‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 128 sur 409 · IV. — DE LA CORRESPONDANCE COMME S'ÉTENDANT DANS L'ESPACE · texte numérisé non relu

IV. — DE LA CORRESPONDANCE COMME S'ÉTENDANT DANS L'ESPACE

139. — En s'élevant dans les i\ pes de l'existence, on remarque qu'une des manifestations nettes de l'élévation du degré de la correspondance se home dans L'augmentation de distance à laquelle les coexistences et les séquences du milieu environnant produisent des changements adaptés dans l'organisme. Ce progrès accompagne le développement des sens de l'odorat, de la vue, «le l'ouïe, etc., et, finalement, celui de l'intelligence.

i '«(t. — Connue introduction appropriée au sujet de ce chapitre, il esl peut-être hou de dire que nous avons des raisons de croire

que toutes les formes de la sensibilité à des stimulus externes ne sont, à leur état naissant, que des modifications que ces stimulus produisent dans le double processus d'intégration et de désintégration qui constitue la vie sous sa forme primitive, quand on la considère au point de vue physiologique. On ne peut toucher un zoophyte sans mettre en mouvement les fluides répandus à travers les tissus excités, et sans faire qu'ainsi l'oxygène et la nourriture soient fournis avec une plus grande rapidité. La matière nutritive mise en contact avec la surface, qui est partout absorbante, excite encore plus les actions vitales, et fait ainsi que le contact des substances nutritives doit provoquer une réponse plus spéciale. Une diffusion de telles substances, sous forme d'odeur, tendra, dans un faible degré, à produire des effets analogues. Le tissu ayant la qualité chimique requise, la lumière doit aussi modifier les actions assimila trices. îl doit en être de même pour les vibrations sonores. En faisant la supposition très raisonnable que le protoplasme de ces créatures presque inorganisées subit des changements isomères avec les changements de leur activité vitale, nous trouvons une explication adéquate des effets produits par les facteurs externes.

141. — Si nous suivons l'évolution du sens de l'odorat jusqu'à cette perfection où le chien et le cerf le possèdent, nous montrerons qu'un des aspects sous lesquels le progrès se présente consiste dans la distance croissante à laquelle certains rapports internes et externes sont adaptés ; c'est aussi la preuve d'un progrès simultané dans le degré de la vie.

142. — On peut de môme suivre la marche de l'organe de la vue, partant d'organismes où la vision est rudimentaire, traversant les types divers d'animaux aquatiques pour arriver aux animaux terrestres supérieurs, sous des formes et modifications variées, pour arriver enfin à un appareil visuel compliqué, et à des rapports de plus en plus étendus de correspondance. Un des aspects des progrès de la vie est la distance de plus en plus grande à laquelle les rapports visibles dans le milieu produisent des relations adaptées dans l'organisme.

143. — Les progrès successifs de la faculté auditive, comme ceux des facultés que nous venons d'étudier, se manifestent par une expansion de la sphère d'espace à travers laquelle certains

rapports du milieu déterminent des relations adaptées dans

l'organisme.

144. — L'extension de la correspondance, dans l'espace, ne s'arrête pas au perfectionnement des sens. l>es facultés adaptives, comme dans le cas du pigeon messager, se produisent i\ trop grande distance pour être aisémenl perçues. L'homme, par la combinaison de ses propres perceptions a vec celles que ses prédécesseurs ont enregistrées dans les cartes, parvient ;i atteindre des régions éloignées de lui de plusieurs milliers de Lieues.

I i->. — Chaque nouvelle extension de la correspondance dans l'Espace ajoute au nombre des relations externes auxquelles des relations internes sont adaptées — elle ajoute au nombre des changements internes, et par conséquent au total de la vie. L'extension de correspondance conduit aussi a une augmentation du nombre de cas dans lesquels l'animal se procure de la nourriture, ou fuit le danger. La vie est ainsi une combinaison de processus di m i l'opération a pour résultai leur propre continuation.

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