I. — LA NATURE DE L'INTELLIGENCE
177. — Les deux grandes classes d'actions vitales dont traitent la Physiologie et la Psychologie se distinguent en gros l'une de L'autre, en ceci : tandis que l'une comprend à la fois des changements simultanés et des changements successifs, l'autre ne renferme que des changements successifs. Les phénomènes qui sont l'objet de La Physiologie se présentent sous la forme d'un immense nombre de séries différentes réunies ensemble. Ceux qui forment L'objet de la Psychologie ne se présentent que comme une seule série. Un coup d'oeil jeté sur les nombreuses actions dont La continuité constitue la vie du corps en général suffit à montrer qu'elles s'accomplissent, simultanément, flans une dépendance mutuelle. Et la plus courte introspection suffit à prouver que les actions constituant la pensée se produisent, non ensemble, mais l'une après L'autre. Les phénomènes qui sont l'objet de La Psychologie, cependant, u'atteignent jamais absolument La forme d'une série unique.
178. — La différenciation el L'intégration continues, concentrant les aï-lions d'où naît la \ rie psj chique, d'abord sur la surface de L'organisme, et ensuite sur ces parties plus spécialisées de l'organisme qui constituent Les organes des sens supérieurs, rendenl nécessairement la \i'' psychique de plus en plus distinct, • de 1,1 \i,' physique, en disposant ses changements, de pins
en plus, dans un arrangement sériel. Nous n'avons pas à nous occuper du développement progressif du système nerveux, ni des actions qui se continuent à travers sa masse. Les actions internes du système nerveux sont provoquées par les actions externes auxquelles les sens sont soumis. Dans la même proportion où les actions externes tendent vers la forme sérielle, les changements internes qui en sont la conséquence tendent vers cette forme.
179. — Cette sérialité croissante dans les changements psychiques est, en réalité, rendue nécessaire par les progrès de la correspondance. En d'autres termes , les progrès de la correspondance, le développement de la conscience, et la tendance croissante vers un ordre linéaire dans les changements psychiques, sont des aspects différents de la même progression.
180. — Bien que les changements Psychiques ne soient pas absolument distingués des changements physiques par leur sérialité, ils le sont pourtant, d'une manière relative, et, à mesure qu'ils s'élèvent vers la forme plus développée qui constitue la raison, ils se fondent dans une succession d'états qui paraît simple. Quoique ceux-ci soient physiologiquement composés, et qu'ils l'aient été, à l'origine, psychologiquement, cependant, en tant qu'ils sont devenus des éléments consolidés de la pensée, on peut ajuste titre les regarder comme simples, sépament.
181. — Une succession de changements étant ainsi le sujet de la Psychologie, c'est l'œuvre de la Psychologie de déterminer la loi de leur succession.