‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 155 sur 409 · VIII. — PREl \ l'.s TIRÉES ItKS VARIATIONS NORMALES · texte numérisé non relu

VIII. — PREl \ l'.s TIRÉES ItKS VARIATIONS NORMALES

254. — Notre question se pose maintenant ainsi : comment les fonctions du système nerveux sont- elles affectées parles changements de conditions physiologiques, etcom/nenl les états subjectifs correspondants seront-ils modifiés? Nous nous aiderons, pour y répondre, de l'hypothèse commsned'un fluide ûerveux

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qui se meut par courants nerveux. Elle peut nous être utile, à la condilion cependant d'admettre que le mouvement moléculaire qui cause des effets nerveux n'est pas un fluide et que son transfert n'est pas un courant.

255. — Prenons d'abord les variations générales qui différencient les traits de l'intelligence, dans la jeunesse et dans la vieillesse. Au début de la vie, la déperdition et la réparation sont rapides, les canaux du système nerveux sont pleins jusqu'à déborder; les états de conscience des deux ordres sont forts, les perceptions distinctes, les émotions vives. Au contraire, en avançant dans la vie, le taux dedéperdition et de réparation diminue, les canaux nerveux reçoivent des influx plus faibles de fluide nerveux ; les états de conscience éveillés sont moins vifs, et les relations formées entre eux moins cohérentes.

256. — Il en est de môme pour les variations psychiques générales qui accompagnent les différences de constitution physique. L'homme dont le système nerveux travaille à haute pression a une* abondance d'idées. Il a toujours quelque chose à dire et trouve sur le champ les paroles appropriées à la circonstance. Chez l'homme dont le système nerveux travaille à pression basse, les pensées se présentent lentement, l'une après l'autre, au lieu de se former rapidement en colonnes de files serrées.

257. — Nous voyons que les causes physiques générales entraînent des différences psychiques analogues, quand nous comparons les états constitutionnels d'exaltation et de dépression du même individu.

258. — Une autre variation d'état constitutionnel qui se présente chaque jour nous montre une série d'effets semblables, produits semblablement. La diminution de l'influx nerveux qui, après avoir atteint un certain point, se montre toujours plus calme et finit par le sommeil, se traduit par une série décroissante d'activités psychiques conformes au principe général que nous avons posé.

259. — Les variations psychiques accompagnant les variations, non dans l'état de l'organisme comme tout, mais dans les états île ses différentes parties, peuvent s'expliquer de même. Quand l'effort musculaire est soudainement porté à l'excès, la puissance de penser subit une diminution appréciable. C'est-à-dire

qu'une soustraction excessive do fluide nerveux diminue tellement la pression générale dans tout le système aerveux qu'aucune décharge ne peut avoir lieu cidre les canaux moins perméables.

260, —Des antagonismes plus spéciaux, rapprochés de ceux-cî par leur nature et leurs effets, peuvent être constatés. Une émotion 1res forte cansi; une telle diminution dans la provision de fluide nerveux, qu'elle paralyse l'intelligence clans ses régions les plus élevées. Des conceptions s;ms rapports avec l'occasion, celles surtout qui sont abstraites et compliquées, deviennent, pour le. moment, impossibles. Il y a lieu de croire qu'au contraire, une grande dépense d'énergie dans un travail intellectuel intense es! accompagnée d'une diminution temporaire de sensibilité émotionnelle. Une absorption intellectuelle, longtemps continuée et non accompagnée d'excitation émotionnelle, peut aussi conduire à un affaiblissement permanent des émotions.

261. — Comment se fait-il qu'un certain état de la circulation ou du sang, ou des deux, cause dans la conscience une prédominance de sentiments tristes, tandis que l'état inverse cause la prédominance de sentiments agréables — et cela en présence des mêmes circonstances? Quand la pression du système nerveux est haute, les lignes de décharge les moins perméables, répondant aux plus faibles associations parmi les senlimentsde plaisir, sont remplies par le§ courants qui s'échapperont parla, et L'agrégat d'idées joyeuses faiblement excitées croîtra en étendue aussi bien qu'en force. A mesure que la pression augmente, la conscience diffuse du plaisir croîtra en proportion plus grande de la conscience diffuse de peine, — produisant ainsi un sentiment plus grand de satisfaction. An contraire, si la pression continue à diminuer, l'agrégat d'émotions agréables faiblement excitées décroîtra en proportion de l'agrégat d'émotions douloureuses faiblement excitées. Et lorsque la pression est tombée si bas que les courants ne passent que le long de lignes très perméables, il en résulte que la conscience diffuse sera composée principalement de l'agrégat de sentiments douloureux faiblement excités, produisant ainsi la mélancolie et le désespoir.

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