‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 138 sur 409 · LA LOI DE L'INTELLIGENCE · texte numérisé non relu

LA LOI DE L'INTELLIGENCE

182. — Toute vie, physique ou psychique, étant une combinaison de changements correspondant à des coexistences et séquences externes, il en résulte que, si les changements constituant la vie psychique se présentent successivement, la loi de leur succession doit être la loi de leur correspondance.

183. — La correspondance entre l'ordre interne et l'ordre externe — la loi de l'intelligence — consiste en ceci : la persistance de la connexion entre les états de conscience est propor-

tionnée à la persistance de la connexion entre les phénomènes externes qui les produisent.

184.— Les a'ctes «les animaux nous montrent des exemples nombreux où l'ordre interne ne réussit pas à s'ajuster à L'ordre externe. Chez le phalène qui voltige autour de la flamme <l une bougie, il n'y a aucun rapport d'états psychiques correspondant au rapport entre la lumière et la chaleur dans le milieu. Nous appelons progrès de l'intelligence la disparition de ces désaccords entre les pensées et les faits.

is*i. — Comment celte conception peut-elle renfermer les coexistences ? Il suffit de dire ici que la relation de coexistence se distingue delà relation de séquence parla promptitude avec laquelle ses termes se succèdent dans la conscience, dans un ordre ou dans l'autre, avec autant de facilité que de vivacité; que la conscience s'en produit quand, en passant en avant et en arrière, d'un terme à l'autre, les séquences, également dépourvues de résistance, s'effacent l'une l'autre, et qu'ainsi se fait un doublement dans la conscience, qui est composé d'une séquence et de son renversement.

L86. — Bien interprétée, cette loi s'applique aussi complètement aux relations fortuites que présente un acte quelconque de perception, qu'elle s'applique aux rapports plus ou moins habituels que l'expérience établit entre les idées. Car un rapport fortuit dans le milieu environnant n'éveille-t-il pas un rapport fortuit semblable dans la pensée ?

187. — Celte loi de l'intelligence doit être considérée comme la loi de l'intelligence in abstracto, non comme la loi de notre intelligence, ni d'aucune intelligence que nous connaissons. C'est la loi à laquelle les changements psychiques tendent à se conformer de plus en plus, a mesure que l'intelligence s' élève ; mais une intelligence parfaite peut seule atteindre celle parfaite conformité. Ce n'est qu'en vertu de cette loi que peut se produire cet ajustement des rapports internes aux rapports externes qui constitue la rie, tandis qu'il rend possible la continuation de la vie.

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