‹ Résumé de l'histoire du MexiqueChapitre 7 sur 26 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

|] Etat actuel du Mexique, — Population ,

dies , différence de castes et de coule Indiens f Créoles et Espagnols, Insi et Établissemens scientijiques ^ Rie Nègres , castes mêlées , Costumes , 1 tions. — Division du Mexique am moderne; principales villes , Mexico , extérieur et intérieur, magnificence , cu\ — Antiquités. — Climats, — Producti* verses , alimentaires et manujacturialei maux domestiques. — Pèche des périt la baleine. — Mines, — Manufactures , fa et métiers, — Commerce intérieur et ex Sa situation ancienne , son état actuel.

Le Mexique comprend aujourd'hui cetl et magniiîquc contrée du continent amr qui sVtend du i6* au 40* degré de Iatitu< est bornée au midi par la baie de Hond le royaume de Guatimala , à Test par l du Mexique , à Touest , par la mer Pa

DB L*HT8TOIRB DU MEXTQUK. 'SsS

et les deux Califomies; les frontières du nord , moins certaines , traversent des déserts pen connus; elles paraissent s'étendre du Cap San- Francisco aux sources du Rio-del-Norte , et suivre le cours du Rio -Colorado jusqu'à la rivière de Sabine , qui se jette dans Textrémité septentrionale du golfe du Mexique, à l'ouest de la Nouvelle -Orléans. Son étendue n'est pas moindre de t iS, 478 lieues carrées. Une moitié, placée sous le tropique , reçoit les feux de la zone torride; l'autre jouit d'un climat plus tempéré. La grande chaîne des Cordilières, avec ses pics couverts de neige , partage le territoire mexicain ,• sillonné de rivières et de lacs, parsemé d'antiques forêts, et brillant du luxe varié de la plus riche végétation (i).

. Le savant M. de Hnmbuldt évaluait, en 1808, la population de ce vaste empire , k cinq millions huit cent trente- sept mille cent âmes. Différentes causes physiques en arrêtaient l'accroissement. C'étaient la petite vérole, la cruelle maladie que les indigènes appellent mor/axohuatl , et par dessus tout , la famine , dont les funestes effets laissent des traces pendant plu*

(1) John Dyerley,

«ad .

ùeoïB «nnéflt. La petite T^le, intfodiiita n Mexique en rSio^ n'y devient épS d é aMq ee qn*è 4^ longs interraUbs. On dte lee nunéa 1763 et 1797 , coornie oeliet tA éBe excvfi lôr ph», gt^ands raTages. A œcte denièie époqjBm f elle enlera, à Mexioo , pins dà meé aâOto personnes. INwtes les nuits, des cluaietlv paroonraient les mes ponr ramasser les cadavres ^ comme à Hbiladelphie pendant k fièvre jaone. L'épidémie de 1797 ibt moins -csn^: on doit PatuilNier an sMeaivncleqiÉi on' propagea l^oenlation dans les envlroasda Mesdeo et dans le diocèse de Biedibaeatti fti* sieurs dtoyaas dé{iloyèrent en cette ooossidÉ un patriotisme digne d'éloges. On inocula de cinquante à soixante mille personnes. L'intro-> .duction de la Taccine dans ce pays est due au zèle ardent du respectable Thomas Murphi 9 qui ^ depuis 1804 » à fait venir fiaèsieurs fms du virus de l'Amérique septen^ trionale.

Le matlazahualt t maladie spéciale de la caste indienne , se montre à peine de siècle en siècle. Elle causa de grands désastres en iS45 t 1676 et 1736. Comme, à cette dernière époque, la médecine était peu cultivée au Mexique, os^

DF. l/lIISTOIIIR DU MEXIQUE. aSJ

manque de reiiseignemeos sur cette maladie , qui parait avoir quelque aualogie avec la fièvre juime, ou le vooiissement noir, mais qui n*attaque pas les blancs, soit Européens , soit issus d'indigènes. Le siège principal de la fièvre jaune est la région maritime, dont le climat est ardent et humide. Le matlazahuah ^ au contraire , porte Tépouvante et la mort dané rintérieur; suivant Torquemada, elle enleva , en i545y huit cent mille Indiens, et deux miliions, en 1676.

Un troisième obstacle à Taccroissement de la population mexicaine est la famine. Les Indiens américains , comme les habitans de rindostan , se contentent habituellement de la moindre portion d'alimeus nécessaires à leur subsistance. Indolens par caractère , vivant sous un beau ciel et dans un pays naturellement fertile , ils ne cultivent le maïs , les pommes de terre et le blé, qu'à proportion exacte de leurs besoins, ou de ce que consomment les villes et les mines voisines. La disproportion qui existe entre Taccroissemcnt de la population et l'augmentation des alimens par le moyen de la culture, renouvelle le triste spectacle de la famine , toutes les fois

que la recolle da maïs manque, ou par suite àt la sécheresse, ou pour toute autre cause locale. La pénurie des viyres entraine' toujours les épidémies les plus funestes. En 1784 » il périt plus de trois cent mille hommes, à la suite d*ane sécheresse. Ces terribles conséquences de la famine ne sont pas du reste particulières an Mexique. Elles sont communes à presque toutes les régions équinoxiales. Dans la province de la Nouvelle- Andalousie, il n'est pas rare de voir les babitans des campagnes, chassés par la faim, se disperser, malgré les missionnaires , dans des régions incultes, pour y chercher des alimens parmi les plantes sauvages.

Ce serait ici le lieu de parler des maladies qu'occasionne le travail des mines, et de ce terrible fléau connu sous le nom de fièvrt jaune ; mais ces deux objets trouveront mieux leur place Aams une autre partie de ce liyre.

La population répandue dans les vastes provinces du Mexique est loin d*étre homogène.

Comme celle de toutes les autres colonies espag>toleSy elle s<» compose, 1° d'Européens vulgairement appelés Cachupines ; a" Je Créoles cm blancs de race européenne, nés en Amérique ; 3° de métis, issus de blancs et d*In-

DB L*HISTOtllS Dit MVXIQtfS. 3ig

diens ; 4^ de mulâtres , issns de blancs et de nègres; 5" de Zambos, issus de nègres et d'Indiens; 6** d'Indiens, race cuivi'ée indigène; 7** enfin ; de Nègres africains. Laissant de côté les subdivisions , il reste quatre castes principales : les blaacs, les nègres, les indiens, et les hommes de race mêlée.

Un préjugé fort répandu en Europe est que le nombre des indigènes de couleur cuivrée est extrêmement peu considérable. Les cruautés des colons ont fait disparaître, il est vrai, les anciens peuples des Antilles; mais, dans le continent , les résultats n'en ont pas été si affreux. Au Mexique , le nombre des Indiens, loin de diminuer, n'a fait que s'accroître depuis soixante ans. Il s'élève au dessus deux millions et demi , et forme à peu près les deux cinquièmes de 1% population. Outre l'espagnol , on porte à vingt les langues prunitives qu'ils parlent; et dans ce nombre, quatorze ont déjà des grammaires et des dictionnaires. Presque tous appartenant à la plus basse classe, il est difficile déjuger de leur aptitude aux arts qui embellissent la ^ie. De jeunes Indiens, élevés dans les coll'^f;e< de la capitale, se sont certainement distingnés . mais moins par leur génie que par leur application.

