‹ Résumé de l'histoire du MexiqueChapitre 6 sur 26 · UVRE V · texte numérisé non relu

UVRE V

Dissensions des Créoles et des Européens. — Le viee-roi Itmrigarajr conduit prisonnier en Es" pttgne. M est rempiaeé par Vénégas, — Com^ plot pour délivrer le Mexique, Trahison. — Le moine Hidalgo proclame Viméipendanoe ; ses succès , ses revers , sa mort» — V insurrection continue. Une funte est organisée, atrocités des rojalistes. — Hauts faits de Morelos. il est fusillé. — Entreprise du jeune Mina. Il est livré

atix Espagnols, et exécuté. — Champ it Asile. — Révolte d^ltwrlnde. Il se fait proclamer empereur. Son règne éphémère , son despotisme , son indication , son exil. — Proclamation du du gouvernement fédératif. Constitution. — Retour d'Iturbide. Il est fusillé. — Ratificatipn du pacte fondamental. — Réflexions.

En 1808, des troubles séneux éclatèrent en 1808. Espagne. Une déclaration de gnerrey impoUtiqoeroent faite à la France par le fayori Godov, armait cette redoutable puissance contre la

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péninsule ; et Napoléon , il., trissaut s<i gïoûe , descendait aux pins honteux artifices, poiùusurppr une couronne que deux BourboDS se disputaient. Quelque opprimas qu'ils fussent, le» Créoles et les indiens ayaient contracté un attachement d'habitude pour la mère patrî£. Lar violence exercée contre elle par le chef du gou-' remement français révolta ces cœurs amis de la justice. Une fermentation subite se manif^ia dans toutes lei TÎlles du Mexique. T/étendarddc Ift métropole fnt- déployé avec enthousiasme; et le peuple jttra, d*une yoix unanime , de défendre un pouvoir qui, depuis trois siècles, n'ayait pas cessé de faire peser sur lui le, joug le plus avilissant.

Sur CCS entrefaites , les armées françaises pénétraient dans la péninsule, et le gouvernement d'un frère de Napoléon y était proclamé. On ne négligea aucun effort pour rattacher les colonies à la cause de la FVance; mais, sans éprouver aucun éloignemmt pour le peuple français, les Mexicains répugnaient à tout ce (|ui pouvait avoir rapparcnce d'une trahison. En vain les émissaires dn roi Joseph multipliaient les séductions; en vain Desmol.ird , ion agent confidentiel, et plusieurs nutn-s se

DE l'histoire dit ^"EXJQtH. lS5

répandaient dans les vastes provinces de l'Ame-' riqae espagnole, pénétraient dans tontes les classes , et , faisant ressortir la longue oppres-* sion du continent et le bonheur d'obéir au frère du grand empereur, semaient , à pleines mains, l'argent sur leur route; les colonies restaient inébranlables au milieu des victoires de la France et de la soumission presque entière de la péninsule (i). Ne pouvant reconnai-' tre les usurpateurs de la métropole , et se trouvant ainsi privés des directions accoutumées^ le Mexique sentit que la force même des choses Tobligerait à chercher des secours en lui-même, et à se donner une organisation, an moins pro-' vlsoire. Le vice -roi Iturrigaray, frappé des dangers que courait la colonie placée entre les ordres publics du roi catholique et des ordres secrets contradictoires, voulant sur* lout prévenir l'effet des divisions qui existaient entre les Créoles et les Européens , proposa de convoquer une junte dont les mem-* brcs, pris également parmi les uns et les autres, représenteraient toutes les provinces de l'eni-

(i) Rob'înson. Mtmoirs of i\\t Mexican rtvolullm. John ïyerlcy.

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pire, et seraient chargés de rorganisatlon de son gouyemement proyisoire. Son but était de le préseryer à la fois des horreurs de la guerre dyile et des sourdes menées de la France. U ne 8(^upçonnait pas que c'était le lancer dans la carrière d*une naturelle et légitime émancipa* tion.

Les Européens ne yirent pas sans regret une fusion qui portait atteinte à leur ancienne suprématie. Une conspiration fut tramée. On gagna sans ^ine les officiers qui oonmiandaient la gwde. Quatre cents boutiquiers à peine armés entrèrent à minuit dans le palais du yice-roi. Ce magistrat ne tenta pas une résistance inutile, n fut embarqué, ayec sa famille, sur un yaisseau qui le remit prisonnier entre les mains de la junte insurrectionnelle renfermée dans les murs de Cadix. Les Mexicains apprirent avec surprise que leur vice-roi avait été dépouillé de ses fonctions comme coupage d'hérésie.

Cependant le feu est en Europe ; le Mexique se divise en deux factions irréconciliables , la faction européenne et la faction mexicaine.

Cette dernière, habituée depuis long-temps à lin état passif, est cruellement opprimée. Di-

DE L^HISTOtUI DV MEXIQUE. iSç

Tcncs exécutions ordonnées par les Tainqneors angoMntent rczjttpéntîon générale. Sor ces entreCûtcs, arrÎTe Vénégas , soccessenr donné à Itu frig ar ay par U junte de Cadix. H adopte les principes des Européens et oontinoe â penécater ks Créoles. Cette persécotion réveille d*andcns sonreninb, L'Américain l e cou ^ ic le secret de sa §om , n rentre en Im-méme , il consulte soncoear, il j tronre nne arenîoB innée poor les hommes qni Tont sobjngné et qni Toppriment. Un complot oordi par des eccjéiiastiqqes, par des légistes, par tout ce <pie la colonie renferme d'honorable^ étend bientdt ses ramifications dans les prorinces les pins éloignées. Vénégas « endormi sur le bord de Tahimcy n'en soupçonne pas la profondeur. Le moment de Fexplosion approdie» lorsqu'un des complices, dianoîne de y alladoUd y sentant sa fin approcher, rér^ toute la conspiration au prêtre Gil , chargé de Tassister à ses derniers numiena. Le secret de la confession ne fut pas ropecté. Y én^as , effrayé du danger dont il était menacé, crut en prérenir les effets, en donnant l'ordre d'arrêter sur-le-diamp les principaux coupables.

