IX. — LA VOLONTÉ
211. — Tous ceux qui ont suivi jusqu'ici notre raisonnement verront clairement que le développement de ce que nous appelons Volonté n'est qu'une nouvelle face du processus général, dont les autres aspects ont été esquissés dans les trois dernières divisions.
218. — Le fait que la Volonté nattpar suite de la complexité croissante el de la cohérence imparfaite des actions automatiques, est clairemenl Impliqué par lefait contraire que, lorsque les actes, autrefois incohérents et volontaires, sont très fréquemment répétés, ils de\ iennentcohérentsel involontaires. Absolument comme toute série de changements psychiques manifestant, à L'origine, de La Mémoire, de La liaison el de La Sensalion, cesse d'être consciente, rationnelle et émotionnelle, aussitôt que par la répétition
elle s'est plus solidement organisée, de même aussi elle dépasse, à ce moment, la sphère de la Volition. La Mémoire, la Raison, la Sensation et la Volonté disparaissent dans la mesure où les changements psychiques deviennent automatiques.
219. — Bien avant d'arriver au point où nous en sommes, la plupart des lecteurs se seront aperçus que les doctrines développées dans les deux derniers chapitres sont en opposition avec les opinions courantes sur la liberté de la Volonté. De cette loi universelle que, toutes choses égales d'ailleurs, la cohésion des états psychiques est proportionnée à la fréquence avec laquelle ils se sont suivis l'un l'autre dans l'expérience, résulte le corollaire inévitable que toute action quelconque doit être déterminée par ces connexions psychiques que l'expérience a engendrées ; — soit dans la vie de l'individu, soit dans cette vie générale antérieure dont les résultats accumulés se sont organisés dans sa constitution.
220. — On parle de la Volonté comme étant quelque chose de distinct de la Sensation, ou des sensations, qui pour le moment dominent les autres, tandis qu'elle n'est, au fond, que le nom général donné à la sensation spéciale qui a la suprématie et détermine l'action. La Volonté n*est pas plus une entité distincte de la sensation prédominante qu'un roi nest une entité distincte de celle de l'homme qui occupe le trône.