‹ Résumé de l'histoire des juifs modernesChapitre 3 sur 24 · RESUME · texte numérisé non relu

RESUME

DE L'HISTOtkË

p:DES JUIFS

V «Il

^ î^ PREMIÈRE ÉPOQUE.

7 ÉTAT DES JUIFS APHAs LA HUHTB DE JERUSALEXy

jusqu'aux sMPKRXuas CHAiriEjrs.

^^* ^:' Après la destruction de Jërusalem, les «;. Romains, qui abusaient de la victoire 1^ avec d'autant plus de violence qu'elle r leur avait plus coûte, vendirent tous les

I Juifs qui avaient ëchappé au massa-

. J cre, et les répandirent en Egypte, en .1 Jtalie, et dans toutes les autres parties %ié Fempire. Ces Juifs, ainsi que ceux qui restèrent, en assez grand nombre.

1 ni&VUi BK t*)bXST0lB!k

dans la Judée et h Jérnsàhun^ furent désignés sous le nom âe Juifs d'Ocd-^ dent, par opposition à ceux qui s'étaient / établis à Babylone, dans la Chaldée, ^ dans l'Assyrie et dans la Perse, et qu'on \ nomma Juifs d'Orient. Les chefs des Juifs de l'Occident, qui avaient leur ré-'-' sidence dans la Judée, prirent le titre/ de Patriarches; les chefs des Juifs d'O-^ rient s'appelèrent Pn/2<:« delà Captiçiià^ Les fonctions patriarcales n'étaient^ ni sans importance ni sans dignité. Le grand patriarche portait dans les édi ts des empereurs le titre à^Illustie {Oaris-simus'). Il percevait le tribut des synagogues; il en nommait les chefs; il avait le droit d'en ériger de nouvelles , avec l'autorisation de l'empereur, qu'on lui refusait rarement. A l'exception du droit de vie et de mort, il jouissait sur les Juifs d'une autorité suprome. Il était chef du Sanhédrin, et des deux fameuses académies de Tibérias et de Hydda. Le peuple le révérait comme le conservateur du culte et le flambeau de la religion.

Ce fut par un de ces patriarches.

BBS JUIFS HOOSaiTES. S

Juda le 32Înt, fils .de Siinéon, qui vécut sous trois empereurs (Antoniii le Vieux, Marc Aurèic et Commode}, <|ne fut composée la Misna ou seconde loi. C'est un code du droit civil et canonique des Jui& , qui donna à son auteur une renommée immense, et qui jouit parmi les Juifs de la plus haute vénération.

On n'est pas d'accord, ni sur le commencement, ni sur la durée de la dignité patriarcale. Selon les Juifs, elle ne commença que trente ans avant la naissance de Jésus-Christ, par HiUel le Babylonien, et finit par Juda, fils de Siméon III.

Le premier prince de ia captivité qui nous soit connu s'appelait Hiuia. (11 est inutile de faire remarquer la beauté poétique de cette dénomination.) Iluna était contemporain de Juda le Saint. Il gouvernait les Juifs de Babylone vers la fin du deuxième siècle. Du moment que cessa l'indépendance du gouvernement de la Judée, les Juifs de Babylone ethïs réfugiés d'Egypte, qui jusque là avaient reconnu la suprématie du

:''- . 4 HESUVK' DB^I/hXSTPIHR

sçuveraiû^ sacrificateur 2i Jëriisalem^f mirent à leur tête un chef particulier, issii delà maison de David. •

Les princes de la captivité étaient de véritables souverains, quant auxadfaires personnelles des Juifs* Leur pouvoir sVtendait sur tous les Juifs répandus dans l'Assyrie, dans la Chaldée et dans la Parthic. Ils conféraient l'ordination à fous les chefs des synagogues d'Orient, lis en percevaient les contributions nécessaires au soutien de leur dignité et à l'acquittement des tributs qu'exigeaient d'eux les rois de Perse.

Cette souveraineté' subsista jusqu'au onzième siècle, où elle s'éteignit. Les célèbres académies de l'Orient se fermèrent. Le peuple et les disciples se réfnf;ièrent en Occident, et particulièrement en France. Les princes de la captiWté ]>erdirent leur pouvoir parla désertion tles peuples et l'oppression des Infidèles.

Les plus fameuses des académies que fondèrent les princes de la captivité « furent celle de Nahardia, qui subsista depuis l'an i3o jusqu'à l'année 278 de Tore chrétienne j et celle de Sora, qui

DKS jum modkehes. 5

s'établit plu* tard. Ce fut de ces académies qae sortirent Jochanan et Rabbi Asé, doat le premier composa le Talmud de Jérusalem (corps de droit canonique et de tradition), deux cents ans environ après la destruction du Temple. Le second, aidé de Raba et d'Abay, se chargea, à Sora, l'an 5oo ou 5o2, de compiler le Talmud de Babylone, plus complet et plus estimé que le premier.