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Ultoo.de nouvelles

DK l'histoire du MKXigUE. a3i

religion douce et humaine, aux rites d*un culte sanguinaire. Ce fut TefTet de la yiolence , et non de la persuasion. L'habitude a fait le reste. Les fêtes de Tégiise, les feux d'artifice qui les accompagnent, les processions mêlées de danses et de mascarades, sont pour eux une source féconde de diTertissemens. L'Ladien souffre arec patieçce les vexations des blancs ; il n'y répond que par l'astuce couTerte du Toile de Tapathie et de la stupidité. Ne pouvant se venger des Espagnols , il fait, cause commune avec eux pour opprimer ses compatriotes. Les peuplades indiennes sont régies par des magistrats de coiuleur cuivrée; et l'alcade indien exerce son pouvoir avec d'autant plus de dureté^ qu'il est sûr d'être soutenu par le cnré on le subdé* légué espagnol. L'oppression amène partout les mêmes résultats : partout elle corrompt le moral.

Les Mexicains d'aujourd'hui sont, ou desccndans des anciens cultivateurs , ou issus de puissantes familles qui, dédaignant l'alliance des conquérans, préfèrent labourer de leurs mains les chanyps qu'elles faisaient labourer autrefois» De là , les Indiens tributaires , et les nobles ou caciques. Les lois espagnoles accordaient à cet

sSs RESUME

derniers les privilèges de la noblesse de Castille; mais, dans leur position , ce b enfait était illusoire. Il est bien difiicile de distinguer, par leur extérieur, les caciques des autres indigènes; c*e8t la même simplicité d'habits et d'alimens, le même aspect de misère ; seulement les seconds professent pour les premiers un respect sans bornes, tandis que ceux-ci, loin de protéger leurs frères , se plaisent à être les in.<;truœens des vexations qu'ils éprouvent. Du reste, il est rare de voir des Indiens de famille se vouer à la robe ou aux armes ; on en trouve davantage dans la carrière ecclésiastique ; toutefois , la solitude des cloitres ne paraît pas avoir des attraits pour eux.

Ces traits caractéristiques ne sont applicables qu'aux Indiens civilisés. Ceux qui mènent une vie errante, et que les Espagnols désignent sous le nom général de Indios bravos , appartiennent principalement aux nations des Mecos, des Apacbes et des Lipanos. Ils vivent du produit de leur chasse, et infestent, de leurs courses souvent nocturnes, les frontières de la Nouvelle- Biscaye, de la Sonora et du Nouveau-Mexique.

Ces sauvages, comme ceux de l'Améiique méridionale , montrent plus de vivacité et d'éner*

DB l'histoire du MEXIQUE. s33

gie que les Indiens cultivateurs. Les langues de certaines peuplacies sont remarquables par leur mécanisme , qui semble indiquer une ancienne civilisation.

Les' blancs qui habitent le Mexique , se divisent en blancs nés en Europe , et en descendans d*£uropéens nés dans le pays. On appelle les premiers Cachupinesy les seconds Créoles, Les uns et les autres étaient égaux devant la loi , sous le régime colonial; mais une politique étroite et soupçonneuse alimentait les motifs de jalousie et de ressentissement qui divisaient les deux classes. Tous les emplois étaient devenus la proie des Européens. Le plus misérable d*entr*eux , sans .éducation ^ sans culture , se croyait supérieur à tous les blancs nés dans le Nouveau-Monde. Enfin, la liberté est venue remettre les choses à leur place; et la nation mexicaine a prouvé qu^elle ne manquait d'aucune des qualités qui forment les grands peuples.

M. de Humboldt évalue à un million deux cent mille âmes la population blanche du Mexique, dans laquelle il ne suppose pas qu'il y ait plus de soixante-dix à quatre-vingt mille Européens ; le nombre en a diminué encore depuis la révolution. tiCS lois espagnoles pro-

ao*

a34 RÉSUMÉ

hibaient Tentrée dans ]es colonies, de tout Européen qui n*était pas né dans la péninsule. Les noms d'Européens et d'Espagnols sont deye-.

nus synouimes au Mexique ; et les habitans des provinces éloignées ne conçoiyent pas qu'il y ait des Européens qui ne parlent pas leur lai^ gue. Cette ignorance leur parait une preuve de basse extraction, parce que, dans leurs enyirons, la dernière classe du peuple est la seule qui ne sache pas l'espagnol. Ils s'imaginent que l'Espagne exerce sa prépondérance sur tous les autres états de l'Europe ; et la péninsule est, pour eux , le centre de la civilisation euro^ péenne. Il n'en est pas ainsi des Américains qui habitent la capitale. La culture de l'enten* dément fait, parmi eux, de plus rapides progrès que dans leur ancienne métropole, aujourd'hui en proie aux factions. L'étude des mathématiques , de la chimie , de la minéralogie et de la botanique est très-suivie à Mexico. De tous.

côtés, on remarque une grande impulsion vers les lumières scientifiques. Partout on rencontre une jeunesse dotée d'une singulière facilité pour pénétrer les principes des connaissanceshumaines. Aucune ville du Nouveau - Monde , sans en excepter celles des États - Unis ^

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ne présente un aussi grand nombre d'établissemens d'instruction publique que la capitale du Mexique. Au premier rang, figurent la mineria ou école des mines , le jardin botanique-et l'académie des beaux arts. L'école des mines est un établissement qui date de quarante ans enTÎron. L'édifice qui lui est consacré, n'est surpassé 9 en grandeur ni en beauté, par aucun de ceux qui ont une semblable destination en Europe. Il a été construit à grands frais, et libéralement pourvu de cboses nécessaires, par les propriétaires des mines et les autres riches babitans. Mais hélas ! ses fondations, placées sur le sol humide du lac, ont déjà fléchi; et ses élégantes colonnes sont visiblement inclinées (i). Espérons qu'au moment où nous écrivons ces lignes , le nouveau gouvernement du Mexique , qui s'annonce sous de si favora- Jsles auspices, aura apporté remède au danger qui menace ce bel établissement , et aura empêché sa ruine complète.

L'académie des beaux arts doit son existence au patriotbme des plus riches Mexicains. Le gouvernement lui a concédé un bâiinient spa-

(i) Beulach 9 Ttyage au Mexique en 1823.

iSÔ BZSUMB

cieux , dans lequel se trouve une collection de pl4tres,plus belle que toutes celles d'Allemagne. On admire principalement un Apollon du Bd* Teder , im groupe de Laocoon, et d'autres statues plus colossales encore, qui sont arrivées dans ce lieu par des sentiers pour le moins aussi étroits et aussi rapides que ceux du Saint-Gothard. Cette collection a coûté plus de quarante miDe piastres. L'établissement a exercé une grande influence sur le goût de la nation. Elle a été surtout sensible dans la construction des édifices, dans la manière de travailler les pierres, dans le perfectionnement des chapiteaux et des bas-reliefs. Les bâtimens dignes d'admiration ne sont rares ni à Mexico, ni à Guanaxuato , à Queretaro et dans d'autres villes de province. Il en est qui coûtent trois cent mille piastres , et qui ne seraient pas déplacés dans les plus belles rues de Paris, de Berlin et de Saint-Pétersbourg. Un sculpteur de Mexico, appelé Toisa , a réussi à fondre une statue équestre de Charles IV qui , à l'exception de celle de Marc-Aurèle à Rome, surpasse tout ce que nous avons en Europe (i). L'enseignement

(0 M. de Humboldt.

