X. RÉSULTATS
268. — Nous avons maintenant montré, d'une façon qui ne laisse pas de satisfaire, l'exactitude de nos prévisions du début. Les processus d'équilibration directe et indirecte agissant sur tous les organismes, dans tous les temps, nous voyons qu'en y joignant l'effet, supposé par le raisonnement, de chacune des décbarges nerveuses sur chacun des canaux où elle passe, nous obtenons une explication complète de l'évolution nerveuse, et de l'évolution correspondante de l'Esprit.
269. — « Ainsi donc, nous voici en face du matérialisme le plus caractérisé », s'écriera plus d'un lecteur. Mais, ainsi que nous l'avons déjà dit et que nous Le répétons ici, cette explication n'est pas la vraie.
270-272. — La vérité ne peut se traduire ici par le Matérialisme ni par le Spiritualisme, si modifiés et si raffinés qu'ils soient. A quelque point qu'elles soient portées, les recherches du psychologue ne révèlent pas la nature ultime de l'Esprit, pas plus que celles du chimiste ne révèlent la nature ultime delà matière, ou celles du physicien la nature ultime du mouvement. Bien que le chimiste gravite autour de la croyance en un atome primordial duquel se sontformés, en unionsdiversementcombinées, les soi-disant éléments, de même que de ceux-ci en unions diversement arrangées procèdent les oxydes, les acides et les sels, et les multitudes de substances encore plus complexes; cependant, il n'en sait pas plus qu'avant, au sujet de cet atome hypothétique. Et, semblablement, bien que nous avions des raisons de croire qu'il y a une unité primitive de la conscience, que les sensations de tout ordre sont formées d'unités semblables combinées en rapports divers, que par la composition de ces sensations et de leurs rapports varies se produisent des perceptions et des idées, et ainsi de suite jusqu'aux pensées et émotions les plus élevées, cependant cette unité de conscience reste insondable. Si nous supposons qu'il est tout à fait clair qu'un choc dans la conscience et un mouvement moléculaire soient les faces subjective et objective de la môme chose, nous demeurons absolument incapables de réunir les deux de façon à concevoir
cette réalité dont ils sont les faces opposées. Voilà notre embarras. Nous ne pouvons penser sur la Matière qu'en termes de l'Esprit. Nous ne pouvons penser l'Esprit qu'en termes de la Matière. Quand nous avons poussé nos analyses de l'un jusqu'à son extrême iimite, nous sommes ramenés au second pour obtenir une réponse finale ; et quand nous avons la réponse finale au second nous sommes renvoyés à la première pour l'interprétation de cette réponse. Nous trouvons la valeur de x en termes de y ; puis nous trouvons la valeur d'y en termes de x, et nous pouvons continuer à jamais sans nous rapprocher de la solution. L'antithèse du sujet et de l'objet, qui ne sera jamais dépassée tant que la conscience durera, rend impossible toute connaissance de cette réalité ultime dans laquelle le sujet et l'objet sont unis.
273. — Et ceci nous amène à la vraie conclusion contenue dans les pages précédentes, qu'il y a une seule et môme Réalité Ultime qui se manifeste à nous subjectivement et objectivement. Car si la nature de ce qui se manifeste sous l'une ou l'autre de ces formes est insondable, l'ordre de ses manifestations dans tous les phénomènes intellectuels est évidemment le même que l'ordre de ses manifestations dans tous les phénomènes matériels.