La destruction de Jérusalem augmenta considérablement la population juive, déjà nombreuse en Egypte. L'arrivée de ces fugitifs éveilla les craintes de Ycspasien. 11 ordonna au gouverneur de l'Egypte de fermer le temple qu'avait bâti Onias. Il s*ensuivit une révolte qui coûta la vie à des milliers de victimes.

Kien n'égale les vexations dont furent accablés les Juifs d'Egypte sous le règne de Domitien. Juifs et Chrétiens étaient traités du reste avec la m^me barbarie. Le désespoir produisait la révolte qui amenait de nouvelles tortures.

Les Juifs curent quelque relàclic sou&

6 il£SUJI£ DK L'HlSTOiaiL

Nerva ;<mais sousTrajan (l'an 1 1 5), ils se soulevèrent contre les £gyptiensl Après quelques avantages, ik furent obliges àfi s'enfuir à Alexandrie, où on les (égorgea pt^le-méle avec tous ceux de leu.r nation qui y demeuraient depuis de nombrcu-^ ses années. Il se fit entre les Romains et les Juifs une horrible réciprocité de massacres; et la Libye se trouva tellement dépeuplée, qu'Adrien plus tard fut oblige d'y envoyer une colonie pour rhabiter. *

Parmi plusieurs imposteurs quiappa* rurent en Judée, et se donnèrent pour le Messie, il faut distinguer Coziba, qui prit le nom de Barchochba (le fils de VEtoile) ^ vers l'an i33 de Jésus-Christ, seizième du règne d'Adrien. Coziba parvint à réunir une armée nombreuse; il se fît sacrer roi à Bilher, fit battre monnaie à son effigie, et se déclara. le sauveur d'Israël. Quand Adrien vit que cette révolte prenait un caractère redoutable, il fit venir d'Angleterre «Tulcs Se'vère, qu'il envoya contre les rebelles.

Jules Sévère n'osa les attaquer en pleine campagne; il leur fit une guerre

DES JUIFS HOBE&IfSS. 7

de détachemens, Jeur coupa les Tivres^ et pamnt enfin à mettrelesi^ge devant Bîthcr. La ville fut prise : leJUs del'E- UÂh fut tué. Une immense quantité de disciples placés dans les collèges qui se trouvaient en grand nombre dans la ville, furent liés avec leurs livres, et jetés ainsi dans le feu. Le célèbre docteur Âkiba, qui avait cru à la mission de Timposreur, fut écorchéavec un peigne de fer. Adrien fit battre des médailles en l'honneur de cette victoire.

Antonin traita les Juifs avec douceur. 11 révoqua la défense qui leur avait été faite de circoncire leurs enfans, et qui avait produit beaucoup de révoltes et d'émeutes. Marc-Aurcle ne les traita pas eu philosophe. Quelquesuns des Juifs de 1 Orient s'étaient joints aux Parthes, alors en guerre avec Rome. Après la défaite de Vologèse, leur roi, Marc Aurèlc porta la désolation parmi les Juifs de Babylone, de la Mésopotamie et de la Médio. Plus tard il punit crucllenient les Juifs de Syrie d'avoir aidé dans sa révolte Cassius, l'un de ses généraux, qui avait pris le

3 ! . BifeUMi IIK L*HISTOiaE ' V ,.:> ''■Êé

titre d'ompèreur de cette provi^^pfd * SooslesrègoesdeCommcklefde'Pe^r-C tinax etde Julien, il ne se passa rien de -^ remarquable pour les Juifs. Le règne de Sévère leur fut très-favorable. Ils avaient montré leur dévoûment à ce prince, en refusant leur assistance à Piscennius Niger, qui voulait se faire déclarer empereur de Judée ; aussi les combla-^t-il de ses faveurs. Loin de porter aucune atteinte à leur religion , il leur permit d'exercer les chatgcs de l'état, et même les fonctions de tutelle ii l'égard des Romains. £nGn ils furent reconnus citoyens de Rome. Caracalla ni.Macrinne changèrent rien à ces dis* positions bienveillantes. Héliogabale était circoncis lui-môme, et suivait plu-* sieurs des rites judaYqucs. Sous Alexandre Sévère, l'état âvs Juifs s'améliora encore, s'il était possible. Ce prince fut leur protecteur si déclaré, qu'on l'ap»pelait en plaisantant chef Je la Synagogue. Sous les règnes suivons, jusqu'à Constantin, ils continuèrent de jouir de la tolérante et du repos.

Les Juifs d'Orient ne furent pas

* DES JUiri vbOE&IIBS. 9

moins heureux soùs le règne du roi de Perse, Artaxerce, cènteraporain d'Alexandre Sévère. Ce prince aimait lès Juifs et surtout les rabbins. Son 61s Sapor les traita d'abord avec bonté ; mais la jalousie qu'ils inspirèrent aux Perses le força de les persécuter.

Ce fut à coite époque que vécut la fameuse reine de Paimyre, Zénobie, époused'Adénas, la captive d'Aurélien. Cette reine conquérante, qui s'illustra par l'énergie de son caractère et la force de son génie, était juive.

lO RÉSUMÉ DS Lr*mSTOIAE V

Page 1