DE L*HISTOTRE DU MEXIQUE. sBj

qu'on reçoit à l*acadcmie est gratuit , et ne se ht>me pas au dessin du paysage et de la tête. D'autres moyens sont mis en usage pour vivifier l'industrie nationale. Tous les soirs, se réunissent, dans de grandes salles bien éclairées, des centaines de jeunes gens dont les uns dessinent d'après la bosse et au naturel , d'autres copient des meubles, des candélabres , des ornemens de bronze. Là , se trouvent confonduesles classes , les couleurs et les races ; là , se voient rindien et le métis à càxé du blanc, et le fils du pauvre artisan à côté des enfans des premiers citoyens. Tel était la situation de Tacadémie en iSo3. Vingt ans de guerres intestines lui ont fait éprouver un changement bien déplorable. Un voyageur qui l'a visitée en i8a3, rapporte qu'elle ne compte plus un seul élève, que son vénérable directeur vit encore, mais qu'il est dans l'indigence et presque aveugle. Au sortir d'une grande commotion politique, les maux ne se réparent pas en un jour. Tout est déjà rentré ou rentrera dans l'ordre, et l'académie brillera d'un nouvel éclat. Ce ne sont pas les gouvememens libres qui méprisent les sciences et qui entravent leur essor.

a38 RÉSUMÉ

Le jardin botanique occupe l*un des quartiers du palais de Tancien yice*roi. Quoiqu'il soit placé an milieu d'une grande TÎlle» les productions végétales y réussissent parfaitement De sa vans professeurs y font des cours qui sont très-suivis. Les principes de la chimie, qui, dans les colonies espagnoles , est désignée sons le nom un peu équivoque de nouvelle philosophie^ sont plus étudiés au Mexique que dans la péninsule. Le voyageur européen rencontre , jusqu'aux confins de la Californie, de jeunes Mexicains qui raisonnent sur la décomposition de l'air. L*école des mines possède un laboratoire classé suivant le système de Werner, et un cabinet de physique contenant de précieux instrumens venus de Londres et de Paris, et des modèles exécutés à Mexico avec un exactitude surprenante. C'est dans cette ville qu'ont été imprimés le meilleur ouvrage de minéralogie que possède TEspagne (celui de Del Rio) et la première traduction espagnole des élémens de chimie de Lavoisier,

L'enseignement des mathématiques est plus négligé dans l'université de Mexico qu'à l'école des mines. Trois Mexicains se sont distingués dans l'otude de l'astronomie. Ils se nom-

î)E l'histoire dit MEXIQUE. alg

niaient Vélasquez, Gama et Alzate. Le dernier, qui était le moins instruit, correspondait avec racadémie des sciences de Paris.

Ainsi que la science , la richesse au Mexique appartient presqu'exclusivement à la classe blanche. Le temps n*est pas éloigné où Tune et l'autre seront plu ségalement réparties. Il existe des individus qui , sans posséder des mines , jouissent de deux cent mille piastres de rente. I^ famille du comte de Valendana possède des terres, le long des Cordillières, pour plus de cinq millions de piastres, sans compter la mine Valenciana près de Guanaxuato, laquelle donne, année commune, un bénéfice de soixantequinze mille piastres. Cette inégalité de for* tune se fait particulièrement sentir dans le clergé, dont une pprtion gémit dans la dernière misère, tandis que quelques-uns de ses membres ont des revenus plus cotisidérables que divers princes d'Allemagne. Le clergé mexicain est bien moins nombreux qu'on ne le cix)it en Europe.

Il se compose seulement de dix mille individus, dont la moitié environ sont des réguliers.

Ajoutant à ce nombre les frères lais et les domestiques des couvens, c'est-à-dire, tous ceux qui ne se destinent pas aux ordres» on peut le cal-

a4o R950ME

culer de treize à quatorze mille indWidos* Lei seuls couvens de saint François , en Blspagne» réunissaient, ayant la révolution, un personnel phis étendu. La rente annuelle des huit éréchés mexicains monte à la somme totale de cinq cent trente-neuf miUe piastres. Les biens fonds du elergé ne s'élèvent pas à trois millions ; mais il possède des richessses hypothéquées sur les propriétés particulières , dont la somme n'est pas moindre de quarante-quatre millions et demi. Dèsle principe de la conquête, Cortez se plaignait de l'opulence de ce corps, et de la difficulté de le maintenir dans la discipline ecclésiastique. « Je supplie votre majesté, disait-il à Charles-Quint , de m'envoyer des religieux , et non des chanoines qui étalent un luxe effréné , laissent des trésors à leurs fils naturels , et donnent un grand sujet de scandale aux Indiens nouvellement convertis (i). »

La renommée des grandes richesses du Mexique a fait concevoir de fausses idées sur l'abondance d*or et d'argent qu'on y emploie en meubles et en ustensiles de cuisine. Si l'on y

(i) Le cardinal Lorenzsna , d'après M* de Huoiboldt.

DE l'histoire DV MEXIQUE. l4^

voit soayent des hommes du peuple les pieds nus, mais armés d'énormes éperons d'argent»

c'est que tout autre métal y est moins commun; si on y trouve quelques plats d'argent , c'est que Ja porcelaine est fort rare dans ces contrées nouvellement découvertes. On rencontre cependant , au Mexique , bon nombre d'artisans mulâtres et noirs libres , à qui leur industrie a donné une certaine, aisance. Les fortunes de dix à quinze mille piastres ne sont pas rares dans cette classe, tandis que la capitale renferme de vingt à trente mille individus qui passent la nuit exposés à l'inclémence du ciel , et qui, le jour, nus et enveloppés d'un manteau de flanelle , s'étendent an soleil et s' j livrent au sommeil. Ces p<Mtefaix , composés , en grande partie , de métis , ont une grande analogie avec les lazaronis de Naples. Quoique paresseux et abandonnés , ils n'ont rien de féroce dans le caractère; jamais ils ne demandent l'aumône ; avec le travail d'un jour par semaine, ils gagnent de quoi acheter des boissons fermentées, et quelques canards, qu'ils mangent cuits dans leur graisse.

De toutes les colonies européennes situées sous la zone torride, le Mexique était celle dans

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laquelle il y eut le moins de nègres. On peut dire aujourd'hui que ce pays ne compte pas d'esclaves, On traverse en tous sens la Tille de Mexico, sans y trouver une figure noire; et le service des maisons y est fait par des hommes lihres. Les neuf à dix mille nègres qui habitent la Nouvelle-Espagne, se trouvent dans les ports d'AcapulcOf de la Vera Crux et €lans les teins chaudes.

Les lois défendent l'esclavage des noirs au Mexique. Cependant , par un abus bien étrao* ge, deux espèces de guerre, fort différentes au preimer aspect, produisent une classe d'hommes qui ressemble beaucoup aux esclaves africains. Les missionnaires de rAmériqne méridionale font, de temps en temsp , des expéditions dans les contrées occupées par de pacifiques tribus dlndiens appelés sauvages^ parce qu'ils n'ont pas encore appris à faire le signe de la croix, comme ceux des missions.