Le chef du complot était le moine Hidalgo,

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Cnrc de la petke ville des Douleurs, Il jfvait de Tesprit et de rinstruction, élevait les enfMis des |)auvres , et soignait les malades. Prévenu des ordres du yice^oi , il monte en chaire €t s'é-> -crie : «.4)ieu, mes enfans» Dieu et Jésus-Christ, vous commandent enfin de sortir de Fesclavagfe. Allez , nouveaux Israélites , secouez le joug de ces Pharaons ! Aux armes ! — Aux armes ! té* pètent les Américains. » Ils lèvent l'étendard de la révolte , le toscin sonne, la guerre de rindé* 1810. pendance est commencée. Hidalgo part à la t^ d*une espèce d*armée, ou plutôt de caravane militaire, armée de piques, de couteaux, de haches « de hâtons , de mousquets , au mîHeu des cris de joie des Indiens , des Créoles , des ecclésiastiques et de quelques officiers américaias. Vénégas essaie de le comhattre avec des proclamations ; il organise des milices , forme des guérillas , enrégimente des hrigands, qui dévastent le pays et achèvent de faire haïr la cause royale. Hidalgo signale son commandement par Tabolition d'une foule d'impôts onéreux ; il offre de généreux secours aux hah'.taus des fermes que les Espagnols ont incendiées. Partout sa présence détermine Fi nsurrecrection ; cinq ou six villes de Tintendance de

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Guadalaxam se prononcent enf ^ faveur. U esf sumodiiné le libérateur améfîcuin.

De GnadAlaxam, Hidalgo passe à GnanaxBata et à YalladcAid. Daux le preirlier lien, il établit lue sorte de discipline parmi la inultitade quiTa ciiivi,.et nomme des officiers poor la commaiK dcr. Dans le second, il s*einpare d'oo milîictt deox cent miile dollars y et se voit renforcé par deux régimens de nûlioe. Un conseil des prin-* ci} -afix capitaines est conToqoé , afîu de procéder à difTérentcs promotions. Le grade de généralissime lui eai conféré d*ane Toix nnauimc. Allende est nommé capitaine-général ; Ba liera , Ximenès, Arias et Aldama obtiennent le grade de lieutenant -général; Abasselo, Ocon et le» deux frères Martines, celui de maréchal de camp. Une messe soiennelié est célébrée, un Te Deum est chanté. Le général • après avoir rf'glé la solde des tronpes, passe en reTue son armée , di^insée en quatre-vingts régimens de cinq cents hommes. Q était revêtu d*un habit bleu, avec des paremens ronges , brodés en or et en argent , et d'une ceinture noire également )>rodée. Il portait au cou une médaille repré' !;eDtant la vierge de la Guadeloupe, cette pa^ ti one chérie du peuple mexicain. Ses drapeaux

^taienk biens et lilancB, pareils A rancienn^K-iunii^re des emperears du Mexique (i).

Il s'HvaD^ait vers Mexico, qui n'était défeDdu que par une [loignée d'iiommes. La ville étai> danii la plus alTreuse agitation. Le peuple, el ni^me uu nombre considérable de peraoQnages de haut rang, abhamiient les Gspagnoli; elUs^ forces royales, diïlsi''es en pelils corps , étaient ntalioniiées à de Irèi'griindei distances. Un adroit eipédîent fit sortir Vénégas de celte etfse. GfinQâÙMDt là CBrédqUlé itt Indicu , 3 réaolnt d» frapper Icvn «ipriit par n> co^ ^.Mft qui muterait ' U dOM. Je T'adâpè^ duMe. L'arcfaarAqua de M«xieo et 1« tribunal do taînt ofBcsiMiueiifirent i lanocr «M acnfenca d'excamnoiÙGaticin centre V^dià^ , «aa partiaiiu et toute toa année. Le géDërabùnw y r^Kiadit par tm manjfeUe, dans lequel il cxpUqtuùt les motifs de ta conduite, et signalait les contradictions des iaquisiteurs dans la accusations GtHitre hiï. HaislecoapÉtail.poili; les fanatique* Indiens ne purent (TOJre que la sainte inquisition eât toit, et la dj iertka a* mit dans les troupe*,

(■} Bobiason, Mtinoii«a.

DIL LKISrOiaE DU H£XIQii£. I9E

Uue TÎctoIre seule poayait couper le mal k i»a. racine. Hidalgo marche contre la montagne de las CnueSf où le colonel royaliste Tmxillo s*«tait retiré avec deux mille hommes, le débusque de sa position , et le force de battre en retraite. Cependant les deux chefs conyiennent d'une entrevue. Truxillo , pour 6ter tout ionp- ^n aux parlementaires de Hidalgo , les invite à venir le trouver, numis d'une bannière de la vierge. Les Américaîoss'avanoent, sans défiance, et sont inhumainement fusillés. TVuxillo parle ainsi de cette perfidie dans son rapport : « Par ce moyen et avec Tentremise de la sainte vierge Marie, je me suis débarrassé d'eux et de leurs propositions. > Les gazettes de Madrid célébrèrent cette infime tAhison comme une victoire obtenue par les troupes royalistes ; et une médaille portant les noms de Truxillo, de Bringar et de Mendivil, fut frappée à la Vera Crux , pour ep perpétuer la mémoire.

Après avoir perdu toute son artillerie, Truxillo était rentré dans la capitale du Mexique, avec trois cents hommes seulement. Vénégas venait d'apprendre que plusieurs villes voisines s'étaient déclarées pour les indépendans; et déjà il songeait à aller chercher un re-

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fugc dans les remparts de là Vera Cncx. Tout-àcoup Hidalgo descend des montagnes de Santa- Fé, et s'approche de Mexico, comme pour en commencer le si^ge. Telle était vraisemBlablemenl; son intention , lorsque, averti que le général royaliste Calléja arrivait au secours de la place , il donifie le signal de Ja retraite,. et vient asseoir son camp sur une montagne triangulaire <|ui domine le village d'AcnIco et le pays environnant à Test et aq nord. Son artiU^e , composée de quatorze pièces , fut disposée. sur les flancs delà montagne. U rangea son armée en deux lignes, entre lesquelles il plaça les Indiens indis^ dplînés. Tout lui présageait la victoire, quand ses troupes; saisies d^une tei*i-eur panique . à l'afli* pect de Tarmée espagnole qui se déployait eo bon ordre, prirent la fuite à la première dcV charge. Calléja se mit à leur poursuite, et leur fît perdre près de dix mille hommes en tués, blessés et prisonniers.

Hidalgo opéra sa retraite sur Guanaxuato , où il se fortifia. Calléja, qui le suivait de près, détruisit ses batteries, et lui prit a 5 canons. Les indépeudaiis furieux passèrent au fil de Tépée deux cents Espagnols renfermés dans TAlhofidign. Le lendemain , les royalistes cm-

DE l'histoire du MEXIQUE. JgJ

portèrent la ville d'assaut , la liyrèreot au pillage, fusillèrent tous les of/iciers priMmniers, et im grand nombre d'habitans connus {>our leur attadiement à la cause de la liberté. Une proclamation de Calléja ordonna que, dans vingtquatre heures , les armes et les munitions de toute espèce fussent , sous peine de mort, livrées au gouvernement. Il fut enjoint aux soldats de tirer smr toirt rassemblement d«|4iu de trois personne».

