‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 16 sur 409 · VIII. — TRANSFORMATION VA' ÉQUIVALENCE DES FORCIS · texte numérisé non relu

VIII. — TRANSFORMATION VA' ÉQUIVALENCE DES FORCIS

(iti. — Jetons d'abord un coup d'oeil surquelques faits montrant les métamorphoses «les forces physiques. L'arYêt#du Mouvement peut, connue par la friction, produire la chaleur; l'électricité par le frottement de la cire a cacheter par exemple; le magnétisme, par la percussion du fer, ou la lumière, en battant le briquet. La chaleur peiil être transformée en mouvement, comme dans la locomotive; en électricité, comme dans la pile thermo-électrique ; en lumière, comme dans la lumière oxhydrique; et, indirectement, par l'électricité, en magnétisme. Les transformations de l'électricité en magnétisme, en chaleur et en lumière sont connues de tous. C'est par le mouvement qu'il produit que l'existence du magnétisme nous est révélée. La machine électro-magnétique nous montre sa connexion avec l'électricité, et Faraday a constaté ses effets sur la lumière polarisée. Un grand nombre de substancesT élémentaires ou complexes, sont notablement affectées par la Lumière. Et il n'est guère besoin d'indiquer la genèse de tous les autres modes de forces par l'action chimique. Dans tout changement quelconque, la force se transforme; et de la nouvelle ou des nouvelles formes qu'elle revêt peut résulter, soit la forme précédente, soit l'une quelconque des autres, dans une infinie variété d'ordre et de combinaison. De plus, on voit nettement que ies forces physiques ne présentent pas seulement entre elles des corrélations qualitatives, mais qu'elles sont unies par des corrélations quantitatif es.

67. — Si nous voulons comprendre tout à l'ail le sens de ce grand fait, que les foires, dans leur métamorphose incessante, ne sont nulle part augmentées ni diminuées, il faut que nous considérions les diverses classes de phénomènes des sciences concrètes, dans l'espoir d'établir une corrélation qualitative qui soii assez quantitative pour impliquer une proportion convenable entre les causes et les effets.

<;«. — Les antécédents des forces déployées par notre Système

Solaire appartiennent à un passé dont nous ne pouvons jamais avoir qu'une connaissance inférentielle. Si, toutefois, nous admettons que la matière qui compose le Système Solaire a existé autrefois à l'état diffus, nous trouvons dans la gravitation de ses parties une force capable de produire les mouvements qui s'effectuent actuellement.

69. — Les changements géologiques sont le résultat de la chaleur due à la condensation de la nébuleuse et qui n'a pas été dépeiisi'c. Nous le voyons, directement, dans la fusion et l'agglutination des dépôts sédiinentaires, les sources thermales, la sublimation des métaux dans les fissures, où nous les trouvons à l'état de minerai. Et, indirectement, nous voyons ceci dans l'ascension de la vapeur d'eau qui, condensée, retombe en pluie et forme nos rivières, et aussi dans les différences locales de température causant les vents, les vagues, et les courants marins.

70. — Les forces manifestées dans les actions vitales, dérivent de même de la chaleur solaire. La vie végétale dépend toute de la chaleur et de la lumière du Soleil, et la vie animale dépend de la vie végétale. Outre la corrélation qualitative entre les activités organiques des végétaux et des animaux, aussi bien qu'entre chacun d'eux et les forces inorganiques, il y en a encore une corrélation quantitative rudimenlaire. Là où abonde la vie végétale, abonde aussi la vie animale, et à mesure que nous avançons de la zone torride aux zones tempérées et arctiques, la vie végétale et la vie animale décroissent graduellement ; généralement parlant, les animaux de chaque classe acquièrent une grosseur plus grande dans les régions où la végétation est abondante que dans celles où elle est rare.

71. — Quelques personnes s'alarmeront peut-être de nous entendre dire que les forces appelées mentales rentrent dans la môme généralisation. Plusieurs classes de faits nous prouvent cependant que la loi des métamorphoses, qui règne parmi les forces physiques, règne également entre celles-ci et les forces mentales. Les modes de l'Inconnaissable que nous appelons mouvement, chaleur, lumière, affinité chimique, etc., sont transformables les uns dans les autres, et dans ces modes de l'Inconnaissable que nous distinguons par les noms d'émotion,

ôe sensation, de pensée; celles-ci à leur tour peuvent, par une transformation inverse directement ou indirectement, reprendre

Leurs premières formes. Aucune idée, aucun sentiment manifeste si ce n'est comme résultat d'une force physique qui se dépense pour le produire:' tel est le principe emi ne tardera pas

a devenir un Lieu commun scientifique. Comment se fait cette métamorphose? - Comment une fore- qui existe comme moufemen1 COmme chaleur ou lumière peut-elle devenir un mode

fle conscieace? - Gomment les vibrations de l'air peuventelles engendrer La sensation appelée son ? - Gomment Les forces mises en liberté par Les changements chimiques opérés dans le cerveau peuvent-elles produire nue émotion ? -- Ce sont mystères qu'il n'est pas possible de sonder. Mais ils ue sonl pas plus profonds que Les transformations des forces physiques les Lsdans 1rs autres. Ils ne dépassent pas plus notre intelligence que le font la nature de l'Esprit e1 ceHe de la Matière. Ce sont simplement des questions insolubles comme toutes les autres questions dernières. Tout ce que nous pouvons savoir, C'est que nous sommes en présence dune des uniformités du

monde phénoménal.

72 La corrélation des forces sociales avec les forces physiques, par l'intermédiaire dés forces vitales, est très clairement établie par 1rs différents degrés d'activité que déploie la même société selon que ses membres disposent de quantités différentes de forces tirées du monde extérieur. Nous en voyons tous les ans un exemple dans les bonnes et les mauvaises récoltes l ne grande diminution dans Le rendement des blés est suivie d une diminution dans les affaires. A l'inverse, une récolte exceptionnellement abondante excite 1rs vieilles forces productrices et distributrices, et en crée de nouvelles. Si l'on nous demande d «a viennent ces forces physiques, don sont nées les forces sociales, nous répondrons comme nous L'avons déjà fait: du

rayonnement solaire.

73 -Il reste à indiquer que la vérité universelle dont nous venons de considérer les divers aspects, est un corollaire nécessaire de la persistance de la force. En partant de cette proposition que la force ne peut ni commencer à^xister, ni cesser d'exister, Les diverses conclusions précédentes de* aient suri re inévitablement.

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