Dans ces incursions nocturnes, conseillées par le fanatisme le plus criminel , ils s'emparent de tout ce qui leur tombe sous la main, principalement des enfans, des femmes et des vieillards. Les fils sont cniellemeut séparés de leurs mères, pour empêcher qu'ils ne cherchent de concert

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DE L*HISTOIRB DU MBXIQUI. ^43

les moyens de 8*ëchapper. Le moine, chef de Tiexpédition , distribue les plus jeuftes aux Indiens civilisés, qui ont contribué an succès de Tentreprise. Sur les rives de FOrénoque, on donne le nom de Poitos à ces malheureux prisonniers , qui sont traités comme esclaves jusqu'à ce qu'ils aient l'âge de se marier. Le désir d'avoir des Poitos et de les faire trayailler huit à dix ans, engage les Indiens des missions à pousser 1^ moines à ces incursions barbares. Au Mexique, les prisonniers faits dans la petite guerre, qui est presque continuelle sur les frontières des jprovinces intérieures, ont encore un sort plus déplorable que celui des Poitos, Ils sont enfermés dans les cachots de VAcordada , où la solitude et le désespoir augmentent leur férocité; souvent ils rompent leurs fers et commettent les plus atroces cruautés. Au moment où nous écrivons, le gouvernement libéral du Mexique doit avoir jeté les yeux sur ces infortunés , dont le nombre est très-peu considérable , et dont il est plus facile par conséquent d'améliorer la situation. ^

Le petit nombre de nègres esclaves qu'on trouve au Mexique , jouit de plus de liberté

a44 AjêsuMB

que ceux des autres états de l'Amérique. Celui d*eDtre eux, qui, par son industrie, a réussi i ramasser quelque argent, peut forcer son maître ile rompre ses fers , moyennant trois à quatre cents piastres. On ne peut alléguer que le coût de son premier achat a été triplé , ni qu'il possède une habileté particulière dans un métier lucratif. Tout esclaye cruellement maltraité par son maître a le droit d*exiger sa liberté; la législation la lui accorde.

Pour achever la oescription des élément qui composent la population mexicaine « il nous manque d'expliquer rapidement la difFt!rence des castes procédant du mélange des races primitives. Ces castes forment une masse presqu 'égale à celle des indigènes ; elle peut être évaluée à près de deux raillions cinq cent mille individus. Les colons, par une vanitésjrafinée, ont enrichi leur langue de la désignation particulière des plus légères variétés de couleur. Le fils d'un blanc créole ou européen et d'une femme indigène de couleur cuivrée , s'appelle métis. Il est parfaitement blanc, sa peau est d'une grande transparence, sa barbe peu t'^aisse , ses mains et ses pieds petits , son regard oblique. Si une métise s'unit à un blanc.

DE l'histoire du MEXIQUE. i/\S

la seconde génération qui en résulte , se distingue à peine de la race européenne. Le métis est généralement plus doux que le mulâtre^ qui provient d*un blanc et d'une négresse, et qui se fait distinguer par la violence de ses passions et par une grande volubilité de langue. Le descendant d'un noir et d'une indienne porte le nom singulier de chinois. On appelle zambo , les enfans d'un noir et d'une mulâtresse , ou d'un nègre et d'une chinoise, D faut distinguer, de ces zambos communs , les zambos noirs qui naissent d'un nègre et d'une zamba. Du mélange d'un blanc avec une malâtresse, vient la caste des quarterons ; et quand une qaarterone se marie avec un européen ou un créole, son fils se nomoïe quinteron. Un nouveau rapprochement avec la race blanche fait tellement perdre ce reste de couleur, que le Gh. d'un blanc et d'une quinterone est aussi blanc. Les castes de sang indien et africain conservent l'odeur particulière à la transpiratiofn cutanée de ces deux races primitives. H est clair que , dans un pays gouverné par les blancs., les fa-* milles qui croient avoir reçu en« partage la moindre portion de sang noir et mulâtre , sont naturellement les plus honorées. En Espagne,

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3<f6 RÉSUMÉ

il y a une espèce de titre de noblesse à ne descendre ni de juifs ni de maures; en Amériqne, la peau plus ou moins noire décide du rang, qu'un homme occupe dans la société. Un blanc, lors même qu'il monte pieds nus à cheyal , s'imagine être de la noblesse du pays. La couleur établit une sort^ d'égalité entre les hommes qui, là, comme partout on la civilisation est peu avancée, se plaisent à épurer les plus petites prérogatives de race et d'origine. Quand un homme du peuple a une altercation avec une personne titrée , il commence par lui dire : « Croyez vous donc être plus blanc que moi ?» expression qui caractérise parfaitement l'état et l'origine de l'aristocratie mexicaine (i).

Les costumes des différentes classes varient à l'infini. I^es vétemens des Espagnols et des Créoles diffèrent peu de ceux qu'on porte en Europe. Ils se servent, chez eux , de petits surtouts ou casaques de calicot imprimé. Les dames sont presque toujours vêtues de noir dans les rues. Elles ont la tête découverte , quelquefois ornée de fleurs artificielles , plus souvent d'im voile léger jeté sur leurs beaux cheveux, qu'elles

(»J M. de Ilunîboldt.

DE l'hISTOISK du MEXIQUE. l47

passent beaucoup de temps k tresser. EOes se monti eut fort rech e rc hée s daus leur diaussure, et leurs bas sont généralement de soie.

Les paisanos on gentilshommes de campa> gne, portent des calottes brodées, de peau de conlenr, ouTertes snr les genoux, et ornées d*un grand nomibre de petits boutons d'argent , une chemise brodée avec un ecA. très-haut, et une Teste courte en calicot imprimé, sur laquelle est jetée une élégante numga nu manteau.

Leurs pieds sont couTcrts de cothurnes particuliers au pays , de peau couleur canndle, entourant la jambe, et attachés aTec des jarretières ; leurs diapeanx , de dircrses couleurs « ont les bords larges et la fonne basse; ils scint ooràês de galons d*or ou d'argent , a^ec une bon<;leet une firange de même métal.

L'équipage du cheral n^est pas moins coûteux que celui du cavalier. La grande selle espagnole, avec ses larges oreillettes, est ridiement brodée de soie , d'or oa d'argent ; l'aroon très-éleré est rerétu des mêmes métaux. Les étriers sont en argent, on en bms couTcrt d^étofife brodée. La bride est étrmte avec ua mors très-large, qui permet d'arrêter le plu» fougueux dieral en plein galop.

a4S AÉStlME

Le costume des classes pauvres ]^ soit créoles soit indiennes , Tarie suivant les provinces. A Mexico et à Toluca, les premiers» conune nom Tavons dît, n*ont pour imique vêtement qu'une couverture de flanelle ; les seconds portent un chapeau de paille , une veste juste avec des manches courtes en drap grossier cm en pean, et des culottes ouvertes sur les genoux , aussi en peau, avec le poil en dehors. Us ont encore par dessus ce vêtement, des caleçons de calicot, - qui descendent jusqu'au milieu de la jambe; et leurs pieds sont garantis par des sandales de cuir, semblables à celles des Romains. Us vont rarement à cheval , ne marchent pas non plus d'un pas ordinaire , mais , malgré les charges ~ les plus pesantes , parcourent de longues routes au petit trot. Les femmes , qui sont en général proprement vêtues et d'un maintien modeste, n'ont qu'un petit jupon et une veste courte.

Leurs longs cheveux sont tressés avec des lacets rouges. Pour se garantir des rayons du soleil pendant les longues heures qu'elles restent assises sur la place du marché, elles mettent quelquefois sur leur télé une grande feuille de chou , on tout autre de même dimension.

