‹ Résumé de l'histoire des juifs modernesChapitre 7 sur 24 · FRANCE · texte numérisé non relu

FRANCE

Etat doil.

L'époque de rétablissement des Juifs en France est incertaine. Il est question de ce peuple dans la loi Gombette ou de Gondebaud, publiée au commencement du sixième siècle chez les Bourguignons. D'après cette loi, un Juif qui aura frappé un prêtre sera condamné à mort et à la confiscation de ses biens; et s'il s'agit simplement d'un laïque, il aura le poing coupé et paiera soixantequinze sous d'amende. Cette loi, du

reste, fait voir que les Juifs étaient répandus alors dans les états de ce prince, qui comprenaient une partie de la Provence, le Vivarais, le Dauphiné, la Sa^ voie, la Bourgogne, la Franche-Comté et la Suisse.

Une ordonnance de Childebert leur défend de paraître dans les rues depuis le jeudi saint jusqu'au dimanche de Pâques. Dagobert les chasse après les avoir dépouillés. Wamba, roi des Goths, veut l'imiter dans la Gaule narbonnaise, vers la fin du septième siècle; mais les grands vassaux et le clergé, qui levaient sur eux des taxes arbitraires, s'opposent à leur expulsion.

'L<*s premiers rois de la seconde race les traitèrent avec humanité. La protection que leur accorda Charlemagne en attira un grand nombre en France, et principalement dans les provinces méridionales du royaume. Leur crédit se soutint h la cour de Louis le Débonnaire : il augmenta sous le règne de Ix)uis U. Ce prince suivit la politiqiyî de son père : il ne rendit pas de loi générale touchant les Juifs, mais il ac-

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DES JUIFS MODEEVES. 5^

4es rigueurs de cet atroce système politique; on les vendait Y cependant, on les échangeait, on les prétait comme des Chrétiens. II y avait, du reste, pour eux, autant de législations différentes qu'il y avait de seigneurs.

Philippe h^ les chasse de ses états en 1096 : les barons Timitent. Cependant quelques années après ils rentrent dans le royaume. Les croisades furent pour eux une source continuelle d'infortunes : les croisés s'essayaient sur leurs personnes à massacrer les infidèles. Il n'est point de calomnies qu'on ne répandît alors contre eux : ils crucifiaient les enfans, empoisonnaient les fontaines, profanaient les saintes hosties, etc. Persécutés, proscrits, exclus de toutes les professions et de tous les emplois, ils n'avaient de ressources que dans l'usure. L'état d'oppression sous lequel ils gémissaient ne les empt^chait point de s'enrichir. Us possédaient beaucoup d'immeubles qu'ils avaient amassés en forçant leurs débiteurs de vendre leurs biens. En ii8a des plaintes générales s'élèvent contre eux. Philippe:

SS . RÉSUMA DB L HISTOl&K

Auguste ëcoutc ces plaintes avec^^'au* tant plus d'attention que sa caisse alors - était vide. IJ expulse les Jui6 du royaume, remettant à leurs débiteurs tout ce qu'ils devaient, hormis le cinquième qu'il prit pour lui. Mais seize ans après l'argent vient à manquer de nouveau à la caisse royale ; il fallait soutenir la guerre contre les Anglais et les Flamands : les Juifs offrent de grosses sommes , et Vaugusie prince les rappelle.

£.n m 5, le concile de Latran leur ordonne de porter une petite roue sur la poitrine, pour les distinguer des Chrétiens. Vers le même temps, les Juifs achetaient à vil prix les terres de la noblesse partant pour la croisade.

Quand les vendeurs ont reçu l'argent, ils se plaignent, selon l'usage, de l'avidité des acheteurs. Le concile de Lyon ordonne aux princes de faire restituer par les Juifs les propriétés vendues.

Jean le Roux les chasse de Bretagne, et confisque leurs biens ; Edouard V^ les expulse de la Guyenne; et saint I^uis, qui venait de purger la France des marchands lombards qui Tinfes-

DES JUIFS modeaues. 59

talent, se borna à défendre toute transaction entre les Juifs et les ChrëtienSk Ce prince rendit en iu54 une ordonnance qui leur défend de prêter à usure, de blasphémer et de se mêler de magie.

Cette dernière défense était une concession aux préjugés ridicules i;épandus alors parmi le peuple. Il leur enjoint de plus de pourvoir à leur subsistance par le travail et par un commerce licite; ordonne que le Talmud sera brillé, et que des primes seront accordées à ceux qui se convertiront. On ne peut exiger du treizième siècle les lumières du dixneuvième. Cette ordonnance n'en est pas moins très-sage et très-philosophique : se borner à brûler des livres lorsqu'en d'autres pays on brûlait les hommes, c'était faire preuve de tolérance et d'humanité. Brûler le Talmud vaut mieux, après tout, que brûler Voltaire, ce qui s'est vu dans des siècles moins barbares. C'était même une conception très - forte et très -élevée que Tidée d'anéantir le Talmud, si on ne la sépare point de celle de régénérer le peuple juif.