Ces mesures ne firent qu'exaspérer les esprits. Hidalgo se retira en bon ordre à Guadalaxara, où il fut accueilli avec enthousiasme. Dans sa route, il battit plusieurs détacheraiens espagnols, qui essayèrent de loi fermer le passage et de le placer entre deux feux. Dès son arrivée,, il envoya le prêtre Mercado s'emparer du port de San-Blas , d'où il fit venir quarante trois canons. Outre l'intendance de Guadalaxart, celles de Valladolid, de Zacatecas , de san Luis de Potosi et de la Sonora reconnurent l'antorité de Hidalgo et se soumirent à ses lientenana.

Tandis que le général royaliste don J. Cmz battait les indépendans à Zamora , Calléja se portait à marches forcées sur Guadalnxaia. }li-

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fugc dans les remparts de là Vera Cntx. Tout-àcoup Hidalgo descend des montagne:) de Santa- Fé, et s'approche de Mexico, comme pour en commencer le si^ge. Telle était yraisemblablemen^ aon intention , lorAque, ayertî qne le général royaliste Calléja arrivait au secours de la pUce , il donfie le signal de Ja retraite, et vient asseoir fton camp snr une montagne triangulaire qui domine le village d'AcnIco et le pays enviinimiant à l'est et au nord. Son artillorie , composée de quatorze pièces , fut disposée sur les flancs dt- U montagne.. U rangea son armée en deux lignes, entre lesqueUcs il plaça les Indiens indisr ciplLaés. Tout lui présageait la victoire, quand ses troupes; saisiçs d'une terreur panique, à l'asf pect de Varmée espagnole qui se déployait en bon ordre, prirent la fuite à .la première dcV charge. Calléja se mit à leur poursuite, et leur fît perdre près de dix mille hommes en tués, blessés et prisonniers.

Hidalgo opéra sa retraite sur Gnanaxuato , où il se fortifia. Calléja, qui le suivait de près, détruisit ses batteries, et lui prit a^ canons. Les indépendans furieux passèrent au fil de Tépée deux cents Espagnols renferinés dans l'Alhondiga. Le lendemain , les royalistes em-

DE l'histoire du MEXIQUE. I9Î

portèrent la y\i\e d*aftsaut , la liyrèreot au pillage, fusillèrent tous les ofiiciers priionniersy et lin grand nombre d'habitans connus pour leur attadtement à la cause de la liberté. Une )ut>clamation de Calléja ordonna que, dans vingtquatre beures , les armes et les munitions de toute espèce fussent , sous peine de mort, livrées au gouvernement. Il fut enjoint aux soldats de tirer sur toirt rassemblement d« |4iu de trois personne».

Ces mesures ne firent qu'exaspérer les esprits. Hidalgo se retira en bon ordre à Guadalaxara, où il fut accueilli avec entbousîasme. Dans sa route , il battit plusieurs détachemens espagnols, qui essayèrent de liû fermer le passage et de le pkcer entre deux feux. Dès son arrivée, il envoya le prêtre Mercado s'emparer du port de San-Blas , d*où il fit venir quarante trois canons. Outre Tinteudance de Guadalaxart, celles de Valladolid, de Zacatecas , de san Luis de Potosi et de la Sonora reconnurent Tantorité de Hidalgo et se soumirent à ses lientenans.

Taodisquele général royaliste don J. Cruz battait les indépcndans à Zamora , Calléja se portait à marches forcées sur Guadalaxaia. Hi-

l^S RESUME

dauteji munitions de guerre. La junte et Tart» mée indépendante ne furent pas inquiétées dans leur retraite.

Caliéja publia immédiatement un décret où l'on remarque les passages suivans : « Attendu que les habitans de cette cité criminelle détestent le gouvernement monarchique , qu'ils ont .soutenu trois combats contre les troupes du roi , qu'ils ont planté sur des poteaux les têtes de plusieurs de nos chefs morts pour la légitimité , tous les bâtimens de Zitaquara . seront rasés oh détruits par le feu. Tous les habitans sortiront de la ville dans six jours ; on leur accorde , par compassion , la faveur d'emporter leur mobilier. Chaque habitant recevra du gouvernement un permis de dé»

part. Celui chez qui il n'en sera pas trouvé à l'expiration du délai , sera mis à mort ; toutes les armes seront livrées sous la même peine.

Il est expressément défendu de rebâtir Zitaquara , ou toute autre ville qui sera détruite à l'avenir. »

La junte de Zitaquara , se réfugia à Zultepec; la déroute qu'avaient essuyée ses troupes, n'abattait pas leur courage. Morclos , Villagrau, Canas, Almada, Rayon, et d'autres généraux

DE L*ffI8T01BB DU MKXIQfTB. ig§

tenaient encore la campagne; et lean guérillas combattaient, arec plos on moins de succès, les troupes espagnoles. La jante |Mroposa 4 Yéné* gas nne réconciliation qu'il refusa. Portant alors le nombre de ses membres à quarante, i^'elle publia un manifeste et une constitution qui déclaraient le Hexîqœ lié k l'Espagne, sans toutefois en dépendis. Ferdinand yii y était encore reconnu ; le moment n'était pas éloigné, où ce pays allait devenir entièrement républicaLa.

Morelos arait soumis presque toutes les c6tes mmdionales du Mexique , et vaincu plusieurs fuis les troupes royales, notapipneDt i la bataille de Tixtla. Il forma le blocus d'Acapuloo ; et divisant le reste de son armée en deux corps , il marcha sur la capitale. Le brigadier Bravo, commandant une de ces divisions, battit le général Masitu , et entra à Quautla-Amilpas.

Morelos , qui était à la tète de l'autre , pénétra fians opposition dans les murs dizucar. Effrayes de ces succès, les royalistes cessèrent Je poursuivre ia junte de Zitaquara , et accoorarent vers les points menacés. Le colonel espagnol Soto essaya vainement de reprendre Izucar; il fut repoussé avec perte, blessK

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grièvement, et contraint de quitter l'annce.

