DISCOURS PRÉLIMINAIRE
Remplie d'une admiration exclusive pour ses grands écrivains, fière de l'influence qu'elle exerçait en Europe , la France a dédaigné pendant long-temps les littératures étrangères; on semblait même, vers le milieu du dix -huitième siècle, oublier complètement les obligations que nos premiers génies avaient aux peuples voisins. Telle était notre manière de voir, que nous soumettions aux formes françaises les divers auteurs dont on transmettait les œuvres dans notre langue ; et il faut avouer que les autres nations aidaient puissamment à développer notre dédaigneuse prévention : comme elles adoptaient nos idées et nos systèmes, qu'elles suivaient l'impulsion que nous donnions, elles cessaient d'être originales,et nous étions toujours supérieurs,