ITALIE
Etai civil,
LoRSQUS l'Italie passa sous la doiui* nation des Goths, les Juifs consen^èrent
> Nous avons principalement suivi pour cette partie de notre travail Tcxcelleut ouvrage de M/Arthur Beugiiot, iniitulc Us Juifs ^Occident t qoi a obtenu une mention honorable au concours proposé en iSai par TAcademie des incriptions et belles - lettres, sur ce sujet : Examiner €fuel fut en France, en Espagne et en Italie, Vétat des Juifs sous les divers rapports du droit civil^ du commerce et de la littérature , depuis le commencement du cinquième siècle jusqu'à Injin du seizième.
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leurs privilèges. A Gênes, Si Naples, à Bome, ^ MiiaPD, ils trouvèrent protection et tolérance. Le roi Théodoric se distingua particulièrement par une justice éclairée qui aurait fait honneur aux princes les plus philosophes des temps modernes. Les révolutions qui agitèrent l'Italie pendant le sixième siècle ne privèrent point les Juifs des privilèges qu'ils devaient à l'administration des Goths. La conquête de ce pays par les Lombards ( 565 à 756 ) ne changea rien à leur situation paisible. Ils n'avaient plus, il est vrai, de magistrats parti* culiers, de patriarches, qui les constî* tuaient en nation au milieu du peuple où ils trouvaient asile et protection, mais ils restaient admissibles à un grand nombre d'emplois civib et militaires; ils pratiquaient librement leur culte, et trouvaient dans les princes des appuis contre le fanatisme dos peuples et la cupidité des prêtres chrétiens.
Pendant les neuvième et dixième siècles, l'histoire garde un profond silence sur IcsJuifsu'Italie. On peut en conclure que pendant ce long espace de temps
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ils jouirent en paix des avantages qui leur avaient été' accordés. :
Dans le onzièiùe siècle, ib subirent les inconvéniens du système féodal qui s'établît en Italie comme dans tout le reste de l'Europe : ib furent donnés, vendus, échangée, suivant les printipes féodaux. £n logo, Roger, duc de la Fouille, donne les Juifs et la juîverie de Salerne à Alfano II, archevêque de cette ville.
Les croisades, qui,dansle$ autres états de l'Europe, eurent pour premier résultat le massacre des Juifs, leur furent moins fatales en Italie, grâce à la tolérance et à l'humanité du pape Alexandre II, qui les garantit de toute persécution.
Au douzième siècle, les Juifs commencèrent h avoir quelque importance en Italie. Benjamin de Tudèle, qui voyagea en cette contrée vers la fin de ce siècle, vit des Juifs établis, mais en petit nombre, Si Amalfi, h Béne'vcnt, à Ascoli, à ïrani, h Salerne, etc. Alexandre III, malgré les troubles qui agitèrent son pontificat, les protégea et
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affermit leurs privilèges, sans cependant les étendre aui-deUi de ce que préscn* vait là raison; Le troisième concile de Latrauf en 1179, sanctionna les de-' cisions de ce pape. Innocent III, qui monta sur le trône de saint Pierre au commencement du treizième siècle, les traita avec moins de faveur; il accusait ce peuple d'ingratitude. Il défendit ^ux Chrétiennes d'entrer comme nourrices au service des Juifs. Le concile de Latran,.tenu en 121S, changea sous quelques rapports leur état civil : il les déclara incapables de remplir aucune fonction publique; il ordonna aux Juives de porter sur leurs vétemens un morceau de drap jaune, afin d'avertir les Chrétiens débauchés de n'avoir point de commerce avec elles.
Honorius III, plus tolérant, défendit qu'on forçât les Juife à embrasser la religion chrétienne; il menaça de l'excommunication tout Chrélien qui <<* permettrait de les frapper, de les bjessov ou de les tuer, de s'emparer de leurs biens, ou d'attaquer leurs privilèges.
Grégoire IX les protégea dans ses étals.
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€t sa bienveillance s'étendît même sar eux dans les autres royaumes de l'Europe, où ils étaient exposés alors aux traitemens les plus atroces. Innocent IV se borna 2i écrire au roi de France pour qu'il fît brûler le Talmud.
Les conciles défendaient les mariages entre les Juifs et les Chrétiens; et plusieurs ordonnaient, sous peine d'excommunication , la rupture de ces unions.
Boniface VIII, moins sévère, priva seulement de sa dot la femme qui avait contracté alliance avec un Juif.
La translation du saint Siège à Avignon, au commencement du quatorzième siècle, sans être préjudiciable aux Juifs d'Italie, dont les privilèges se trouvaient comme assurés quelle que fût la politique ^es papes, fut très-utile aux Juifs des antres royaumes, en ce qu'elle leur offrait un appui en France, >où leur situation avait été jusque là si précaire et si malheureuse.
