‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 132 sur 409 · VIII. — DE LA CORRESPONDANCE COMME CROISSANT EN COMPLEXITÉ · texte numérisé non relu

VIII. — DE LA CORRESPONDANCE COMME CROISSANT EN COMPLEXITÉ

159. — Parmi les premiers progrès en spécialité, beaucoup n'impliquent pas de progrès en complexité ; et les formes supérieures du progrès en complexité ne peuvent sans violence être classées dans le progrès en spécialité.

160. — Partout où nous ne trouvons qu'une plus grande aptitude à dislinguer les variétés du même phénomène simple, il y a accroissement de spécialité de correspondance sans accroissement de complexité Mais là où le stimulus auquel il est répondu consiste non en une simple sensation, mais en plusieurs, l'accroissement en spécialité de correspondance résulte d'un accroissement dans sacomple.\il,è.

161. — Un progrès ultérieur en spécialité est réalisé parun progrès supplémentaire en complexité, supplément qui se compose des généralités ajoutées aux spécialités. Chacune des correspondances supérieures qui manifestent ce que nous appelons de la raison implique un ajustement des rapports internes non seulement aux rapports externes concrets perçus, mais à plusieurs rapports généraux non perçus, mais que l'expérience antérieure a établis.

162. — Il semble que ce soit ici le lieu d'appeler l'attention sur le fait important qu'il y a un rapport plus ou moins constant entre Yimpressibilitê et l'activité de l'organisme en ce qui concerne leur complexité. Chez les types animaux inférieurs un

contact est suivi d'une contraction de la partie touchée : an seul stimulus est suivi d'un seul mouvement. Graduellement, Les aptitudes à recevoir des impressions d'une Complexité croissante él à produire des actions d'une complexité croissante se présentent. El la vérité à faire ressorlirici, c'estque l'hétérogénéité des stimulus qu'on peut apprécier est, en général, proportionnée à l'hétérogénéité des changements qu'on peut produire. L'évolution de l'appareil sensitif ou directeur est inséparable de celle de l'appareil musculaire ou exécuteur.

163. — Pourquoi le sens du toucher, dans ses formes supérieures, est-il plus que tout autre associé au progrès de l'intelligence? Cela paraîtra peut-être difficile à comprendre. L'explication réside dans le fait que les impressions tactiles sont celles dans lesquelles toutes les autres impressions doivent être traduites, avant qu'on n'en puisse connaître la signification. Il faut un contact actuel pour que les objets environnant l'organisme puissent l'affecter, ou puissent être eux-mêmes affectés par l'organisme. Ce n'est qu'à mesure que les impressions acquises par l'intermédiaire delà peau et des muscles deviennent variées et complexes, qu'il peut y avoir une traduction complète des impressions variées et complexes reçues par les yeux, les oreilles et le nez. Une comparaison éclaircira ceci. La langue maternelle doit être aussi riche que la langue étrangère, sansquoi elle ne pourra traduire toutes les expressions de celleci. Chaque grande division du ir^\ic animal, en remontant jusqu'aux structures et fonctions récepto et directo-motrices, si parfaites de l'homme, donne des exemples de celte connexion.

164. — Cette dépendance réciproque derimpressibilitéetde l'activité se remarque d'une manière frappante au cours des progrès de l'homme. Toute science développée, consistant, comme elle le fait, en prévisions quantitatives, est pourtanl descendue de ce mode primitif de calcul consistant à placer côte à côte les objets tenus à la main. El toutes les sciences non développées qui n'onl pas encore franchi l'étape de prévision qualitative, dépendant pour leur progrès soit d'expériences qui exigent une manipulation adroite, soit d'observations, en > comprenant la dissection el des procédés analogues, n'auraient môme pas pu

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atteindre cette étape en l'absence d'une dextérité manuelle très développée.

165. — Il faut encore remarquer que, en même temps que le progrès de complexité des cogni lions et des opérations, il y a eu progrès dans l'aptitude à recevoir des cognitions complexes et à exécuter des opérations complexes. Nous avons déjà fait observer qu'une vie supérieure et de plus longue durée accompagne l'accroissement de spécialité et de généralité de correspondance ; il estinutile d'insistersur le fait que, lorsque ces deux se réunissent pourproduire des correspondances de complexité croissanle, le même résultat se produira.

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