PREFACE
Il n*est pas encore bien prouvé si cette école historique^ nouvellement créée, qui consiste à nous repaître des vaines images du passé, sans profit pourja société ni pour la morale, est préférable à l'école des Hume, des Voltaire, des Montesquieu, des Daru, des Villemain , des Guizot, qui, à une peinture moins microscopique des £ûts, joint les leçons, bien autrement précieuses, du philosopheet du moraliste. C'est à nos yeux un point encore douteux; mais ce que nous regardons comme hors de doute, c'est que la première manière d'écrire Thistoire, celle qui, à défaut de génie, ne demande chez l'historien qu'une sorte de patience puérile et une érudition de bénédictin, convient beaucoup
VI PB^FACS.
mieux à un siècle conteur et bavard, comme le nôtre, qui se jette à corps perdu dans les longs et minutieux récits du passé, avec cette curiosité futile, cet amour du commérage do* mestique et historique, qui semblerait appartenir à la décrépitude des nations comme à celle des individus.
Cependant quel que soit le discrédit réel jeté sur les choses vraiment serieuses à une époque où la prétention au grave et au sérieux est poussée néanmoins jusqu'au pédantisme, il est assez d*esprits qui protestent contre la direction fausse qu'on voudrait donner à notre temps ( et le succès des Résumés historiques en serait au besoin une preuve ) pour qu'une excursion dans ces champs de l'histoire philosophique, si richement explorés par tant d'hommes illustres, trouve encore quelques approbateurs. D'ailleurs, dans le sujet qui m'a occupé, le fond demandera grâce pour la forme; il s*agit des Juifs modernes ,
PEliFACB. yil
dont l'histoire est peu connue. Cette histoire n'existait pas ( car on ne peut donner ce nom au savant mais indigeste ouvrage de Basnage); il m'a fallu la rassembler dans beaucoup de matériaux épars, et peut-être mon travail offrirait-il cet attrait de curiosité si puissant de nos jours.
Peut-être aussi ai-je fait un livre utile. Il le sera certainement sous ce rapport que j'aurai prouvé aux Chrétiens fanatiques ( s'il en est encore ) ou aux Chrétiens peu éclairés ( ce qui est plus commun } que les Juifs sont non-seulement des hommes, mais des hommes utiles, actifs, d'une organisation distinguée, dignes de la liberté, et qui ont beaucoup fait pour elle, et aux Juifs, que si le temps leur assure de nouveaux droits , il leur impose aussi de nouveaux devoirs.
Comme je ne veux pas que Ion me
suppose une science que je n'ai pas ,
e dois déclarer ici que j'ai le malheur
d'ignorer riiébrcu, et que dans les
fil»
Jus o*
A«A iw**t!1 «lie **P„^. dt
sut
ces
cote»
leit^®'
qu
:oti