Liano, son successeur , ne réussit pas mieux , quoiqu'il eut pris possession de la montagne du Calvaire, d'où il bembardait la place, et qu'il eût sous ses ordres des troupes fraîchement arrivées d'Europe. Calléja livra un assaut à Quautla-Amilpas ; mais à la suite d'un engagement de six heures , il fut obligé de le suspendre. Llano le joignit, après avoir levé le siège d^Izucar. Morelos , serré de près par ces deux généraux , déploya toutes les ressources de son génie ; soixante cinq jours , il défendit Quautla- Amilpas , avec un courage héroïque ; mais les provisions commençant à lui manquer, il se décida à évacuer la place pendant la nuit. Un corps d'infanterie de mille hommes formait l'avant - garde ; venaient ensuite deux cent cinquante cavaliers, suivis de cinq mille lanciers et frondeurs. Presque toute la population de Quciutla était plac('*e enti-e ces troupes ; un corps de fusiliers formait l'arrière garde. Les indépendans, attaques dans leur retraite, souffrirent cruellement. Quatre mille habitans reslèrent sur la route.

Peu découragé de ce revers, Morelos s'cmroT-a succcssiTcuicnt de Chilîipa , de Teliuacaiia,

UT. i/histuihe du Mexique. soi

'l'Orizaba , dont il fit brûler le magasin royal de tabac estimé plnsieurs millions de dollars , et d'Anteqnera , où il fît^exécnter le lieutenant gôiHTal Gonza](*s-SaraTia , le brigadier Bonalia, et les colonels Régules et Viilasante, au lieu même où les rovalistes avaient fusillé

Palacios, Tinoco et les colonels Lopez et Arment». Les restes de ces deux marr\Ts

de la liberté furent portés en triomphe et d /'posés dans la cathédrale. Acapalco tomb-i bientôt en son pouvoir; et les conimonicatioLs entre Mexico et la Vera-Cruï se trouvèrent complètement interceptées par des guériibs qu*il jetta entre ce port et Zalapa.

Le colonel Gutierrez, parti du Mexique pour It's États-Unis, y rencontra J.-M.-A. Toledn, Tun des membres des cortès pour l'Amérique espagnole. Tons deux y allaient diercher des Fecoiirs poiv ie% indépendnns. Les corps qu*ils tj an sport èrent dans les provinces de Tintérieur, obtinrent quelques avantages sur les royalistes, et prirent même Saint- Antonio, capitale de la 18 13. pro\ ince du Texas; mais le commandant Arre- (liindo les dispersa complètement, et Tcledo ulla d^ander uu asile aux Etats-Unis.

Voreîos iîttaque Valladolid, d '/fendu ppi iS'i-

LIano; il est furcé de hatlre en retraite' , >igMi' rçràemFnl poursuivi pt^ l'ennenii.^ lait mût; im horrible combal ^bgtige. On ne. lavait it quel n^té penchait la iScloirc, lorsi^il' Vaurorc ,■ • ïient éclairer dèi monceaux de cadavres. Qiid tpeclacle d'hurreur'Î^Deiiï diïisious de l'unni^ indépendante B\'tai^*gitrgê« miilticllFmeDt.

LIano prnlîie de teUrW^ilcrnolini'.ppur adiE' ver leur defuite. Matamorot, '^^âfSiïint d»

Morelos, tombe en son pouvoir ailfc sfept ceutf homoies. On ol&e en échange de cet oE&cier

Grttep

BMM da part at- V

,, L'année a^agnola, nnimée par O ^Mibe preaqiM tcH> lo indépendani de eelte {laitw du Meaiqne. Cenx-ei , Tojant qa^ bW .plm da qnutier poor eu, M déddott i fra^^ WgrNidc«q>, dont l'effet e&tMUen pis dédvf , «^ eut ét^ miùiii retardé. La jiJnte m» tkmate en remplacée par un congri* qui onrn ■ei leiiiimi i Chilpansingo , dd peu an nord d'Acapnlco, et commence par déclarer le gouTemement du Mexique indépendant de ce> loi de la métrc^Ie. Le poQToir exécntif «rt

DE l' HISTOIRE IIU MEXIQUE. 3o3

confié à Morelos, Liceaga et le docteur Cos. Ce congrès se transporte successivement à Ario et à Apazintgan, où il promolgné nae constitution établie sur des bases démocratique^ v'^.pxescrit le serment des citoyens appeh^ àjjonirHié^îpf bienfmts. Les royalistes la brûlent pnbbqlîèp ment  Mexico, et prononcent la peine tle mort contre ceux qui refiiseront de livrer an gouvernement les copies qu'iU en pourront avoir.

Sur ces eutre^utes, plusieurs corsaires armés i8i 5 par les îndépendans, apportaient anx armées mexicaines des officiers, des armes et des munitions. Morelos apprit que le député Toledo, accompagné du général Humbert, avait débarqué avec des approvisionnemens de guerre entre Xalapa et la Vera-Crux. Voulant cacber le dessein qu'il avait de les joindre, il [Mit la route qui conduisait à la province de Oaxaca. Les royalistes en furent instruits, Tattendirent k Atacama, tombèrent sur ses troupes, et le firent prisonnier. Dépouillé par l'évéque de son caractère ecclésiastique, accusé d*hérésie, il fut fusillé dans le dos comme traître , au village de Saint-Christopbe , à six lieues de Mexico. Oa n*osa pas Texécuter dans la capitale.

Après la défaite de Morelos , Ivs chefs des

)o4 RÉSUMÉ

iudépendans sVHaieut réunis d*abord à U Puabla, ensuite à Thuacan, où ils avaient formé une nouvelle junte présidée par Manuel Tarau. Une dépêche fui adressée par eux au général Calléja, auquel ses cruautés avaient acquis la vice-royauté du Mexique. On y remarquait les passages suivans : « Nous savons que cette guerre est regardée , par votre excellence , comme la révolte de quelques misérables , et non comme la volonté générale et spontanée d'un )>euple qui rompt ses fers. Vous n'avez rien négligé pour donner aux nations civilisées cette désavantageuse idée de notre révolution , quoique la continuité de la guerre et le cri universel des peuples qui réclament leur liberté, contredisent votre assertion. Toutefois , notre représentation nationale manquerait à son devoir, si elle n*implorait pas de votre excellence la conservation de la précieuse vie de Morelos... Nous avons constamment fait preuve de modération. Réfléchissez au crime que vttus coinr mettriez, en attentant à ses jours. Sa mort serait im fatal présage pour vous et j)our votre parti. Songez aux hasards de la guerre ! Réfléchissez aux vicissitudes des empires! Examinez notre situation ! Voyez nos j-cosouice^ ! 'iVemblez et

DK !/ HISTOIRE DU MEXIQUE. aOD

craignez là veugcauce. £d vous montrant cruel, que pouvez vous espérer si le sort des combats vous jette eu nos mains ? V os prisonniers auront-ils le droit d'implorer notre clémence?