6o EéSÛME DE ^I.^HISTOI&K •

Malheureusement saint Louis voulut aussi arriver à cette réforme par les persécutions et la violence. En laS^i il avait remis aux Chrétiens le tiers des sommes qu'ils devaient aux Juifs , ordonnant que les baillis ne pourraient plus faire emprisonner aucun débiteur pour dettes contractées envers un Juif, ni forcer un Chrétien à vendre ses immeubles pour le payer. De telles lois encourageaient les prpscriptions et les massacres : aussi le règne de saint Loub fut-il pour les Juifs une époque désastreuse. L'autorité ecclésiastique ne leur était pas plus favorable que le pouvoir royal. En i^^G le concile de Béziers défend aux Chrétiens de se servir de médecins juifs , ordonne aux Juifs de payer la dîme , et de rendre aux curés autant que les Chrétiens. En 1267, le concile de Vienne ordonne que le Juif qui aura forniqué avec une chrétienne soit condamné à une amende de 10 marcs d'argent, ^t que la femme soit bannie à perpétuité de la ville après y avoir préalablement reçu le fouet.

Philippe le Hardi défend aux Juifs,

DE» jours MODKMTES. 6^

en 1271, de se baigner avec les Chrétiens, de toucher aux vivres dans les marchés, d'avoir plus d*une synagogue et d'un cimetière par diocèse, d'exercer la médecine et tous les arts et métiers; il les oblige en même temps de porter une corne sur leur bonnet et d'observer le carême.

En 1283, sous Philippe le Bel , ils furentcondamnés parleparlementà payer trois cents sols, parce qu'ils avaient chanté trop fort dans leurs synagogues.

Du reste, les premiers temps du règne de ce prince offrent une amélioration réelle dans leur état. Philippe chercha à les affranchir du pouvoir que s'arrogeait sur eux le clergé. En i3ovi, il publia un mandement portant défense aux inquisiteurs de la foi de s'attribuer la connaissance des délits commis par les Juifs. Mais cet état florissant dura peu: les Juifs étaient riches; Philippe, avide et prodigue. En 1 3o6, il les dépouilla et les bannit de France ; mais à peine Philippe le Bel est-il mort, que son fils les rappelle pour douze ans, moyennant une somme de iu2,iu5 liv.

6% vtisùuà'iai iftusTOXE)t

que les Juifs lui comptèrent. 11 nekuf pennil toutefois de rentrer qvedans les lieux où ils ëtaienl précédemment soufferts. Leurs syiiiagogues, leurs cimetières, leurs livres de la loi leur sont rendus, à l'exception du Talmud. Mais, dans cette môme ordonnance de rappel, un nouvel exil est prévu, et le roi s'oblige à ne pouvoir les chasser, au bout de douze ans, qu'en leur donnant un an pour emporter leurs effets. Cette ordonnance eut le sort de tantd'autres, anciennes et modernes : elle ne fut pas exécutée. Les douze années accordées par Louis le Hutin n'étaient pas écoulées, que Philippe le Long les expulse de nouveau, sous le prétexte obligé qu'ils avaient fait un pacte avec les lépreux et les infidèles, et empoisonné les fontaines. La raison véritable, c'est qu'ils avaient eu le temps de refaire leur fortune, et que l'éponge était de nouveau bonne à être pressurée. Les phis riches d'entre les Juifs parvinrent h se maintenir moyennant une amende de i5o,ooofr. Plusieurs furent brûlés solennellement, avec des chiens qu'on

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jeta avec eux dans les bûchers ; on grand nombre Airent tués, avec moins de cérémonie , par la populace, qui^exerça contre eux toute sorte d*horreurs.

Le roi Jean leur permit de revenir en i35o. Les malheurs publics et les besoins continuels d*argent qu'éprouvaient alors les princes, furent pour les Juifs une cause de repos et de prospé^ rite. La captivité du roi tourna encore à leur profit. On eut recours à eux pour payer la rançon stipulée au traité de Brétigny. Le roi à son retour se montra reconnaissant, et ajouta vingt autres années de séjour aux vingt ans qu'avait accordés le régent pendant son absence. Il leur rendit tous leurs privilèges, dont ils furent en possession jusqu'à sa mort. Ces privilèges leur assuraient Tusage de leurs cimetières et de tous leurs livres sacrés, les exemptaient des gabelles, aides, chevauchée, gardes des villes et forteresses, servitudes et redevances, et leur permettaient de s'imposer eux-m<}mes pour leurs dépenses communes.Les Chrétiens qui les accusaient à tort étaient condamnés à leur payer des dommagcs-iii-

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ttfréts. Pour ce qui leur ëtait dô, on devait les croire sur leurs Informa- ' tions, etc. Ces lois les constituaient toujours en dehors de la sociëtë commune ; mais l'esprit du temps ne permettait pas davantage.