Leurs cabanes ressemblent à celle des pre-

DE L^HISl'OIRK DU MEXIQUE. ^49

nilers Mexicains ; elles sont de caones et de feuilles , en briques , en planches , en pierres même, suivant le pays. Une natte étendue à terre pour servir de table, un hamac suspendu pour servir de lit , «juelques vases de terre, quelques calebasses, une pierre pour faire cuire les tortilhs ou pain de maïs : voilà leur ameublement utile. Une grossière figure de saint ou une mauvaise gravure , avec quelqu^* . vases à fleurs : voilà leurs meubles de luxe.^

Depuis la conquête , le Mexique comprenait . -'.. i" le royaume de Mexico ; a** le royaume de la Nouvelle-Galice ; 3° le nouveau royaume de Léon ; 4° I& colonie du nouveau Saint- Ander; 5** la province de Texas ; 6^ la province de Gohahuila; 7^ celle de la Nouvelle-Biscaye; 8° celle de la Sonora ; 9* celle du Nouveau* Mexique; 10* celle des deux Califomies. Ces anciennes divisions sont encore fort en usage dans le pays. Le ministre des Indes, don Joseph Galvez , les remplaça par douze intcn" dances, et par trois districts fort éloignés de la capitale , qui conservèrent la dénomination de provinces. Ce furent les intendances de la Nouvelle-Biscaye , de Ja Sonora , de San-Luis de Potosi , de Zacatecas, de Guadalaxara, de

aSo RÉSUMÉ

Giianaxuato , de Valladolid, de 'Mexico, de la Puebla , de la Vera-Crux , de Oaxaca , de IVIérida , et les provinces du Nouveau-Mexique, de la nouvelle Californie et delà vieille Californie. Le Mexique forme aujourd'hui une république fédérative, composée des états sui* v.ints : le Guanaxuato ou état occidental de rintérieur, dans lequel sont comprises les proyinces de la Souora et de Cinaloa; l'état oriental de l'intérieur , qui renferme les provinces de CoUahuila, de la Nouvelle-Léon et duTexas; l'état de l'intérieur au nord., composé des provinces de Chihuahua , de Durango et du Nouveau-Mexique ; l'état de Mexico , ceux de Méchoacan, de Oaxaca , de la Puebla de los Angeles, de Queretaro, de San Luis de Potosi, duNouveau-Saint-Anderquiapris le nom d'état des Tamaulipas , de Tabasco, de Tlascala , de la Vera-Crux , de Jalisco , de Yucatan et de Zacatecas. Les deux Californies et le district de Colima (excepte le village de Tonila qui reste uni à Jalisco) sont devenus territoires sujets imnit'diats de la confédération, et soumis à SCS pouvoirs souverains. L^*s terres et bourgades qui composent la province de l'isthme de Guazacualo, retournent aux états auxquels

DS L'BtsroiRS DU MEXIQUE. l5l

%8 appartenaient précédemment. La ligne de limite de la confédératioa est prise de Tctat de Yucatan.

Parmi les ailles les plus peuplées du Mexi« que , une mention spéciale est due à Mexico , Guanaxuato, la Puebla , Queretaro , Zacatecas et Oaxaca. La première , a cent 8oixaute*huit mille huit cents habitans ; la seconde, soixantedix mille, ayec ses mines ; la troisième, soixan* te-sept mille ; la quatrième , trente-cinq mille ; la cinquième, avec ses mines, trente-trois nulle ; la sixième , enfin , vingt-quatre mille. Celles qui viennent immédiatement après, n'ont pas, chacune , une population de vingt mille âmes. Un plus grand nombre varie de trois à six mille; enfin, il est des mîissions qui ne renferment pas trois cents Indiens.

Accoutumé , depuis long-temps, à entendre parler de la capitale du iMexique, comme d*une ville bâtie au milieu d*un lac , et qui n*a de communication avec le continent que par le moyen de digues , on n^est pas peu étonné de trouver que son centre actuel est éloigné de quatre mille cinq cents mètres du lac de Tezcnco et de plus de neuf mille de celui de Chalco.

On sHmagiiie alors que les descriptions faites

par l6K eonqnérans manqMiit d'exactitude, ou que la cité actoéUc n'a^Mi été bâtie mr le même temiii que FancicnBe réûdenee de Montéuna. Hais ce n'est ptsMeuoo qui a cbangé deplMe.La cadiédnle est conaCrnitie sai les raines dnteàiple de HnîtxilopociitB; kne actuelle de T»coh*<rt r an cienne rae deTlaoepan , pÉr laqpdlfe Certes op6« sa lelniie dHM la famense nmt de désolation ; la ififiKrenoa ds situation qu'on remarque dans les cartes, provient seulement de la dinmnitioii pn>gUMÎie qu'ont épiovYé les eau dn lae de

Suivant' le récit de Cortex, randemie Tenochtitlan devait reiflemUer à certaines TiDss de la Hollande , de la Chine on du I>elta de la Basse-Egypte. La capitale, telle que l'imt rebâtie les Espagnols , présente un aspect peut* être moins riant, m^ûs plus noble et plot mih jestoeux. A l'exception de Saint-Pétersbourg , de Berlin, de Fhiladdphie, et de quelques quartiers de Parts et de Londres, il existe peu de TÎIles qui puissent lui être comparées pour le niveau du sol , pour la rt*gulanté et la largeur des ruesy et pour la grandeur, des places. L'architecture, en général , est d*un style assez par

DB l'histoirb du mbxiqus. i53 et Vintérieur des maist )Os n'est pas surcharge d*ornemens de mauvais goût. Elles sout d'une baoteur égale (généralement deux étages ) ornées de ba!coBS de fei* IravaiUi.* , pein* ou doré , et quelquefois de bronze. La façade est peiuteordinairement eu blanc , en rouge ou en vert -clair. Ou y écrit quelquefois des pa<;sAges de TEcriture. Elles ont au lieu de ^oifs des terrasses, comme eu Italie et dans les contries méri* dionales.

n n'existe pas de spectacle pins imposant et plus varié que celui qu^offie la \a!L-e de Mexico , lorsque dans une matinée dVté, sous ce beau ciel d'azur propre à l'air sec et raréfié des hautes montagnes, elle se découvre au voyageur arrivé sur la colline de Chapottepec. Autour se déploie la plus riche végctation. D'énoimes cyprès de plus de quinze à seize mètres de circonférence élèvent leurs cira* s sans feuilles au-dessus des Schimes qui ressemblent aux saules pleureurs de TOrient. Du fond de cette solitude la vue domine une vaste plaine et des champs cultivés qui vont se perdre au pied d'une chaîne de montagnes colossales (^ouvertes de neiges étemelles. La ville parait baignée par les eaux du lac de Tezcuco qui, environné de

aS4 sésuMi

bourgs et de TÎllages rappelle les «ites les plni enchanteurs de la Suisse. De toutes parts on arrÎTe à la Cité par de grandes allées d'ormes et de peupliers blancs. Deux aqueducs traversent la plaine sur des arches hardies. Ati nerd se montre le magnifique couvent de N. D. de la Guadeloupe , construit sur le penchant des montagnes de Tapeyacac au milieu des bananiers. Au midi , toute la campagne entre St Ange , Tacubaya et Saint- Augustin ressemble à un immense jardin planté d'orangers , de pêchers , de pommiers , de cerisiers et d'antres arbres fruitiers d'Europe. Cette belle culture forme un contraste avec Taspect sauvage des montagnes arides qui ferment la vallée et parmi lesquelles on remarque les fameux volcaus de la Puebla, de Popocalepetl et d'Iztaccihuall. Le premier forme un immense cône dont le cratère toujours enflammé lance à travers des neiges étemelles le sable et les cendres qu'il arra* chc de ses entrailles Ci).

La plupart des rues de Mexico ont de^ trottoirs ; elles sont bien entretenues et bien éclairées. Outre l'école des mines^ le jardin botanique,

(i) M. de Humboldt , G. vm.

