste, une accusation portée par un père et par un roi conire ses propres dils.

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