Voulez-vous nous forcer à nous repentir de notre modération? Songez enfin que vous, et soixante mille Espagnols, répondez de la moindre injure faite à Morelos. U est cher à tous les Américains; et votre conduite à son égard ne peut être vue avec indifférence par ceux même qui ne sont que les spectateurs de noa dissensions. »

CeltQ énergique réclamation n'obtint d*iiutre réponse que la mort de l'infortuné général.

Sa perte entraîna celle des républicains. Le congrès fut dissous par Tarau , qui part«igeu l'autorité suprême avec Âlas et Cumplido. Cet ombre de gouvernement occupa l'intendance de la Puebla , d'où elle entretint l'insurrection et encouragea les guérillas qui parcouraient le Mexique. Ces bandes, trop faibles pour battre des troupes régulières, prendre des villes, ou enlever des convois, continuèrent à intercepter les communications, et à arrêter les travaux de l'agriculture, du commerce et do« mines. Toujours barcelées, souvent battues^

iud^penduns s\''t aient réunis d*iibord à U Puabla, ensuite à Thuacan, où ils ayaient formé une Doavelle junte présidée par Manuel Tarau. Une dép^he fu| adressée par eux au général Calléja, auquel ses cruautés avaient acquis la Tioe-royauté du Mexique. On y remarquait les passages suivans : « Nous savons que cette guerre est regardée , par votre excellence , comme la révolte de quelques misérables , et non comme la volonté générale et spontanée d'uu ))eu])le qui rompt ses fers. Vous n'avez rien négligé pour donner aux nations civilisées cette désav^tageuse idée de notre révolution , quoicfue la continuité de la guerre et le cri universel des peuples qui réclament leur libeité» contredisent votre assertion. Toutefois , notre représentation nationale manquerait à son devoir, si elle ii^implorait pas de votre excellence la conservation de la précieuse vie de Morelos... Nous avons constamment fait preuve de modération. Réfléchissez au crime que vttus com^ mettriez, en attentant à ses jours. Sa mort serait un fatal présage pour vous et j)our votre parti. Songez aux hasards de la guerre ! Réfléchissez aiiK vicissitudes des empires! Examinez notre «itiiatioii ! Voyez nos lea.souice-' ! i i emblez et

DK j/ HISTOIRE DU -MEXIQLE. Hob

craignez làveugcauce. £d vous montrant cruel, que pouvez vous espérer si le sort des combats vous jette en nos mains ? V os prisonniers auront-ils le droit d'implorer notre clémence?

Voulez-vous nous forcer à nous repentir de notre modération? Songez enfin que vous, et soixante mille Espagnols, répondez de la moindre injure faite à Morelos. U est cher à tous les Américains; et votre conduite à son égard ne peut être vue avec indifférence par ceux même qui ne sont que les spectateurs de no6 dissensions. »

CeltQ énergique réclamation n'obtint d'autre réponse que la mort de l'infortuné général.

Sa perte entraîna celle des républicains. Le congrès fut dissous par Tarau , qui partagea l'autorité suprême avec Âlas et Cumplido. Cet ombre de gouvernement occupa l'intendance de la Puebla , d'où elle entretint l'insurrection et encouragea les guérillas qui parcouraient le Mexique. Ces bandes, trop faibles pour battre des troupes régulières, prendre des villes, ou enlever des convob, continuèrent à intercepter les communications, et à arrêter les travaux de l'agriculture y du commerce et dc« mines. Toujours barcelées, souvent battues^

«06 xisirvi

traitéet ftTec là phu afifreuie barbarie quand dlea tonbaienk^ÉB ip am n A r des Espagnob, diet nt bteaièkit pte AfrcanajBr de vives inqidi^nâes à m*iamiBaA qA nTttrait pat dea, CqrM mfiB»

IflBlBi'pôar I0É détruira.

dpéAntla yké'wA Calléja teniâtcrÉtre T«ia|flàoéTMv ÀpciâMa,qni fôiaitfidèy^ d*axt)enmnàtian de aoa (irédécetMtir.' lOdidgè et Monloa aTaieut troioTé He dignea mceesaènra diÉit Bbr|a^ xoteff Hoaeittiy C^rtis Mi Vit* taria,iqmHmimaiwitliB>reweadte klibertéaaen"

N cane, «c ëtabUnaîent dea foyeftf de' rfafalaiïcè dfaié plBâabrr ft or la c g Teaeiifcî BomyArte» arrivé depuis peu à Washingtoii, eneonragêalc, de tcnis ses niôy eus, les dVbrts der ce péi^è qâi dierdiait A se régénérer. Mus le gduyemement des États-Unis» qnoiqoe évidemihent sa* tîs6ut de cette révohitioil • refusait obstinément de rièufaiie en sa faveur. Gagné par l*ambassadenr espagnol OoS», il ordonnait la di^>er-

• sion des patriotes remis dans la Louisiane pour une expédîtiooi^ dans le Mexique , empédiaît b vente dès vaisseaux de guerre aux sujets de toute autre puiissandey ou leur armement contre des nations amies. Cependant, les citoyens des États-Unis s'étaient ouvertement déclarés poiv

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les indépendaas ; et c'est à leur assistance que les iMexicains ont dû surtout de réparer leur» pertes continuelles.

Un renfort plus précieux pour la cause de la liberté fut celui du jeune Xavier Mina, neveu de celui qui a combattu deux fois avec tant de constance et de courage en faveur de la révolution espagnole. Réduit à s'expatrier pour prix des services qu*il avait rendus à Ferdinand, Xavier Mina sVtait retiré à Londres.

La conquête du Mexique lui fut proposée comme un moyen de tirer d'un gouvernement ingrat une vengeance durable et glorieuse. On lui fournit des secours, sept cents caisses d'ar^ mes, des équipages pour deux mille fantassins et pour cinq cents cavaliers. Il part de Liverpool, fait voile vers les États-Unis , y augmente le nombre de ses officiers, achète encore des armes, et, après une longue traversée, aborde 1817. sur les. côtes du Mexique, k Soto-la-Marina, dans la province du nouveau Saint-Ander. Il n'avait avec lui que quatre cent cinquante hommes , la plupart anglais ; mais on lui avait promis de nombreux renforts.

Mina laisse cent trente hommes au lieu de son débarquement, avec ordre de le rejoindre

ao8 RÉSUMÉ

aussitôt que les secours seront arrivés, ou dans vingt joiffs si les secours n'arrivent pas. C'était donc avec trois cent vingt hommes seulement , que le jeune aventurier tentait la conquête du Bf exique. Quinze cents Créoles mal armés, mais bien résolus, le joignirent dès le second jour; et Saint- Ander tomba en leur pouvoir, sans que les Espagnols pussent s'y opposer. On accourait de toutes parts se ranger sous ses drapeaux; et tous les chefs insurgés qui tenaient encore la campagne , venaient lui demander des ordres.

