‹ Résumé de l'histoire littéraire du PortgualChapitre 25 sur 61 · INÈS · texte numérisé non relu

INÈS

w Mon seigneur, je suis la mère de tes petits-fils. Ces enfans sont ceux de ton fils, que tu aimes tant. Celle qui te parle est une femme infortunée, sans appui, contre laquelle tu viens armé de cruauté. Tu m'as en ton pouvoir. Il suffisait de ton ordre pour que, pleine de confiance en toi et en mon innocence, jfi l'attendisse avec sécurité. Tu n'as pas besoin , seigneur, de tout cet appareil d'armes et de cavaliers. L'innocence ne craint nine fultla justice. Simes

*^ J'ai traduit ce morceau assez littéralement , parce que la poésie dramatique me paraît devoir surtout être transmise ainsi d'un langage dans un autre. Je pense que le système de traduction doit varier selon les morceaux que l'on a à rendre.

péchés m'accusaient, j'aurais été nu devanl de loi; j'aurais regardé comme une faveur de recevoir de toi la mort. Maintenant je vois que tu viens me cher'^ cher : y baise ces mains royales qui dispensent la clémence. Puisque lu as voulu venir t'inTormer loimême de mes fautes, connais-les, seigneur, comme un bon roi, comme un roi juste, clément, comme le père de tous tes sujets, à qui tu n'us jamais refusé la pitié ni la justice.

M Que vois-tu en moi, seigneur? que vois-tu eu celle qui se remet avec tant de confiance entre tes mains? Quelle est cette colère, quelle est celte fureur avec laquelle tu me cherches? tu n'en mettrais pas autant à poursuivre l'ennemi qui ravagerait tes ctats par le fer et par le feu. Je tremble, seigneur, de me voir devant toi comme je me vois. Femme innocente, ton esclave, je suis seule, et n'ai personne qui me défende. Que ma langue ne se hasarde point trop : Fesprit craint quand ou est en la présence. Mais que ces enfans, tes petits-fils, puissent me défendre^ qu'ils parlent en ma faveur : écoute-hs seuls. Mais, que dis-je , ils ne te parleront \^as , seigneur^ leur langue ne peut articuler aucune parole ils te jiarleut avec leur âme, avec leur âge si tendre- Ils le parleront parleur sang, qui est le même que le tien. Leur délaissement te demande la vie; ne la leur refuse pas, ce sont les peiils-fils : tu ne les avais point vus jusqu'à présent, et lu les vois dans un tel moment, que tu leur ôtes la gloire et le plaisir que Dieu révèle à leur esprit au moment où ils peuvent te connaître.

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