DEUXIÈME ÉPOQUE
état des juifs sous les emperbubs cbrlétlbjisy jusqu'au quatrième siècle.
Les CbrëiienSi devenus puissans, oublièrent bientôt qu'ik avaient été persécutes, pour devenir persécuteurs. Constantin se signala h. iVgard des Juifs, par des éditsxruels et intotérans; défense fut faite à tout Chrétien de se faire Juif, et h tout Juif de recevoir son abjuration. Constance, son fils, les surchargea de taxes et d'impôts; il leur défendit, sous peine de mort, d'épouser des Chrétiennes, et leur interdit mt^me lenlrée de Jérusalem, leur antique capitale. Aussi, lorsqu'il fut obligé d*aller en Hongrie livrer bataille à Magnence, Jes Juifs d'Orient se joignirent-ils aux Perses pour attaquer Nisibe et Diorésarre, témoignant ainsi leur haine aux
Romains, qui opprimaient leurs frères, et leur reconnaissance aux Perses, qui les traitaient avec beaucoup de douceur et d'humanité.
Lerègne de Julien leur fut plusfavorable.Ce prince les déchargea des énormes taxes qui pesaient sur eux ; il leur permit de rebâtir le temple de Jérusalem, et l'ouvrage était déjà commencé, lorsque sa mort, dans son expédition contre les Perses , et Télévation au trône de Jovien , leur ennemi déclaré, arrêtèrent cette entreprise; mais Jo\den ne fit que passer sur le trône. Valens rétablit dans ses états une entière liberté de conscience. Ce prince et Valenlinien maintinrent les Juifs et leurs patriarches dans tous leurs privilèges, que confirma après eux Arcadius. Maxime, dans son règne passager, les protégea. II ordonna que leurs synagogues, qu'on avait brûlées à Rome, fussent rebâties.
Théodoso voulut maintenir cet édît, que lui fit révoquer le fanatique et fougueux saint Ambroisc.
ia R^UM^ DE L^HISTOIHE >
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La plupart des edits publiés par les empereurs dans le siècle précédent furent confirmés; mais le peuple, excité par le clergé, ne cessait de provoquer des persécutions nouvelles. A la fête d'Aman ou d'Esther, les Juifs avaient coutume d'élever un gibet et d'y attacher la figure d'Aman. Les Chrétiens voulurent reconnaître Jésus dans cette efBgie. On prétendit de plus qu'au même gibet les Juifs attachaient un enfant chrétien, et le fouettaient jusqu'à ce que mort s'ensuivît. Les Chrétiens de Constantinople s'armèrent, pillèrent les synagogues des Juifs et leurs maisons; ceux-ci repoussèrent la force par la force. Théodose II publia un édit sévère contre les agresseurs; mais le clergé eut assez d'empire pour le faire révoquer et pour obtenir la destitution du préfet du prétoire, qui avait conseillé cette mesure. Ce triomphe fut le signal de la persécution la plus violente. Les Chrétiens signalèrent leur zMo religieux
DES JUIFS MODKBNES. t3
par la rapine la plus efTrénée. Les maisons, les synagogues furent pilMes avec la ferveur la plus édifiante.
Le peu d'accord qui r<^gnait alors entre les diverses sectes chréliennes donna heureusement quelque repos aux Juifs.
Ils avaient le temps de respirer pendant que les dvéques s'appelaient entre eux , héréiiqueSf juifs f gentils et manichéens.
C'est sous le règne de Théodose II, Fan 4-^9, que la dignité de patriarche fut abolie.
Beaucoup d'évéqucs, qui pendant leur vie avaient persécuté les Juifs, firent après leur mort de grands miracles qui produisirent des persécutions nouvelles.
D'autres trouvèrent plus simple d'en faire de leur vivant; mais de tous ces miracles, le plus grand et le plus rccl fut la constance des Juifs, et ce principe deforceetde vie qui semblait les mettre h l'épreuve de l'anéantissement et de la destruction.
KMPIie D''oCClOE9iT (ciKQClJiMr. SIECLE).
Honorius, qui gouvernait Tempiro d'Occident, publia un édit qui fait bon-
l4 RÉSUMÉ DE l'hISTOIHZ
neur .à sa xnémoire. II déclara que la gloire d'un priiice consiste à laisser chaque communauté religieuse jouir tran^ quillement des droits qui lui sont acquis; et que lors même qu'une religion n'est pas ap^ prouçée par. la conscience tCun s(niçerain, il n'en doit pas moins lui laisser tous sespn^ oiléges. Conformément à ces principes, il défendit qu'on renversât ou qu'on pillât les synagogues, et qu'on obligeât les Juifs à violer le repos du jour du sabbat.
L'irruption des Vandales, peuple féroce qui n'avait aucune idée de tolérance religieuse, ne fit cependant éprouver aux Juifs que les désordres inséparables des grandes révolutions.
Ils conservèrent le libre exercice de leur culte, et purent comme auparavant se livrer au commerce et h l'industrie.
Lorsque les Golhs s'emparèrent de l'Italie, les Juifs trouvèrent également protection chez ces rois barbares. Théodoric les défendit contre les outrages des peuples et des ecclésiastiques. Il suivit les maximes que lui avait inspirées son secrétaire Cassiodore, de ne contraindre personne , parce que toute vio-
UBS JUIFS MOOEBNBS. l5
îence en matière relieuse est criminelle.
Aussi Théodorîc censura-t-ii le sénat, pour avoir permis au peuple romain de briiler une synagogue. Il réprimanda , ensuite fortement les ecclésiastiques de Milan, qui s'étaient emparés d'un temple juif, et les citoyens de Gènes, qui voulaient détruire tous les privilèges de cette nation, et qui se plaisaient à prouver leur ferveur chrétienne par le pillage des synagogues.
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