Sous le pontificat de Pierre Roger, connu sous le nom de Clément VI, Avignon devint le refuge des Juifs, persécutés dans toute l'Europe. Le i3 sep-
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teml^re -1376, la cour de Rome reporta âoq séjour dans Tancienne. capitale du mpqidç ; les papes retrouvèrent les Jui& • d'Italie pqissans et riches :1e quatorzième siècle sVcoula pour eux dans une heureuse sécurité. Au commencement du quinzième siècle, plusieurs papes se montrèrent animés contre eux d'un esprit de persécution. Le pape Eugène IV lança contre les Juifs, le 8 août i44^, ime bulle mienaçante qui les déclara jexclus de tout emploi public. Il leur défendit de cohabiter avec les Chrétiens, de boire et de manger avec eux, d'avoir des serviteurs chrétiens, de déposer en justice contre les Chrétiens, et d^élever de! nouvelles synagogues. Vers la fin de son pontificat, ce pape chercha 2i réparer le mal qu'iL leur avait fait.
Il adoucit la rigueur des arrêts rendus contre eux ; mais son successeur Calixte les rétablit dans toute leur sévérité. Vers la fin du quinzième siècle , l'expulsion des JuiGs d'Espagne augmenta l'influence et les richesses des Juifs d'Italie, qui savaient se maintenir dans une çorte d'indépendance, quelle que (&t I4
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dureté des lois qui les régissaient, et qu'ils savaient d'ailleurs faire habilement tomber en désuétude. L'ambitieux Alexandre YI ouvrit toutes ses villes aux fugitifs d'£spagne ; ils peuplèrent jusqu'aux bourgs et jusqu'aux villages, où leur industrie, leur activité, leurs ressources étendues dans le commerce les rendaient précieux et comme indispensables aux populations chrétiennes. Daqs le seizième siècle, ils avaient de télés protecteurs, parmi lesquels se signalèrent les papes Paul III et Sixte V, Cdme, grand-duc de Toscane, Hercule d'Est, duc de Ferrare, Emmanuel Philibert, duc de Savoie, et surtout le sénat de Venise. Ils eurent aussi des ennemis : en 1 54o, ils furent expulsés de Naples par l'empereur Charles -Quint. Le pape Paul IV les traita avec une extrême sévérité : ce fut lui qui, le premier, les resserra à Rome, dans un quartier particulier de la ville, appelé Ghetto. Pie IV adoucit les lois de son prédécesseur. Pie V, qui, dans les fonctions de grand-inquisiteur, avait mérité le titre do tymn ecclésiastique, se
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montra digne, dans son pontificat, de ce glorieux sarnom. Après avoir; publie contre les J uifs plusieurs bulles sévères, il finit, en i56g, par les chasser de tous lesEtatsromains, Si l'exception des villes de Rome et d'AncAne. Ces rigoureux édits étaient toujours motivés d'abord par les richesses des Juifs, puis par des délits d'usures réels ou prétendus, des sortilèges, des blasphèmes, etc. Les Juifs se réfugièrent en Toscane et dans les Etats vénitiens.
Le pape Grégoire XIII, qui célébra la Saint-Barthélémy par une fête brillante, ne pouvait manquer d'être le persécuteur des Juifs. Le *io juin iSSj, il décida que les inquisiteurs pourraient les poursuivre s'ils blasphémaient, s'ils lisaient le Talmud ou les autres livres défendus, s'ils tournaient en ridicule les cérémonies du culte catholique, etc. £n i584, il ordonna qu'une fois par semaine on prêcherait devant tous les Juifs au-dessus de douze ans. Enfin l'avènement de Sixte Y au pontificat fut pour les Juifs une époque de repos et de bonheur. Par une bulle publiée le
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«a octobre i586, ce pape les réublit dans tous leurs privilèges^ leur permit de demeurer dans lesËtatsromains^ de louer des maisons dans toutes les villes, de vivre en familiarité avec les Chrétiens, de lire leurs livres sacrés, pourvu qu'ils fussent purgés de tout blasphème ; il leur rendit leurs synagogues et leurs cimetières, et les soumit à un impôt modéré y qui les garantissait de tout péage et de toute taxe arbitraire. Mais, dès Tannée iSgS, to^utes ces lois de tolérance furent abolies. ClémentVlII renouvela la bulle d'expulsion de Pic Y, en ajoutant Avignon aux villes que pouvaient habiter les Juifs. Telle fut jusqu'au seizième siècle leur situation dans les Etats romains. Jetons un coup d'œil sur l'état civil de ce peuple dans quelques villes particulières de l'Italie.