La joie qu'il en ressentait fut troublée par la nouvelle de la prise de Soto-la-Marina par le gouverneur de la Vera Crux. « Que nous importe ? dit-il aux soldats , qui paraissaient effrayés de ce premier échec ; n'avons-nous pas des armes ? » Il marcha , sans hésiter, vers San 1-uis de Potosi , et défit un corps de deux mille royalistes. Neuf cents mousquets grossirent son matériel , et cinq cents transfuges accrurent sa petite armée. San Luis de Potosi lui ouvrit ses portes.

Attaqué plusieurs fois par des forces supérieures. Mina fut constamment vainqueur.

Guanaxuato, mal défendu, capitula ; et toute la population accueillit les insurgés avec entliou-

sîasme. La foule des citoyens qui se réunirent k loi , porta bientôt son armée à quinze mille hommes. Le vice roi Apodaca TÎt avec effroi ses progrès. Menaces , promesses, tout fut prodigué pour engager le peuple à ne point faroriser sa marche. Sa tête fut mise à prix ; et le grade d'officier, promis à celui qui l'apporterait, fut -il un des rebelles.

C'en était fait de Mexico, et peut-être des royalistes , si Mina eût continué sa marche vers la capitale; mais il s'arrêta à Guanaxuato : et ce temps impolitiquement employé à l'organisation de ses troupes fut mis k profit par Apodaca pour se fortifier. Ce chef rappela tontes les forces qui étaient disséminées dans les proTÎnces , et ce prépara à une Tigoiu*ense défense. Rien n'était cependant perdu pour Mina, lorsqu'une odieuse trahison anéantit l'espérance des patriotes. Ce jeune chef aTait l'habitude dereconnaître lui-même lepays à queIqueslicuesdesoncamp,accompagné d'une faible escorte. Un jour qu'il s'était aTancé pins que de coutume, un militaire castillan, d'autres disent un prêtre, en donna aTÎs aux royalistes qui se mirent en embuscade au nombre de six cents. Mina n*a\ait que soixantedix hommes. Attaqués k l'improTiste, ils se dé-

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fendirent en héros. Cinq d'entre eux et leur digne chef forent seuls pris vivans. Ce dernier, conduit devant le général espagnol Orantia « se TÎt abreuvé des plus lâches outrages, auxquels il ne répondit que par un sourire de pitié.

A la nouvelle de ces revers, l'armée indépendante fait offrir au vice^roi quarante officiert en échange de son général, déclarant que s'il périt, ils seront fusilla sur le champ. Apedaca répondit qu'il ne transigeait pas avec des rebelles. Mina fut mis à mort, ainsi quelles quarante officiers espagnols. Ce brave jeune horo* me n'était âgé que de vingt-huit ans. Le rôle court , mais brillant, qu'il a joué, lui assure un rang honorable parmi les héros qui ont versé leur sang pour la cause de la liberté américaine (i).

La fin tragique de Mina jeta le découragement dans son armée; et le Mexique fut soumis à l'Espagne. Seulement quelques bandes , réfugiées dans les montagnes , protestaient contre l'esclavage, et combattaient pour la liberté, pendant que presque tout le reste de l'Amérique méridionale avait secoué les fers de la métropole.

(i) RobinsoD , mémoires. Byerley.

f)t L*HT8TOIKX DV XSXlQtTE. 3tt

Après le désastre de Waterloo, un grand nombre de militaires français , fuyant les cmelles réactions dont leur patrie était le théâtre, allèrent chercher un refuge aux États-Unis. Ces débris de tant de légions victorieuses , las de mendier le pain de la charité sur une terre hospitalière , résolurent de fonder une colonie, dans laquelle le travail de leurs mains pourvût à leur subsistance et adoucit le regret de se voir éloignés de la terre natale. Persuadés que le plus ardent désir de tous les états du nouveau monde était l'accroissement de leur population, ils vinrent débarquer sur les côtes désertes de la province de Texas, près de Tembouchure de la Sabine , et y formèrent un établissement auquel ils donnèrent le nom de Champ d'Asile.

Tout ce que la France renferme de citoyens philantropes et libéraux , applaudit à la généreuse conduite de ces vieux guerriers , et l'encouragea par d'abondantes collectes. De rustiques cabanes s'élevèrent au milieu d'une plaine long-temps inhabitée, et le soc ouvrit une terre qui n'avait pas cessé d'être vierge. Tout pror mettait enfin aux colons ce repos et cette liberté objets de tous leurs vœux, lorsque le chef Arredoudo , commandaiit pour les Espagnols le*

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provinces .orientales dn Mexîqae , encore toot effrayé de la déroute que Mina lui avait fait cprouYer, crut voir les vengeurs de son trépas dans les cultivateurs qui s'établissaient sur la frontière des États-Unis, et envoya des troupes pour les dissoudre. Les Français , qui avaient déposé le fer des combats, obéirent sans résistance, et allèrent chercher, sur d'autres bords , un ciel plus doux et des hommes plus bospitaliers.

l^s efforts d'Arredondo et des antres cbefs espagnols n'empêchaient pas cependant les progrès de la révolution mexicaine. Tandis qu'elle luttait les armes à la main, ses principes pénétraient profondément dans les cœurs. Les royalistes étaient chaque jour affaiblis par leurs i8ai. propres victoires. Enfîii, en i8ai, une formidable insurrection décida du sort des Mexicains.

Le vice-roi Apodaca avait envoyé le colonel Iturbide à la tête d'un régiment, pour appaiser une révolte qui avait écîatcà Acapulco. Celui-ci, au lien de combattre les insurgés , passa dans leurs rangs où il fut reçu avec enthousiasme. Il se vit bientôt à la tôte d'une armée nombreuse , dont le courage ne le servit pas moios

n- l'n i«"ii r,r. ni' mfxiouf.. 2i3

que If'S cliviaioiis Piiivoîiîies eiiirc les r(jy»'iiistes. Apodaca se \il drposô par ses j ropres soldats, qui élurent h sa place Novolla. Sur ces entrefaites, la révolution de Tile de Léon gagnait rKspagiie entière ; et Tintroduction d'v.n gouvernement populaire dans la péninsule exerçait rjie rapide influence sur les Mexicains. Le général Odonoju, nommé vice-roi, arriva, pénétré de ridée qu'il était impossible de conserver les colonies, et cpi'un accord était désirable dans l'intérêt des deux partis. Apr^s s'être entendu avec Apodaca, Novella et Iturbide, il conclut, îi Cordoue , un traité qui reconnaissait rindépendance du Mexique. Itnrbide prit le titre de général en cbef de l'armée Impériale, et marcha vers Mexico qui lui fut livrée par Odonoju. Une junte de gouvernement provisoire, installée avec pompe, prêta serment, et nomma nne régence de l'empire. Iturbide, dont les projets n'étaient plus douteux , fut rcvctn du grade de géncralisime des armi'es de terre et de mer.