»K L^HISTOI&K DU MEXIQUE. a55

Tacadémie des beaux arU et la statue de Charies rV y doDt noos aTODS parlé , les objets qui attirent principalement Tattention des Toyageors sont : i** la cadiédrale dont noe petite partie appartient au style gothique , mais dont rédifîce principal avec ses denx tours ornées de pilastres et de statues , est d'une construction très-moderne; elle a cinq cents pieds de long; 9* les cooTcnSf surtout celui de St. François ; 3** lliètel de la monnaie contign au palais du Tice-roi et duquel depuis le commencement du i6*sièdejnsqu*en i8o3, il est sorti plus de mille trois cents mîllicHis de piastres en or et argent niooojé ; 4^le» deux hospices réunis, dont l'un entretient six cents et l'antre huit cents enfims et Tieillards. On j remarque assez d*ordre et de propreté ; 5** la Acoordada bel édifice dont la prison est spacieuse et bien aérée ; 6* les bâtimens de Tunirersité et de la bibliodièqne publique qui sont peu dignes de pareils établissemens ; 7* le palais du gonremement , palais Traiment magnifique et presque carré, avec une Êiçadede plnsienrs centaines de pieds;8'' le pabisdeChapohqwc, construit par le \ice-roi Galvez sur une petite colline à une lieue d« b ville. Sa constmctiofi a coûté des

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n% I.*HISTOIftB Dtr MKXIQUS. i^^

d*arbres. Il eo résulte un petit plateau couvert de plantes potagères , de fruits et de fleurs. Le marché de Mexico n'est presque fourni que par ces Chinampas.

Les antiquités du Mexique consistent principalement en pyramides où restes de teocallis , en manuscrits , et peintures hiérogUfiques , en idoles de pierre et de terre cuite. Ce que nous ayons dit de ramcieO' teocalli de Tenochtitlan sur les mines duquel a été construite la Jjfiùié^ drale de Mexico , nous dispense dVntrnTdcans de nouveaux détails à ce sujet. Les bornes de cet ouvrage s'opposent également à ce qUè nous ajoutions rien à ce que nous a'vons rapporté des manuscrits et des peiutiu-es hieroglifîqiies de ce peuple. Quant aux statues, nous ne croyons pas pouvoir mieux faire que d*insérer ici la description qn*un voyageur a faite de celle de la déesse Téoyaomiqui dont nous avons parlé dans notre premier livre.

« Ce monstre horrible et colossal a été taillé dans un bloc de basalte de neuf pieds de haut. Il se compose d*une figm^e humaine difforme / unie à tout ce que la structure du tigre et dir serpent à sonnettes offre de plus affreux. Deux grandes vipères lui tiennent lieu de bras , et sa

338 KisUMS

draperie est composée de reptiles entoitîlUi en nombreux anneaux de la manière la plus horrible. Deux aâes de yautour terminent set côtés. Ses pieds sont ceux d*on tigre «tcc des griffes étendues comme pour saisir sa proie , et au milieu d*eux parait la tête d'un antre aeipeikt à sonnettes qui semble descendre du corps de Fidole. Ses ornemens s'accordent ayec sa hiheuse figure. C'est un large collier de cœnrs humains , de crânes et de mains enfilées par des entrailles et couvrant entièrement la poitrine à l'exception des mamelles. Cette statue a évidemment été peinte de couleurs naturelles , qui devaient beaucoup ajouter an terrible efîet qu'elle était destinée à produire sur ses adorateurs (i). •

Un printemps étemel règne dans ces fertiles contrées, centre de l'empire Mexicain et siège de ses plus belles cités. La température moyenne du plateau du Mexique est de soixante-deux degrés du thermomètre de Fahrenheit, c'est-à-dire à peu près la température de Rome. Ailleurs elle varie suivant la situation des différens pays. Sur les bords de la mer elle est brûlante et humide.

(i) BcuUocli, Voyage au Mexique.

DS I.*HISIOIRB DU MEXIQUE. sS^)

Elle est fnîdie et même froide aa pied des montagnes. M ôs dans Tiirténeiir les faabitans ignoreot la rigueur des hiyers et Faidenr des étés. Le mènoe Tétemcnt les courre toute rannée et dans tonte saison les animaux d<»ment sons la Toute du cieL Les producrtions de cet heureux climat étonnent parleur TariétL Si jusqnlci quelques T^étanx 4c l'£uiupe y sont inconnus, c'est la politique inquiète de l'Espagne ou son incurie qu'il font en accuser. Ainsi la TÎgne si long-temps bannie par les opi^e^eurs du Mexique , pro^>ère aujourd'hui dans plusieurs pro- Tinœs. Le mais a toujours été pour les indigènes le premier et le princqial aliment. La terre rend jusqu'à trois ou qpatre cents fois ce qu'elle a reçu ; on a calculé le produit des semences de cent trente k cent cinquante grains pour un.

Le blé est un des dons que Fanden monde a fait an noureau. Son introduction date de 1 53o. En Europe la proportion entre la semence et la récolte est ordinairement de dnq pour un ; au Mexique eUe est de trente ou qoanuite pour un. Mais la sédieresse détruit sourent Tespoir du cuhfYateivdans un pays où l'usage des arrosemensest escore peu connu.

Dans le nombre des produits que nous arons

ù()0 tiàsvmà

acclimatés sur notre continent , on distingtie d*jiboid les patates ou pommes de terre , que l'on cultive généralement au Mexique, tnaisqni n*y sont point indigènes. Ce tubeicuie y Tient des montafi^nes du Pcrou. Les Mexicains ré* coitent encore la banane et le manioc , les végétaux nourrissaus de tous lés climats , les légumes qui forment une partie de la nourriture des peuples de l'Kurope. La culture de la Tigne, de Polivier , du mûrier , du chanvre et du lin proliibr's par la législation espagnole, ne tardera pas a prendre un grand développement sous le g«)uvernement réj)ublicain. De tous les breuvages usités au Mexique le pulque , liqueur fermentée extraite de l'aloës , est le plus roona p.)i mi 'e peuple. Son goût a quelque ressem- L'atice avec celui du cidre. La distillation de cette liqueur produit uiie espèce d*eao-de-vie. L'alocs fournit encore aux Mexicains des produits d'une utilité diffi rente ; ils en tirent de la coi de et du pa))ier.

La plus giaiVdi' quantité de sucre que produit le Mexique, se consomme dans le pa^setne sVlè\t'}ias îjudessus de seize niil!ioiis île kilogrammes. U n'en SDrt pas actuellement plus de trois cent douze mille kilogrammes de cotoB.

DS I.^HTSTOTllK DU MEXXQVWr ^1

Cependant cette quantité, quelque peo cou« sid.'rable qu*elle paraisse, Test dix fois plu» que celle exportée par les États-Unis en 1791. Douze ans plus tard . le produit du coton de ce dernier pays était trois cents soixante-dix -se^t fuis plus grand ; effet intVitable de l'industrie d'un peuple libre et bien goUTerné. Le Mexique est daus la bonne voie. Connparant sa position et celle des États- Unis « il n'est pas douteux qn'iin jour ils fournissent ensemble la plus grande partie du cutou que l'Europe emploie dans ses manu^actui es. L'usage du café est encore si rare au Mexique, que dans toote la république on n'en consomme pas annnellement plus de quatre à cinq cents quintaux, tandis qu'eu France oà la population n'est pas cinq fois l'^ns forte , on en con« somme par an près de deux cents trente mille quintaux. La culture du cacao était commune dans l'empire de Montezuma. C'est là que !es Espagnols connurent cet ai bre précieux qu'ils out transplante aux Canaries et aux Philippines. Les Mexicains préparaient un breuvage appelé Cho^ eolatl dans lequel ils mêlaient du cacao ( cacabualt ) un peu de farine de maïs , de la vanille ( tiUocbitl ) et le fruit d'un espèce de pimeni

96s BKSUMB

( mecaxbchnt). A peine reocontre-t-on amjoar* dliui quelques pieds de cacao dans les environs de Colima et sur les rives du Guasacualco.