La république de Venise compta dans ses premiers temps peu de Juifs sur son territoire; mais après. leur exil d'Espagne ik y accoururent en foule, et furent reçus avec empressement par le sénat , qui les obligea cependant à porter quelques marques distinctives dans leur
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cbstumet Les Vénitiens ne se bornèrent pas à permettre aux Juifs rentrëè de leurs villes, mais ils leur ouvrirent encore leurs possessions continentales, et les 7 maintinrent malgré la jalousie et les préjugés des nationaux. En lijS^ les habitans de Padoue ayant maltraité les Juifs, le doge et le sénat ordonnèrent aux magistrats de cette ville de traiter les Juifs comme leurs autres sujets. Dans les quatorzième et quinzième siècles , les Juifs n'étaient pas absolument affranchis du tribunal de l'inquisition:.
dans le siècle suivant il fut reconnu qu'ils n'étaient pour aucune cause justiciables de ce tribunal.
A Gènes, les Juifs ne furent jamais en faveur. Ce fut seulement dans les çommencemensdu seizième siècle qu'ils
Sarvinrent h former des établissemens ans cette république. Ils ne pouvaient être à Gènes ni médecins ni procureurs • ils étaient astreints à porter sur leur coiffure et sur leurs habits une pièce d'étoffe jaune : en 1 5g8, ils furent définitivement exclus de tout le territoire de la république.
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A Livoume, leur çpmmfirce fut trèscoDsid^able au seuième siècle, et les fit jouir d'une grande influence. La communauté de Livourne était sous la direction d'un conseil général de soixante membres. Ceux de Florence avaient un conseil de quinze pu dix-huit personnes. Ils s'étaient établis fort anciennement dans cette république. Expulsés en i52j, ils furent rappelés en 1 5^7 p^T le grand-duc Côme I^**.
En 1567, il leur fut défendu de s'établir dans les deux villes de Parme et de Plaisance ; on leur permit toutefois .de fixer leur demeure dans le reste des £tats de Parme, et cette concession était renouvelée tous les quinze ans.
Les Juifs arrivèrient dans le royaume de Naples vers l'an 1200. En liSo, le roi Robert, ayant besoin d'argent pour soutenir une guerre, ne trouva que les Juifs qui voulussent lui en fournir. En mourant, il chargea son filsdeleurcontinuer la reconnaissance qu'il avait toujours eue pour eux. Ce jeune prince s'y prit d'une singulière façon. Il manda clevaiit lui les principaux chefs des Juifis,
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et leur exposa qu'après avoir mûrement réfléchi aux dernières volontés de son père, il croyait ne pouvoir leur rendre un plus grand service qu'en leur procurant l'entrée du paradis ; qu'en -conséquence ils eussent sur l'heure à embrasser la religion chrétienne. Il fallut obéir, du moins en apparence. Leur synagogue devint une église sous l'invocation de sainte-Catherine.
L'exil d'£spagne amena un grand nombre de Jui& à Naples. De vives plaintes s'étant élevées en i54o contre leurs délits usuraires, le vice-roi de Naplesen informa l'empereur, qui ordonna leur expulsion. Ils ne quittèrent pas l'Italie, et la plupart se rendirent à Rome.
On voit que si l'état civil des Juifs pendant cette période de siècles a varié en Italie, du moins il fut toujours garanti parla loi. Il n'en fut pas de même en Espagne et en France, où leur existence et leur fortune furent toujours livrées aux violences arbitraires des princes, et au fanatisme dos peuples.
DES JUIFS MODKENKS. 4?
Commerce.
Jusqu'au dixième siècle, l'Italie t en proie à tous les dëchiremens et à toutes les secousses, n'eut ni commerce, ni industrie, ni agriculture. Les Juifs, avec cet amour et cet instinct des travaux pacifiques qui les distingua toujours, apparaissent au milieu des premiers symptômes de civilisation et d'industrie.
A la fin du sixième siècle, les Juifs d'Italie commerçaient avec la ville de Marseille ; ils s'dtaicnt également établis dans la Sicile, oii ils se livraient au commerce des esclaves. Le concile de Rome, tenu en y^S, prononça anathème contre le Chrétien qui aurait vendu à un Juif son esclave.
A dater du onzième siècle , le nombre des Juifs augmenta considérablement en Italie. Ils arrivaient d'Asie, où ils étaient persécute's, apportant avec eux les productions du climat. Peu à peu ils se trouvèrent chargés de tout le commerce de ritalie avec l'Asie, et notammentde celui des épiceries. Parmi
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et à Âncdiie. où ils ouvrirent un cominerte fort étendu avec les côtes d'Afrique et la Provence.