Charles V, dît le Sage, confirma, en 1 364 et àsLns le mois de son avënement, tous les privilèges qu'avait accordes son père. Cependant peu de temps aprè$ il chassa les Juifs de ses ëtats. L'exil fut de courte durée, puisqu'en 1870 ils rentrèrent en France moyennant 1 5bo livres qu'ils payèrent au roi. Charles V publia en 1378 une ordonnance dont on ne saurait trop louer l'esprit tolérant et philosophique; il décida que les Juifs convertis au christianisme ne pourraient intenter des accusations contre les autres Juifs, ni les dénoncer devant les juges à moins d'une information préalable, ou qu'ils n'eussent donné caution de poursuivre leurs accusations. Alors, comme aujourd'hui, lesJuifs qui avaient abandonné la foi de leurs pères se faisaient une joie et un mérite de persécuter ceux qui restaient fidèles à leur an-

rien culte. Charles V ne crut pas devoir «ncoarager ces honteuses vengeances de l'apostasie. Ainsi les époques les plus barbares offrent quelquefois des leçons et des exemples pour les temps les plus éclairés.

Le duc d* Anjou, in vesti de la régence pendant la minorité de Charles VI, confirma le i^. octobre i38o les privilèges des Juifs, et leur accorda cinq années de séjour. Mais, treize ans après, sous le règne malheureux de Charles VI, ils sont de nouveau chassés de France. Comme ils se mêlent d'astrologie, on les accuse d'être les auteurs de la démence du prince: une autre accusation moins absurde, mais peut-être aussi peu fondée, sert de prétexte à leur expulsion : un de leurs co-rcligionnnires, converti au chriftianisme, vient à disparaître ; on leur reproche de l'avoir assassiné. Disons cependant à Thonneur de Charles VI, qui dans ses lueurs de raison faisait regretter qu'il n'eût pas l'usage continuel de ce don précieux dont tant de princes usent mal, que, tout en proscrivant les Juifs, il observa à

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leur é|;ard une sorte de justice, puisqu'il leur fît payer ce qui leur était dû, et leur laissa près de deux ans pour obtenir le paiement de leurs créances. Les successeurs de Charles YI, jusqu'à Henri II, s'occupèrent peu des Juifs, que les proscriptions n'empêchaient point de rester en France ou d'y rentrer.

Vers le milieu du quinzième siècle, Louis XI leur permit de prendre des biens ruraux en hypothèque des som- .mes qu'ils prêtaient. 11 leur était défendu alors de séjourner dans Paris sans une autorisation de la police, qu'il leur fallait renouveler tous les trois mois.

L'année i484 fut marquée par plusieurs massacres de Juifs à Marseille et dans d'autres villes de la Provence, qui avait été réunie à la France en iJ^Si- £n 1^981 ouplulAt en xSoi, par un arrêt du roi Louis XII, qui fut sévèrement exécuté, ils furent définitivement chassés de cette province.

Cependant le monde marchait vers un état meilleur. La chute du pouvoir féodal, la découverte de l'Amérique, et la grande ré\'olution religieuse quis'opé-

DE5 JUIFS MOOKEMES. 67

rait en Allemagne, annonçaient à l'Europe une ère nouvelle. Les Juib devaient ressentir un jour les effets de cet heu« reux mouvement, qu'ils -avaient préparé eux-mêmes • par l'importance qu'ils avaient su faire prendre au commerce, h l'induslrie, et au développement des forces pacifiques du corps social.

Commerça.

Les guerres intestines qui occupèrent les rois de la première race n'étaient pas plus favorables au commerce que ne l'avaient été les invasions des barbares. Au milieu de ces sociétés naissantes, livrées à tous les déchiremens de la conquête et de l'anarchie, les Jui& seuls formaient une société compacte, étroitement unie, forte de sa haute antiquité et d'une croyance religieuse toute pleine d'avenir. Le commerce a besoin de liberté. Les Juifs, malgré les lois sévères qu'on rendait contre eux, étaient réellement plus libres alors que les peuples au milieu desquek ils vivaient, parceque ces lois

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mêmes, ces législations spéciales, les plaçaient en dehors du droit commun, qui alors ëtait la servitude et Toppres-* sion. Ces causes, jointes à leur activité naturelle, à leurs vastes correspondances, fruit de leur dispersion même, expliquent facilement l'importance commerciale qu'ils acquirent dès les premiers temps de notre histoire. Sous la première race, leur commerce consistait principalement dans le débit des marchandises qu'ils faisaient venir d'Orient. Marseille, Narbonne, Agde, leur servaient d'entrepôt. Ils faisaient aussi le commerce des esclaves que les Chrétiens leur avaient abandonné par des scrupules religieux , .qui ont rarement d'aussi honorables résultats.

