Essayons maintenant de nous faire une idée générale
des modes par lesquels les processus indiqués jusqu'ici peu- \eiii amener des résultats encore plus compliqués.
237. — Amesureque les appareils nerveux deviennent plus complexes et plus intégrés , le réseau de leurs connexions dr\ ient si complexe que chaque excitation musculaire spéciale esi accompagnée de quelque excitation musculaire générale. En même temps que la décharge forte destinée à des muscles particuliers, les plexus ganglionnaires communiquent inévitablement une certaine décharge diffuse aux muscles en général. Toute chose qui passe, aussi bien que toute chose déjà passée, augmente La décharge générale se rendant aux organes vitaux el au système musculaire en général. C'est ce que nous appelons, au point de \ ue subjectif, des états de conscience et des idées. Et plus le plexus central devient étendu et complexe, plus celles-ci deviennent détachées des actions — plus les impressions produites par les choses et les relations peuvent se refléter dans le système nerveux — plus il se produit de suites de pensées.
238. — Ceci nous conduit au passage de la coordination composée à une coordination doublement composée. Un.contraste tranché existe entre les deux, et il y a des raisons, outre celles qui oui été déjà données [Psychologie, 22), pour que nous assignions aux centres nerveux les [tins élevés la fonction de là coordination doublement composée.
239. — L'-s impressions visuelles el leurs impressions conconi i i,i n les sont coordonnées avec les mouvements musculaires et leurs concomitants, à la fois directement et indirectement. Les coordinations directes renferment toutes celles qui sont possibles chez un animal, par un changement dans les positions relatives de ses parties, sans changemenl de sa position dans l'espace. Les coordinations indirectes comprennent celles qui ne sont possibles que par un changement des positions dans l'espace, aussi bien que par un changemenl de la position relative des parties. Par exemple, sans bouger de l'endroit où je suis, je puis explorer 1res complètement tous les objets qui sont à
portée de ma main, tandis que je ne puis explorer le tableau suite mur en face sans d'autres mouvements tactiles, variant de direction et de distance. Ces derniers présentent des coordinations infiniment plus nombreuses que les premiers, et qui deviennent de plus en plus nombreuses et complexes à mesure que la distance augmente.
240. — Quand on se demande comment des coordinations plus élevées se sont développées hors des plus humbles, et comment la structure du système nerveux se complique progressivement au point de les réaliser, le fait capital qu'il faut se rappeler est que ces coordinations si élevées son L effectuées par Yintercalation de nouveaux états groupés entre les états groupés primitifs. Par conséquent, on peut s'attendre à trouver, dans le système nerveux qui les réalise, des plexus intercalés de fibres et de cellules.
241. — En passant des coordinations composées aux coordinations à double composition, nous arrivons à des coordinations dans le Temps et dans l'Espace s'unissant pour accomplir la coordination totale. Avant qu'un seul pas ne soit fait vers un objet, les impressions produites par lui et tous les objets qui l'environnent sont groupées dans un plexus de relations de coexistence. Les deux ordres de relations sont donc corrélatifs et servent à s'interpréter l'un l'autre. Sans quelque moyen d'enregistrer la série des mouvements qu'il faut parcourir pour atteindre un objet, nous n'aurions pas conscience de sa distance. Sans la conscience de cette distance, les sensations musculaires éprouvées n'auraient , dans la pensée , aucune signification comme équivalent de certains espaces parcourus. La composition du cerveau et du cervelet est d'accord avec celte hypothèse.
242. — Il est inutile dédire que la véritable genèse du système nerveux a été si compliquée qu'une esquisse exacte serait à peine compréhensible. Nous ne devons même pas attacher un sens trop défini aux termes employés, tels que « fibre » et « plexus ».