VIII. — ANTAGONISME ENTRE LA DÉPENSE ET LA GENÈSE
347.— Les faits sur lesquels nous pouvons nous appuyer principalement sont ceux que l'on peut recueillir sur les animaux terrestres supérieurs dont nous avons une connaissance assez définie.
348. — Il est difficile d'obtenir une preuve satisfaisante que la perte de substance dans l'entretien de la chaleur diminue la rapidité de la propagation. La poule commune nous offre cepen-
LES LOIS DE LA MULTIPLICATION f75
dant un exemple. Bien que nourrie pondant les mois d'hiver, elle cosse, durant les temps froids, de pondre, ou ne pond que rarement. Et elle ne pond, même rarement, que si la chaleur et la nourriture lui sont procurées artificiellement.
3-49. — H y a des preuves claires de la variation inverse entre l'activité et la genèse. Nous avons le contraste moyen entre la fécondité des Oiseaux et celle des Mammifères. En comparant les grands avec les grands, et les petits avec les petits, nous voyons que les animaux qui ont à faire des efforts musculaires pour se soutenir dans l'air ou le traverser rapidement sont moins prolifiques que ceux d'un poids égal qui n'ont à accomplir que l'effort moindre de se mouvoir sur des surfaces solides.
350. — Passant aux Mammifères, nous sommes frappés de l'extrême infécondité de la chauve-souris, comparée à la souris qui a une structure analogue, mais est très prolifique : différence dans le taux de multiplication qu'on peut, à juste titre, attribuer à la différence du taux de la dépense.
351. — Les variations de dépense sont aussi en rapport avec les variations de fécondité. Quand les poules commencent à couver, elles cessent de pondre. Leur dépense en plumage nouveau ne leur laisse rien à dépenser pour produire des œufs.