Leur situation n'éprouva point de changement pendant le quatorzième siècle. Au commencement du quinzième , leur commerce eut à souffrir des ëdits sévères et tyranniques qu'on lança contre eux. Mais ,' dans la seconde partie de ce siècle, les lois des papes contre les Jui& étaient tombées en désuétude, et ils s'élevèrent par le négoce de l'argent au plus haut point d'influence et de prospérité. Les édits des papes Martin V, Eugène IV, NicolasV^ leur avaient interdit les professions industrielles, telles que celles de fermiers, de chirurgiens, de médecins , d'apothicaires, qu'ils exerçaient de préférence. Aussi, à défaut de toute industrie légitime, avaicnt-ils été obligés de retourner à l'usure. En peu de temps ils devinrent comme les arbitres de la fortune publique. Dans presque toutes les villes, dans les villages m(!ni(*, ils avaient des comptoirs ou des maisons de pr(?t. A Rome, à Parme, à Padoue,
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& Hantoue, à Pavie, à Sienne, i Bassano, & Faenza, à Florence, à Crémone, à Âquiia, ils acquirent une importance ^ale à leurs immenses richesses.
Cette trop grande puissance excita contre eux le zèle d'un enthousiaste nommé Bernardin de Feitre, dont on a fait un saint, et qui passa toute sa vie à exciter entre eux des soulèvemens. Par une ardeur soitsiroulée, soit réelle, pour les intérêts du peuple, il poursuivait principalement les Jui& comme usuriers. Pour leur nuire et soulager les victimes de leurs prêts usuraires, il introduisit une nouvelle manière de prêter de l'argent, qui est celle encore en usage aujourd'hui dans les monts-depiéié. Le premier établissement de ce genre qu'il fonda fut à Mantoue. Il parvint à en établir dans beaucoup de villes. A Padoue, il fit fermer vingtdeux bureaux de prêt tenus par des Juifs, et qui rapportaient tous les ans 30,000 écus d'or de profit. Dans les monts-de-piété qu'établissait Bernardin, tout se faisait en quelque sorte gratuitement, tandis que le taux ordi-
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naire auquel les Juifs prétaieat leur argent daU 4e quarante ou vingt pour xent.par an, selon que l'on donnait ou non des gages.
En 154-71 les Génois permirent aux Juifs de s'ëtabHr dans leur ville, d'y tenir des banques et d'y prêter à un intérêt limité.
PauII Vchercha à entraver leur commerce. Entre au très prohibitions, il leur fit celle de trafiquer des grains et de tous les objets nécessaires à la vie, ne leur permettant que le commerce des vieux haibits.Pie I V leva ces interdictions, que d'ailleurs le peuple avait abrogées luiraéme peu d*années après le décret de Paul IV. Nous savons que Pie V. chassa les Ji}ifs des Etats romains, et ne leur permit d'habiter que les villes de Romç etd'Ancône. Cette exception avait pour principe la crainte que les relations commerciales de l'Italie avec l'Orient ne fussent subitement interrompues. Les Juifs seuls en effet avaient des commu* nications établies avec le Levant, et c'était principalement par Ancône que s'entretenaient ces relations.
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Sixte y fut aussi tolérant que ses prédécesseurs avaient été injustes et sévères. Il accorda aux négocians jui& de grands privilèges, ne leur interdit aucun genre de commerce, leur permit de tenir des banques et d'exercer la médecine.
Les Juifs de la Toscane se distinguaient principalement par l'activité de leur industrie. Pour se faire }ine idée du crédit des Juifs de Livourne au temps des Médicb, il faut se rappelenle proverbe répandu alors : qu'il valait mieux haitre le grand-duc qu'un Juif,
On sait qu'en i54o ils furent chassés par Charles-Quint du royaume de Naples, où ils s'étaient établis vers l'aniaoc. Au quinzième siècle, leur commerce dans ce royaume consistait principalement dans l'usure et dans la vente des vieux habits. Il paraît que leur expulsion par Charles - Quint eut pour cause les plaintes des grands seigneurs qui avaient suivi ce prince, et que les besoins d'un luxe immodéré avaient contraints à engager aux Juifs tous leurs effets précieux.
I^s Juifs profitèrent de la circonstance
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avec leur intelligence accoutumée; mais, lorsqu'il fallut restituer les sommés ém^ pnintëes, et accrues par un intérêt plus que légitime, ou laisser aux mains des préteurs les gages de la detta, les seigneurs espagnols se plaignirent, et se procurèrent la petite satisfaction de faire expulser leurs créanciers.
On voit par ce tableau rapide que pendant toute la durée du moyen âge l'Italie dut aux Juifs tout son commerce.