Odonoju était mort subitement; les cortès d'Espagne n'avaient pas ratifié le traité de Cordoue ; tout semblait favoriser les desseins du prétendant. La régence décréta que , vu l'ur-

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fjeucc de la situation du Mexique elle jugeait à propos d*élire un empereur indépendant de la métropole, et qu'elle conférait cette dignité à Iturbide. Tandis que, parvenu au comble de ses Vœux , il saisit d*uiie main ferme les rênes dn gouvernement, une opposition des plus Hostiles s'annonce sur divers points de l'empire. Les généraux Vit toria, Santa- Anna et Guerrero , à la tête de dix mille hommes, s'avancent vers la capitale, où ils sont appelés par ime portion du congrès. Sur leur route*, ils proclament la république. Iturbide, de son côté , se fait couron- * ner avec une magnificence extraordinaire» oppose à ses ennemis la rigueur des supplices, et fait arrêter cinquante citoyens, parmi lesquels on remarque quinze membres de l'assemiSaa. hlce nationale. Le corps entier vient réclamer leur liberté; Iturbide lui répond far une série de reproches , et le menace d'une prochaine dissolution , s'il ne change pas de principes. Cette conduite hautaine révolte le peuple; la désertion se met dans les troupes. De toutes parts , arrivent des adresses dans lesquelles on reproche à l'empereur l'ouby de ses sermcns et Tc^pression de la liberté. Une telle audace devait être punie. Le congrès

DE L^HISTOIRE DU MEXIQUE. aiS

est dissous ; et uiie juute , choi:<îe parmi les créatures du despote , remplace cette autorité nationale.

L'empereur croyait la révolte étoufTée par la terreur, lorsque toot-à-coup, Sauta -Anua, gouverneur de la Vera Crux , proclama la république, à la tête de son régiment, et dénonça Iturbjde comme tyran et usurpateur. La guerre civile fut rallumée; on publia des manifestes de part et d*autre; on se battit avec opiniâtreté. Les impériaux , d'abord vaincus , prirent ensuite leur revanche : mais l'opinion s'était prononcée contre la cause qu'ils défendaient ; et l'armée de Santa-Anna »*«ccrut à mesure que la leur diminua. L'empereur, battu complètement, fut forcé d'abdiquer un pouvoir incohipatib!c avec la tranquillité publique. Au même instant, Santa -Anna à Mexico, Viltoria et Vergas à laVera Crux, Guerrcro et Bravo à Puebla , Jurai à San Luis de Potosi , à Cainpéclie, à Oaxac4i et dans le royaume de Guatimala, proclamèrent h déchéance d'Iturbidc et le rétablissement de la république. Le congrès « toujuuis modéré, amionça, dans un manifeste, qu'Augustin Ituibide, convaincu de conspiration contie les droits des Mexicains, avait imploré

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la cU'moncc de celle nation niuj^nîminie, qui lui pardonnait l-^'S erreurs, et Texilmt dans une coutrc'c loinlainc. Cet empereur ipliomère marchanda son abdication : il sollicita diverses faveurs et en obtint quelques-unes , outre autres une rente de a 5 mille dollars et le tîiic d'excellence , vain hocliet destiné à cousulcr son orgueil. On lui rnjoignit de se rendre eu Italie. Son couronnement fut déclaré illégal, et tout acie émane de lui réputé nul et uod avenu. Le congrès remplaça son cpithîite (^impérial par celle de national. Les drapeaux mexicains furent ornés d*mi aigle, perché, du pied gauche, sur le figuier de la cochenille qui sY'lève des flancs d'un rocher au milieu d'uu lac, et saisissant, de son pied droit, ui^ serpent qu'il dv'chire avec son bec. A Ci-t emblème cK' l'ancien Mexique, o.i ajouta deux rameaux, l'un de laurier, l'autre de chêne, nxuenu'kt adpjité par les premiers défenseurs de l'indj'* pendance. Une nouvel!;? coîistitution, has^csur **' celle (les îitats-Unis de rAmérii|ue du noril, et di\isa:iî h» -Mexicjue vu it'pu])liques féileratives, fut rédigre par le congrès et adoptée par les (L-i)i;t('s des provinces (i).

(i) Voyez l'acte constitutionnel à la fin duv.>l.

t>B l'hISTÔIKE du MXXIQUB. 31^

Le gouTemement fît les préparatifs da dé»

part d*Itiirbide. On lai laissa emporter ses richesses , on lui compta d'avance une année de sa pension et Ton paya son passage et celui de sa famille sur le navire anglais le Rawllns. Les précautions prises avec le capitaine étaient des plus rigoureuses. Le voyage , jusqu'au débarquement de l'ex-empereur, avait coûté cent vingt mille piastres. Arrivé à Livoume, il rédigea un mémoire apologétique de sa codduite.

Mais bientôt , impatient du repos , il quitta sa retraite, et se rendit à Londres. Le ti mai, il faisait voile de Southampton pour le Mexique accompagné de sa fieimie et de deux de ses enfàns en bas âge. Six antres de ses enfans avaient été placés dans des pensions en Angleterre. Sa iniite se composait de quinze personnes, mexicaines ou étrangères. Le vaisseau avait des armes, brteaucoup d'effets militaires , et une presse avec ses accessoires. Itm> bide semblait toujours s'être proposé l'cxem*ple de Napoléon. Son élévation fut celle de l'empereur des Français : son gouvernement reposa sur les mêmes bases; son abdication fut amenée par le même concours d'événemens. Comme lui , il s'imagina qu'il n'avait

ai& RÉSUMÉ

qu'à paraître sur les côtes de son ancien empire pour être porté en triomphe jusqu'à la capitale. Mais ici la ressemblance disparaît. Napoléon avait reçu le génie en partage; Iturbide n'était qu'un maladroit imitateur.

A peine le gouyemement du Mexique eut-il appris le départ de l'ex-empereur pour rAn* gleterre , qu'il regarda . cette démarche de sa part comme le prélude d'une entreprise contre son indépendance. L'ordre de s'assurer de sa personne, en cas de débarquement, fut aussitôt expédié dans tous les ports. Le congrès le déclara hors la loi , et annula la pension de vingtcinq mille dollar^ ^ui lui avait été assignée lors de son abdicatiop: On ariéta , entre Tampico et la capitale, un nommé M. Bourne, se disant colonel , et nouvellement arrivé d'Angleterre. Il était porteur d'instructions secrètes de l'ex- empereur, pour révolutionner le Mexique. Le gouvernement se saisit de sa personne, et l'embarqua pour Londres. Sur ces entrefaites, Iturbide reparut sur le continent mexicain.

