VI. — PERSISTANCE DE LA FORCE
no. — Les modes de notre expérience dous obligent à distinguer deux modes de force : l'une n'opérant aucun changement, l'autre produisant des changements actuels ou potentiels. La première de ces forces, celle qui occupe l'espace, n'a pas de nom spécifique. La seconde espèce de force reçoit communément aujourd'hui le nom d' Énergie ». ('/est le nom commun
2i LES PREMIERS PRINCIPES
de la force qui se révèle dans le mouvement des masses, comme dans les mouvements des molécules. On distingue aussi ces deux forces en force intrinsèque, par laquelle le corps se montre à nous comme occupant l'espace, et force extrinsèque que l'on appelle énergie. Toutes deux sont également persistantes.
C>\ . — La persistance d'aucune de ces espèces de force ne peut se prouver, car il la faut supposer tacitement dans toute expérience ou observation instituée pour la démontrer. Ainsi que nous l'avons déjà montré (23), nous ne pouvons ramener les principes dérivés aux principes de plus en plus larges d'où ils se déduisent, sans arriver à la fin à une vérité plus large que toutes les autres qui ne peut se réduire en aucune autre. Si l'on considère les relations avec celles de la science en général, on reconnaîtra que cette vérité qui passe toute démonstration, c'est la Persistance de la Force.
02. — Quelle est donc la force dont nous affirmons la persistance? C'est la Force Absolue dont nous avons conscience comme corrélatif nécessaire de la force que nous connaissons. Ainsi, nous arrivons encore à cette vérilé dernière où la Religion et la Science s'unissent : à l'existence permanente d'un Inconnaissable comme corrélatif nécessaire du Connaissable.