V. — ■ CONTINUITÉ DU MOUVEMENT
55. — La Continuité du Mouvement, ou, pour parler plus rigoureusement, la continuité de quelque chose qui a le Mouvement pour une de ses formes sensibles, est une vérité de laquelle dépend la possibilité de la Science exacte et de la Philosophie. Car si des mouvements visibles ou invisibles, des masses ou des molécules, devaient dériver de rien ou n'aboutir à rien, il n'y aurait plus d'interprétation scientifique à en donner.
56. — En parlant de la Continuité du Mouvement, nous ne devons pas penser uniquement à la translation à travers l'espace, car l'oscillation du pendule nous montre que la perte de l'activité visible quand il arrive à son point maximum d'ascension est compensée par une activité invisible et latente qui crée le mouvement subséquent de descente. La cessation du Mouve-
ment, considéré simplement comme translation, n'est pas la cessation d'une chose existante niais la cessation d'un certain signe d'existence, an signe se produisant sous certaines conditions.
57. — L'élément-espace du Mouvement u'est pas, en soi, une chose. Le changement de position n'est pas une chose existante : e'esl la manifestation d'une chose existante. Cette existence pcni cesser de se révéler comme translation ; mais elle n \ peut arriver qu'en se montrant sous forme de tension. Le principe d'activité, qui se révèle tantôt par la translation, tantôt par la tension, et souvent par les deux ensemble, est la seule chose dans le Mouvement que nous puissions dire continue.
58. — .Manifesté tantôt sous forme d'un changement déposition, tantôt sous forme d'une tension immobile, ce principe d'activité manifesté parle Mouvement, est conçu par nous, en déiinitive, sous l'unique forme de l'effort musculaire qui est son équivalent. De la sorte, la Continuité du Mouvement, aussi bien que l'Indestructibilité de la Matière, nous est réellement connue. en fonction de force.
59. — Toutes les preuves de la Continuité du Mouvement impliquent le postulat que la quantité de force est constante. Nous pouvons par la pensée diminuer la vitesse ou l'élémentespace du mouvement, en répartissant le moment, oul'élémentforce, sur une plus grande masse de matière ; mais la quantité de cri élément-force que nous regardons comme la cause du mouvement, est invariable dans la pensée.
Notl-:. — Il convient de dire (pie certains mots, tels que /<■//sion, ont une acception plus large, dans celte division, qu'on ne leur donne habituellement.