Arrête par le général Phiiipj)e de la Garza , il fut fusillé , quelques jours après son débarquement. Cette échauffourée , qui n'eut pas le même succès que celle de Napoléon, est encore

DE l'histoire du MEXIQUE. ^I()

trop près de uoiis pour que nous puissions entrer à son égard dans aucun détai!. On a prétendu que rex-empereur avait été indignement trahi par en homme qoi avait eu toute sa confiance, et que , dans ses jours de prospérité, il avait comhlé de bienfaits. Nous ignorons si cette assertion est fondée. L*amour de la patrie est sans doute une vertu fort honorable. Mais existe-t-il une loi qui puisse faire absoudre Tingratitude et le parjure?

Le congrès , dans cette affaire , se distingua par une modération à laquelle on ne saurait donner assez d*éloges. Une rente de huit mille dollars fut accordée à k Tcare et è la famille d*Iturbide, à condition qa*eUe ne résiderait pas sur le territoire de la république. Plusieurs de ses partisans forent relâdiés , et placés seulement sous la surveillance de la police. Le congrès , au milieu de cette agitation passagère , n*avait pas interrompu ses séances. Les dettes contractées par les divers goavememens du Mexique depuis i8 f o, ayaient été reconnues par la nation et liquidées à quarante millions sept cent mille dollars. La constitution fut, hors l'article relatif à la religion cathoKque, basée sur celle des États -L^ois. 'Comme cette |mis-

aïO RESUME

tante république , le Mexique eut un président dont les fonctions furent d'une durée limitée. C*est le général Vittoria que les suffrages de la nation ont appelé le premier à cette haute magistrature. Le 4 octobre , le congrès suprême a ratifié la constitution fédérale. Le président Ta proclamée avec la plus imposante solen> nité. n a ensuite prêté serment de fidélité à ce pacte fondamental. Les discours prononcés dans cette occasion respirent la joie la plus vive au sujet de l'achèyement du grand œuvre qui a occupé le congrès pendant dix mois. Les sentimens exprimés de toutes parts ont rap« pelé ceux des États-Unis dans une cîrcons* tance semblable. Le pouvoir exécutif a ensuite publié, conjointement avec le congrès, un mani* feste aux divers États, conçu dans les vues les plus sages, et basé sur les doctrines les plus libérales. Le président, dans son adresse, cite Penn , Washington , Jefferson et BoUvar ; il exhorte les Mexicains à redoubler d'efforts pour s'élever au niveau de leurs fjpèrés les républicains de l'Amérique du nord.

Ces encouragemens ne seront pas inutiles.

La conquête de l'indépendance mexicaine a placé cette nation à une trop grande hauteur

DB I.*HISIOIBB DU KEXIQVB. 9»X

dam Fefdme de tous les peaplct, pour qn'rile oublie jamais œ qa*tSe doit aa triomphe des principes , œ qa'dle se doit à dle-mème. Un e mpnmt de trois minions deux cent mille Ut.

sterling, concfai entre son gonTcmement et one maison de banque de Londres, a fiût tomber les entrayes qm s'opposaient à la mardie de l'administration. Des négocîans anglais ont souscrit des sommes énormes pour Texploitation de ses mines ; et FeuToi des machines à yapenr dans le pays promet des bénéfices an-> dessns de tout caknL Tontes les mines seront bientôt en pleine exploitation* parce que les entrepreneurs n'épargnent pas les eapitanz. Enfin il est à croire que trois on quatre ans de cafane suffiront pour effacer les traces de la gneiie. Déjà des traités de paix et d'amitié ont été conclus avec les différentes républiques de FAmérique méridionale et ayec les États-Unis. Le gouremement anglais, entraîné par son peuple, s'est TU lui-même forcé , après une longue opposition, de reocmnahre l'indépendance du 183 Mexique. D est malbeurensement à craindre que cet exemple troure peu dlmîtatenrs dans la Sainte Alliance. D'autres principes ont pré- Talu dans les gonrememens qui en font partie.

111 Aisumi

FoAM le§ liatMitt qtd «vront le plot à tfonflonr ds cM éloi^iwnieBty ui FnDMSB ooate J^6fl'0Ucnl a'stoJr peran ttoo fn^ loi fera dUSdle de r e trou ver . La Hier eit eùbverle de Veifeteeiut engteis et uuéticii&it ^pn MDt yoile ¥eff le Menqpey eiicBtf m^ dment frtnçak n'anrite danft wêê petts. El cependant y coHÎbieB l dÎMCle de tee pftidiBlii i'^Àdteentir deptiU k goerreateerEipagiie!

Ownlwew d^DpëralîoiBe loMliTet i*«ilfraitià Mte à ttM qrfoidàlenre I

Qtett krEipagné, Télal acterl de aai atfeiennef doloiliea ett on aigcunent ipà lepcNMM niTHicabMncnt^ ea dondriation nitMfo av l'égoitme et' sur l'igtaorance. Un axiome euié ior la 1<M des nations yeut qu'on peuple , dont le gouTemement est solidement établi depuis un assea long ef paœ de temps , qui possèdç une flotte , une année, enfin tout ce qui,ooostitiie tme nation sonveraine, libre et incUpendante, ne puisse pas être regardé comme la propriété d'un gouTemement qui ne possède ni flotte, ni armée, ni finances , et qui, en proie à l'occupation étrangère et aux divisions intestines, est dans l'impossibilité évidente de reconfrer sa conquête. L'exemple des États-Unis

DK I.*aiSIOIKB DU VKXIQUB. aa3

a etéypoarlesooloiiiescleraiitre Anifénqiieyim ▼éhicole pomamt et iirésîstîble. Lorsque y il y a quarante ans , l'Espagne, jalouse de la puissance britannique , s'unit aree la France pour concourir à rafirandûscancnt des colonies anglaises, OD peut dire qu'dle fit , sans s'en douter, son testament politique, et qu'dle signa dès Ion la perte des siennes. Pent-toe le cabinet de Madrid ensanglantcra-t-il encoie le Mexique ; peut-être renouTellera-t-il une lutte dont la durée sera plus ou moins longue : le succès définitif est bon de sa puissance. Aucun pouvoir limwaii» ne peut détruire ce qu'un peuple Tent fortement. Le Mexique est pour toojonn détaciK de la mire patrie.

l)i RESUME

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