Sous les rois de la seconde race, leur industrie prit un grand développement.

Charlemagne, qui les traitait avec beaucoup de douceur et de considération, laissa à leur commerce une entière liberté. Sous Louis II, ils entreprirent une nouvelle branche de négoce; ils apportèrent d'Asie et de Syrie les étoffes brodées, les draps éclatans de ces con-

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trées. Charles le Chauve leur accorda paiement sa protection. L'établissement de la féodalité fut moins funeste qu'on n'aurait pu le croire au commerce des Jui&. Nous avons déjà fait observer qu'ils s'étaient formé un état civil en dehors de l'organisation féodale. Les f seigneurs féodaux, qui sentaient d'ailleurs la nécessité du commerce, et qui auraient redouté de voir leurs vassaux s'y livrer, se plaisaient à l'encourager chez les Jui6 et à le concentrer chez cette société d'hommes qui, bien que soumise à leur pouvoir, n'était cependant pas leur peuple. Les Juifs devinrent donc pendant les dixième et onzième siècles les maîtres de tout le commerce de France. Ils l'exerçaient avec honneur et loyauté. Bientôt les persécutions qu'amenèrent les croisades les forcèrent de recourir à des moyens moins honorables pour soutenir une existence proscrite et méprisée.

Ce fut alors qu'ils se li\Tèrent à l'usure, et vers la fin du douzième siècle ils s'étaient fait une réputation trop méritée d'astuce et de fourberie. Mais la faute

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première en était aux gouvemans et aux peuples. Une ordonnance de Philippe ' Auguste, qui règle les relations commerciales de ses sujets avec les Juifs, prouve combien ils étaient alors peu scrupuleux sur les moyens de s'enrichir. Les Juifsf est-il dit dans cette ordonnance, ne pourront prendre en gage aucun ornement d'église, aucun vilement ensanglanté ni mouillé, des fers de charrue, ni des animaux qui servent au labour, ni du blé non vanné.

Le treizième siècle ne vit pas s'opérer de grands changemens dans leur commerce. Nous avons parlé de la sage ordonnance de saint Louis qui les obligeait de se livrer aux travaux manuels et \k un négoce légitime ; mais il fallait commencer par réformer les Chrétiens, qui, traitant les Juifs comme un peuple de réprouvés, les excluaient de toute profession licite et honorable.

Marseille passa à la couronne de France en laSy. Les Juifs, qui étaient nombreux dans cette ville, s'y livraient au commerce maritime. Ils ne pouvaient s'embarquer plus de quatre sur un vais-

Dcsinnrs xodsahss. 7<

seau ; il leur était défeadu de manger de la viande les jours où les Chrétiens s'en abstenaient. Il ne leur était point permis de travailler les dimanches et les jours de fdte.

Loub le Hutin rendit, en i3i5, une ordonnance qui leur défendait de pren*dre plus de deux deniers pour livre d'intérêt par semaine. Depuis ce prince jusqu'au roi Jean leur commerce se ressentit de toutes les funestes atteintes qu'éprouvait leur position politique. Lie roi Jean diminua le nombre des impôts et des vexations de toute espèce qui entravaient leur industrie , et menaçaient continuellement leur existence. Le !i6 avril i36o il leur permit d'aller et de venir librement en France; il imposa seulement aux Juifs commer- 'çans un droit de quatre florins d*or par tête ; encore en exemptait-il les pauvres.

Charles V ne se montra pas moins juste à leur égard ; mais ce court intervalle de prospérité fut suivi du coup terrible qui les chassa de France dans l'année iSgj. Vers le milieu du siècle suivant, la majeure partie des Juifs

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^proscrits avait dëjà repris son domicire en France ; mais leur eidstence n'atait aucune garantie ; leur ëtat civil n'ëtait reconnu par aucune loi.

Au milieu du seizième siècle, des Juifs espagnols et portugais, chassés de leur patrie par l'intolérance fanatique d'Isabelle, de Ferdinand et d'Emmanuel, vinrent s'établir à Bordeaux et à Bayonne, où ils se distinguèrent par leur activité, leurs lumières, et leur exemplaire probité. Henri II, par ses lettres-patenles de i55o, enregistrées la même année par le parlement de Paris et par la cour ées comptes, leur accorda le droit d/habiler en France avec leurs femmes, leurs enfans et leurs serviteurs, d'y faire le commerce librement, d'acquérir toute sorte de biens, meubles et immeubles, enfin de jouir de toutes les franchises et libertés des propres sujets du roi. Henri III maintint dans ers privilèges las Juifs portugais^ qui depuis soutinrent la réputation d'honneur et de probité qui avait distingué leurs pères.

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