‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 153 sur 409 · VI. — DES FONCTIONS DANS LEUR RAPPORT AVEC LES ORGANES · texte numérisé non relu

VI. — DES FONCTIONS DANS LEUR RAPPORT AVEC LES ORGANES

243. — Ce qui a été considéré, jusqu'ici, comme des action» nerveuses d'une complexité croissante, doit maintenant être considéré comme des états mentaux d'une complexité croissante.

SYNTHÈSE PHYSIQUE U:i

244. — L'appareil qui effectue les perceptions qui sont suivies d'actions réflexes est capable d'effectuer des perceptions qui ne sont pas suivies d'actions réflexes. Les sensations visuelles groupées fournies par des corps inanimés sont, comme celles que fournissent les corps vivants, aptes à être unies par l'expérience à des groupes de sensations fournies par ces corps à la peau et aux muscles, et les deux groupes ainsi excités, quoique formant moins fréquemment une séquence, finissent par être unis de la même façon. C'est ainsi que les impressions confuses reçues des objets environnants se transforment, par une évolution lente, en une conscience quelque peu organisée des objets environnants.

±'iï. — Entre une perception considérée au point de vue physiologique et une perception considérée au point de vue psychologique, la relation est maintenant évidente. Une perception ne peut avoir, dans un centre nerveux, aucune localisation définie, mais seulement une localisation diffuse. Aucune fibre ou cellule, excitée isolément, ne suffirait à produire la conscience d'un objet extérieur : il y faut un plexus de fibres et de cellules. Et non seulement ce plexus de fibres et de cellules diffère avec chaque objet différent, mais il diffère avec chaque position différente du môme objet.

246. — Quand les Idées, vraiment dignes de ce nom, apparaisseiil-clles? Elles naissent quand la coordination composée fait place à la coordination doublement composée. Elles deviennent de plus en plus distinctes, à mesure que s'étend la correspondance dans l'Espace et dans le Temps. C'est-à-dire que les idées forment une partie de plus en plus étendue de la conscience, à mesure que se développenl ces deux grands centres nerveux pédoncules qui distinguent les animaux supérieurs; les idées deviennent plus nombreuses et pins faciles à isoler des impressions sensibles directes, à mesure que.ces centres croissent en volume et en complexité organique, et finalement, quand ces centres sont pleinement développés, les idées permettent la combinaison de suites de pensées qui sont tout à fait indépendantes des perceptions extérieures actuelles.

247. — Au sujel des Emotions, il suflit d'ajouter que, de même que les idées, elles résultent des actions eoordinalrices du cer-

veau et du cervelet sur la moelle allongée et les organes qu'elle dirige. De même que les plexus, dans ces centres nerveux plus élevés, en excitant de diverses manières des groupes spéciaux de plexus situés dans les centres inférieurs, suscitent des groupes spéciaux de sensations et relations idéales, de même, en excitant simultanément d'une manière diffuse les groupes généraux de plexus auxquels ces groupes spéciaux appartiennent, ils suscitent sous une forme vague les groupes généraux concomitants d'étals de conscience et de relations idéales — l'arrièreplan émotionnel approprié à la conception définie. Nous pourrions dire que les centres nerveux supérieurs provoquent le renvoi des échos de tous les accords et cadence analogues pendant un passé qu'on ne saurait mesurer.

248. — Quelques remarques sont nécessaires, ici, sur les théories des phrénologues. Il est à peine utile de dire que la conception exposée ci-dessus, impliquant la coopération constante des centres nerveux principaux dans chaque pensée et chaque émotion, est tout à fait en désaccord avec la théorie qu'ils nous présentent. Gela n'implique pourtant pas la fausseté absolue de cette théorie. Les parties différentes du cerveau doivent, dune façon ou d'une autre, servie à différentes espèces d'action mentale. La localisation des fonctions est la loi de tout organisme, et il seniit. extraordinaire qu'il y eût là une exception. Mais accepter la doctrine des phrénologues dans sa forme la plus abstraite, ce n'est aucunement approuver les applications concrètes qu'ils en ont faites. Quelque soutenable que puisse être l'hypothèse de la localisation des facultés, quand elle est présentée sous une forme abstraite, elle est tout à fait insoutenable sous la forme que lui ont donnée les phrénologues.

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