IX. — PREUVES TIRÉES DES VARIATIONS ANORMALES
262. — Le changement de caractère est un autre trait de la faiblesse nerveuse. L'irascibilité des gens, dont les nerfs sont chroniquement malades, implique une inactivité relative des sentiments supérieurs, dont les plexus, étant étendus et enchevêtrés, et formés des canaux les moins perméables, sont les premiers à cesser d'agir lorsque le système nerveux n'est pas à l'état de plénitude.
263. — Nous trouvons une nouvelle confirmation de l'hypothèse dans la folie temporaire causée par les dérangements partiels ou généraux de la circulation. Car là où, comme cela se passe chez les gens nerveux, les vaisseaux sanguins du cerveau perdent aisément leur contractilité et deviennent d'une sensibilité anormale par l'excès du sang, aussi bien qu'initiateurs de révolutions trop fortes, la conscience devient un torrent de pensées intenses et de sentiments violents.
264. — Lorsque de tels dérangements de la circulation cérébrale deviennent permanents, la folie temporaire passe à l'état de folie persistante. On ne prétend point que les troubles vasculaires soient les seules causes de la folie. L'impureté du sang en est aussi une cause plus que probable.
265. — Quand la pression du fluide nerveux est haute, la proportion des éléments agréables de la conscience par rapport à ceux qui sont pénibles s'élève, ainsi qu'on l'a fait voir. On peut faire observer ici que le bonheur artificiel, comme chez le mangeur d'opium, est produit par une augmentation artificielle de pression.
266. — L'examen des preuves que nous apportent les anesthésiques montre que les changements qu'ils produisent sont en grande partie, si ce n'est entièrement, explicables par leur accord avec la doctrine générale exposée.
267. — Les interprétations qui précèdent ne doivent pas être prises séparément, mais dans leur ensemble. Les nombreuses causes de variation à l'œuvre, s'entremêlent de manières et dans des degrés différents et multiples, chacun étant influencé par tous, et tous par chacun.