Le Mexique tire tout celui qu'il emploie , de Gnatimala , de Maracaybo , de Caracas et de GuayaquiL En revanche, il récolte encore de nos jours la vanille , la salsepareille , le jalap , la serpentine et une foule d'antres prodacticos dont rénumération nous entraînerait trop loin. L'incîigo n'y vient qu'en petite quantité* Ledi* mat du pays convient admirablement à la culture du tabac, et peut-être n'est-il nulle part d'une consommation plus générale.

La cochenille est un produit particnHer an Mexique. Il mérite la plus sérieuse attention. Cette denrée était connue avant sa découverte. Aujourd'hui l'intendance d'Oaxaca est la seule qui se livre à ce genre de culture. U y a quelques années la province de Yucatan recueillait la cochenille en abondance ; mais en une seule nuit , tous les figuiers qui nourrissent l'insecte qni la produit, furent trouvés abattus et l'animal périt faute d'aliment. Les Indiens accusèrent de cette perto le gouvernement espagnol qui , disaient-ils , voulait en assurer le commerce exclusif à la province de Oaxaca. La quantité

DK l'hTSTOTRB du KSXIQUS. 3(^

de ooGhenille que la Yerra-Cruz exportait en Espagne pouyait, ayant la réyolutioD, s'évaluer, année commone à quatre mille surons ou trentedeux mille arobes , ce qui , portant l'arobe à soixante-quinze piastres produisait deux millions quatre cent mille piastres. L'éducation des vers à soie aurait pu rapporter des bénéfices considérables, si des motifs politiques ne se fussent opposés à l'établissement des manufactures destinées à tirer parti du travail de ce précieux insecte.

Les Mexicains, à l'époque de la découverte, possédaient peu d'animaux domestiques. L'Europe leur en a fourni qui se sont propagés dans une proportion considérable et qui sont devenus la soudiede troupeaux immenses. Les plaines en sont couvertes. Le suif que les babitans tirent de leurs porcs, suffît pour alimenter les manufactures de chandelles et de savon. Ils exportaient jadis des peaux en Europe , mais leurs besoins se sont tellement accrus qu'ils consomment anjorn-d'hui tout ce qu'ils produisent.

Disons un mot de la péche des perles et de la baleine. I-es eaux qui, depuis la découverte du nouveau continent, ont donné aux Espagnols la plus grande abondance de perles , sont leij

atteiTtiges des îles Cuhagna et Coche « la cdte de Ciimaua, rembouchtii-e du fleuve de la Hache, le golfe de Panama et les rivages de la CaBforaie. En 1587 on apporta à Séville trois centi treize kilogrammes de perles, parmi lesquelles fl y en avait cinq kilogrammes de magnifiques pour le roi Philippe II. Cette pèche très-productive a été promptement abandonnée par les Indiens et les nègres dont les navigateurs refusaient de payer les services. Si les Mexicains voulaient s*adonner à la pèche de la baleine , ils y trouveraient un grand avantage sur les Anglais et sur les Anglo-Américains. En trente-six hevresib pourraient aller du port de San-Blas aux ilei Marie. Ils auraient à faire 4000 lieues de moins que les Angio- Américains et pourraient se pourvoir de vivres à meilleur marché.

Aucune contrée de l'univers n'est peut-être couverte d'aussi belles forêts que le Mexique. Au-dessous des neiges éternelles qui couvrent leurs sommets volcaniques , les cordillières offrent à l'œil une chaîne de forêts superbes. J-e sapin, 1« cèdre, tous les arbres gommo-résineux , croissent dans les parties supérieures. L'acajou et le palmier ombragent la base de ces Alpes américaioes. Les arbres qui donnent

DE l'histoire du MEXIQUE. afiS

le fameux bois de Cainpèche croissent ea ahoiv* dance dans l'ancienne intendance de Mérida.

Tous les ans on en fait des coupes à Terabouchure du Champoton , dans les baies de l'Ascension , de tous les Saints et du Saint-Esprit. Les Anglais se livrent sur cette côte à un commerce de contrebande extraordinaire et en retirent d'énormes profits. Le bois de campèche une fois coupé doit sécher un an ayant d'être envoyé à la Yera Crux. II se vend sur les lieux de deux piastres à deux piastres et demi le quintal. De toutes les richesses répandues dans les champs fertiles du Mexique, aucune n'a eu phis d'influence sur les destinées du monde que les mines d'or et d'argent multipliées à l'infini sm> cette partie du continent américain. Trentesept districts, dont chacun est gouverné par un conseil spécial , contiennent quatre cent cinquante stations d'ouvriers qui exploitent près de trois mille mines; les plus abondantes. sont situées dans les provinces de Guanaxuato , de Zacatecas et de Catorce. Le Mexique exporte annuellement pour la valeur de cinq millions trois cent mille francs d'or et pour cent treize millions de francs en argent monnoyé ou en lingots. Dans le commencement du 19^ siède

%S6 fiésuMi

le produit moyen des mines a été de vingt-deax millions cent soixante dix mille piastres sans y comprendre ra taxe perçue par TEspagne. Cest dans les environs de Guanaxuato , sons un inel délicieux , au milieu d'un admirable pays, que se trouvent , dans des précipices af • freux , lf!S plus belles mines de 1* Amérique. Là sur tout on voit la fameuse mine ValenciaDt qui, ayant la révolution Mexicaine, rapportait à son propriétaire un revenu de cinq cent mille dollars (environ deux millions sept cent cinquante mille francs ).

On a prétendu que la mort régnait dans tontes les carrières du noureau monde. Sans donteles travaux des mines ont produit de pernicieux effets , alors qu*une loi barbare condamnait les mineurs au sort des esclaves , que les gale* nés souteraines étaient chargées de gaz délétère, et que riiumanité ne conseillait aucun soij) pour assainir Thabitation des ouvriers. Mais depuis rétablissement de Técole des mines, tout t bien changé ; l'air des carrières s'est épuré , le travail des ouvriers est devenu volontaire et leur salaire s'est accru. D'après les rapports de cette école, pour 1807, le nombre total des mineurs du Mexique s'est élevé à trente-deux mille

trois cent quarante sur une population de six millions. Quoique les mines de la nouvelle Espague soient des propriétés particulières, leur exploitation est néanmoins soumise à une législation spéciale, sous une corporation qui s'intitule tribunal général des mines, et qui est composée d'un directeur, de deux députés de chaque conseil provincial , d*un assesseur, de deux conseillers et d'un juge. Cette assemblée dirige les études de l'école des mines et choisit des professeurs pour les chefs-lieux des différens districts. La révolution mexicaine avait fait abandonner la plupart des mines; les eaux avaient envahi les galeries, et le produit de cette branche d'industrie était considérablement dimiBoé. Mais le secours des capitaux anglais et l'admission des madûnes , ont tout changé de face. Il est à croire que, sous peu, cette exploitation parviendra à un développement , qu'elle n'avait jamais obtenu.

Le sol mexicain produit , outre l'or et l'argent , du cuivre, du vif argent , du fer, de la houille , du cinabre , de l'étain , du plomb, du zinc , de Tantimoine, de l'arsenic, du cobalt et de la manganèse. Que de richesses qui^ sont encore enfouies ! Que de sources de prospérité

qui n'attendent que les regards du gouvernement libéral établi sur les ruines du despotisme espagnol !

