IX. — COÏNCIDENCE D'UNE NUTRITION ABONDANTE AVEC LA GENÈSE
X\-2. — Nous avons à montrer maintenant que la puissance de propagation augmente en rendant la conservation de l'individu exceptionnellement facile. Ceci s'applique, à la fois, à l'agamogenèse et à la gamogenèse.
353. — Sur les plantes multi-axiales, le premier effet de la surabondance de nutrition est une production de bourgeons foliacés grands et nombreux. Chez les animaux, VHydra tuba produit, par gemmation, de jeunes polypes avec une rapidité proportionnelle ;ï l'abondance des aliments qui lui sont fournis.
354. — I^a multiplication sexuelle des organismes, sous des conditions modifiées, subit des variations réglées par une loi analogue. Bien que la plante mal nourrie puisse ûeurir, beaucoup de ses ûeurs avortent, et, les graines qu'elle produit sont mal fournies des structures el des matériaux nécessaires pour
une heureuse germination. D'où il suit que le nombre des descendants survivants diminuera. Il y a une preuve évidente que la nourriture abondante élève le chiffre de la multiplication chez les mammifères dans le fait que, sur les hauteurs pelées et relativement infertiles des Cotswolds, il est rare que les brebis aient des jumeaux, tandis qu'elles en ont très souvent dans la riche vallée adjacente de la Severn.
355. — On peut invoquer beaucoup de faits prouvant que l'embonpoint s'accompagne non de fécondité, mais de stérilité, et l'on a conclu qu'une alimentation abondante est défavorable à la genèse. C'est là un malentendu provenant en partie de la circonstance que l'accroissement de volume produit par la graisse ressemble quelque peu à l'accroissement de volume causé par l'augmentation de croissance des tissus, et en partie du fait qu'une nourriture saine et abondante produit une certaine quantité de graisse, qui, dans des limites assez restreintes, est une provision utile de matière dynamogène. Si nous rendons à l'expression « alimentation abondante » son sens véritable/c'est-àdire une quantité abondante et bien proportionnée des substances dont l'organisme a besoin, nous voyons que, toutes choses égales, la fécondité augmente toujours à mesure que la nutrition s'accroît.