Ce que nous avons k dire des manufactures du Mexique occupera peu de place. Quelques grossières étoffes de laine et de coton , dont le total montait à peine à 24 millions die francs, se fabriquaient anciennement dans ce pays.Cettc industrie a encore diminué depuis la révolution lia capitale et les provinces confectionnent d*excellens chapeaux de castor et des chapeaux de laine que portent les paysans. Les mangas , ou manteaux de coton épais dont se couvrent les gentilshommes campagnards, sont faits dans la république. La forme en est souvent élégante et le tissu solide. Il y a des verreries et des manufactures de fayence à la Puebla. L'aspect des boutiques de Mexico ne donne pas une idée de la richesse de la ville. Les ouvrages d'orfèvrerie sont fabriqués à l'ancienne manière. Tous les ornemeiis s'achèvent à la main. On voit quelques bons ciseleurs; mais généralement ces ouvrages sont inférieurs à ceux que produisent la France et l'Angleterre. Les pierres précieuses et les joyaux se vendent plus chers qu'eu B'urope. Les rubis seuls méritent d'étr«

DR l'hIATOIBE du MEXIQUE. H^f

cv portés. Les fabriques de galons d'or et d'argent , de passementerie et d'épaalettes sont poussées au plus haut degré de perfection.

Parmi les artisans y les tailleurs , en ce pays , sont ceux qui font le plus aisément fortune. H» travaillent assis sur des tabourets au lieu de croiser leurs jambes. Les modes sont confectionnées par des hommes. Vingt ou trente individus à figures rembrunies avec de grandes moustaches , sont an milieu de la rue occupé» à coudre des robes, à plier des mousselines, à faire des fleurs , à plisser des bonnets , tandis que de pauvres filles, à genoux sur la pierre , broyent le chocolat On fait à Mexico des confitures très-variées , fort bonnes et à des prix modérés. Le nombre des conserves s'élève au-dessus de cinq cents , et cependant aucune ne ressemble à celles d'Europe.

Le commerce intérieur du Mexique comprend le transport des productions et des denrées dans les terres , et le cabottage de la mer des Antilles et de l'Océan pacifique. Il n'est pas vivifié par une navigation intérieure de rivières et de canaux ; mais les chemins y sont nombreux et bien entretenus. Ses principa- \es branches sont : i** les productions et

jyo RÉSUMA

€t denrées importées et exportées par la Vcra* Cmz et Acapulco ; a* les échanges que les prc Tinces font entre elles; 3** quelques produits du Pérou et du Chili , qui trayersent le pays pour être èmharqués à la Yera-Crux. Le maïs est une branche de commerce fort importante entre Guadalaxara, Yalladolid, Guanaxuato, Mexico , San Luis de Potosi , la Vera-Cmx, Puebla et Oaxaca. Des milliers de mules qui arrivent toutes les semaines de Chihuahna et de Durango à la capitale, appottent, outre des barres d'argent, du cuir, du suif, un peu de y'm des provinces du nord, et des farines. Elles prennent en retour des laines des fabriques de Puebla et de Queretaro , des denrées d'Europe et des Philippines , de Tacier, du fer et du vifargent.

Le commerce extérieur a lieu par les port»

de la mer du sud et par ceux de l'Océan Atlantique. Les ports de la côte orientale sont Cam— pèche, Huasacualco, la Vera^Crux, Tampico et le nouveau Saint- Ander , si Ton peut donner le nom de ports à des rades pleines de bas fonds, à des embouchures de rivières fermées nar de» barres et qui n'offrent qu'un faible abri contre la fureur des vens du nord. Celui de la Vera—

CmXf qui est le plus considérable , a été plusieurs fois diangcde place, depuis sa fondation par Cortez; mais vainement on a cherché à le placer dans un lieu plus sûr, mieux pourvu d'eau et moins exposé aux maladies. C'est à la Vera-Crux, que règne la redoutable fièvre jaune, et elle y exerce ses ravages depuis les mois de juin et de juillet jusqu'aux premiers jours de décembre. Les Espagnols nomment ce fléau, plus meurtrier en ce pays qu'en aucun lien du globe , le vomissement noir, à cause de la couleur des matières que rejette l'estomac du malade. U est prouvé par de nombreuses expériences que le principe de cettç maladie réside dans l'air. Le moyen de gnérison le plus efficace est l'éloignement du foyer de l'infection. La fièvre jaune si funeste à la Vera-Crux est inconnue quatre lieues plus loin. Le chêne mexicain est la hmite de ces deux zones. Son aspect rassure le voyageur et lui apprend qu'il est à l'abrî du danger.

L'exportation de la Yer^-Crux consiste en or et argent, en lingots ou monnayé, vaisselle p]|ite, codienille, sucre, farines, indigOt viande salée, légumes secs et autres comestibles, cuirs eonpés, salsepareille, vanille, jalap, savon, bois

ï^l BÉSUMB

de Campéclie , poivre de Tabasco. L'imporfa^ tion comprend les. étoffes, les toiles de fîl , de coton , les draps, les soieries, le papier, l'eande-vie , le cacao , le vif-argent , le fer , l'acier, le vin , la cire. M. de Humboldt évaluait , en i8o3, l'exportation à vingt -deux millions de )Hastres et l'importation à quinze, ce qui donne uu total de connnerce de trente sept millions. II portait à cinq cents le nombre de navires qui rentraient dans le mauvais port de la Yera- Crux, tandis que celui d'Acapulcol, sur la côte occidentale, un des plus beaux du inonde, n'en recevait pas selon lui plus de dix. Son commerce consistait en quelque relation avec Manille , dans le cabotage de Guatimala , Zacatuia , San Blas , et dans le trajet de quatre ou cinq barques, qui allaient cbaque année à Guayaquil et Lima. L'éloignement de la Cliine, le monopole de la compagnie des Pliilippines , et surtout la difficulté de remonter la côte du Pérou contre les vents , étaient les causes principales de cette stagnation. Outre Acapulco , la côte de TOcéan pacifique possède les ports de San Blas, de Monterey et de San Francisco qui pourraient être fort avantageux pour la pêche des perles et de la baleine , et surtout

DK l'histoire du MEXIQUE. 3^3

pour le commerce des peaux de loutre , entre les a8* et 60* degrés de lattitude boréale.

Réunissant le commerce de la mer du sud à celui de rOcéan Atlantique , M. de Humboldt, au commencement du 19^ siècle évaluait Timportation des productions étrangères dans la nouvelle-Espagne, y compris la contrebande cjui est énorme, à vingt millions de piastres, et l'exportation de ce pays en prodnit de ses mines , de son agriculture et de son industrie manufacturière à vingt-neuf millions de piastres, non compris le quint du roi. Somme totale , quarante-neuf millions.

Le gouvernement fédératif a imprimé , au commerce du Mexique un essor qu'il n'avait jamais eu sous la domination espagnole. Dans le mois de mars iSiS , le produit de la recette des douanes seule a été égale aux dépenses de l'État. Voilà cependant les conséquences de cette liberté qu'on accuse de tant de maux!

Dans quelques années ce beau pays sentira mieux encore les effets de sa douce influence. Qu'on lui laisse le temps de perfectionner ses institutions, de propager dans sa vaste étendue la civilisation et les lumières, de bâtir des villes, d'ouvrir des routes, do creuser des canaux ,

ct*MOompUrfiirtoiitd€t j^wj^H ênmppm qp9ê qa*im dbemm de troif cent trente m à tr«Ten le territoire des Éuti-Uilie, et qBL\ oomnQiûORtîon entre les deax Ooéiuity et f déptndeiiee .da Mexique fera' devenue, p< le moBlle entier/une nonyelle eouree dltad trie et de ridicBiet.

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